
Jérôme Morin, photographe à Annecy et cofondateur du studio Fou d'Images, a appris le métier dans le photofilmage, sur les plages et les pistes, avant de s'installer en studio. Il raconte comment une consultante a structuré son activité avec son associée, pourquoi ses galeries de mariage restent fermées au téléchargement et comment le Père Noël occupe son studio chaque hiver. Depuis 2021, il fait aussi de la photographie scolaire, avec des décors à thème et une méthode qui fait monter le panier moyen bien au-dessus de la moyenne.
Du photofilmage au studio d’Annecy
Jérôme Morin, photographe installé à Annecy et cofondateur du studio Fou d’Images, revient sur plus de vingt ans de métier dans le podcast de Jingoo : ses débuts dans le photofilmage, la structuration de son studio, son virage vers la photographie scolaire en 2021 et sa manière de vendre ses images. Il a découvert la photographie enfant, avec son père qui développait les films dans la salle de bain. Le photofilmage, explique-t-il, ce sont les photographes qui travaillent sur les plages, sur les pistes et le soir dans les restaurants des stations : il l’a pratiqué à l’argentique, sur Nikon, à La Clusaz, à Chamonix, à Serre Chevalier et pendant deux saisons d’hiver au Club Med en Guadeloupe. Sa technique pour aborder les vacanciers tenait à la sympathie et à une dernière phrase, « Allez, passez les voir, ça me fera plaisir ». Il se plaçait volontairement au milieu des concurrents, ce qui le motivait. Installé à Annecy, il photographie les soirées d’une plage privée au bord du lac et cherche en 2007 une galerie en ligne gratuite : il tombe sur Jingoo, dont il est client depuis. Les concours lui donnent ensuite confiance : une médaille d’or aux MPPF (médailles de la photographie professionnelle française) pour un portrait de mannequin dans la glace, réalisé à Genève par moins 17 degrés, puis l’Objectif d’or en 2013 pour la série « les Grincheux », des enfants qui font la tête en fin de séance. Il revendique 26 médailles.
Son père lui a transmis une phrase qu’il répète souvent : « les gens passionnés sont des gens passionnants ».
Un studio structuré à deux
En 2014, une vendeuse d’une entreprise de photographie, lassée des saisons, lui propose de travailler avec lui ; elle est son associée depuis 2015. Une consultante spécialisée dans l’audit vient passer une semaine au studio et répartit les rôles : à Jérôme Morin la prise de vue, la post-production et la création des albums, à son associée tout le reste, du téléphone à l’administratif et à la vente. Le studio vend peu en ligne : les images sont présentées aux clients, qui choisissent leurs supports (box, tirages, albums). Pour les mariages (une quarantaine par été vers 2010, entre 8 et 10 aujourd’hui), il réalise d’abord une séance d’engagement pour faire connaissance avec le couple, puis ouvre la galerie Jingoo quatre semaines et trois jours après la noce. Les invités y accèdent par un coupon remis le soir même ; ils peuvent acheter des tirages mais pas télécharger l’ensemble, par respect du droit à l’image : selon lui, les photos appartiennent aux mariés. Chaque année, du 15 novembre au 24 décembre, le studio devient la maison du Père Noël d’Annecy, les mercredis, samedis et dimanches, avec des séances de 15 minutes réservées en ligne.
Le soir de chaque mariage, il copie ses fichiers sur plusieurs disques et ne formate jamais une carte avant d’avoir vérifié son import dans Lightroom.
La photo scolaire, un virage rentable
Le virage date de 2021. Déçu par la photo de classe de son fils en petite section, il propose au directeur de l’école de changer de photographe, avec un décor vintage. La première année, il réalise plus de 5 000 euros de ventes sur cette école, et 6 700 euros cette année pour le même nombre d’élèves. Il ne démarche pas : les écoles viennent à lui, dont un établissement de 2 000 élèves (2 200 aujourd’hui) photographié en deux jours, à quatre puis trois photographes. Le dirigeant de Jingoo, qui intervient dans la seconde partie de l’entretien, cite ses chiffres : neuf établissements, 85 000 euros de photos vendues, un panier moyen global de 30 à 32 euros et jusqu’à 42 ou 43 euros dans certaines écoles, quand la moyenne se situe à 20 ou 22 euros. Sa méthode : deux poses par enfant, prises au 50 mm sur pied, déclinées en horizontal et vertical, en couleur et en noir et blanc, soit huit photos achetables ; des remises de 5 % dès 40 euros, 10 % dès 60 euros et 15 % au-delà de 100 euros ; le fichier numérique à 35 euros, au niveau du panier moyen. Il retouche les reflets de lunettes avec Evoto et travaille avec des préréglages Lightroom propres à chaque école. Il vise 13 ou 14 établissements et s’intéresse aux photos de clubs sportifs.
Sans la logistique d’une plateforme, dit-il, il n’aurait jamais fait de scolaire. Pour la suite, il vise deux certifications européennes de photographe et rêve d’organiser un festival photo à Annecy.
Les références de l’épisode
- Jingoo : plateforme de galeries en ligne et de vente de photos, dont Jérôme Morin est client depuis 2007.
- Fou d’Images : le studio de Jérôme Morin à Annecy.
- MPPF : les médailles de la photographie professionnelle française, concours où il a obtenu 26 médailles.
- FFPMI : la Fédération française des métiers de l’image, dont il évoque le congrès et les actions pour le métier.
- Les Grincheux : sa série de portraits d’enfants qui font la tête, récompensée par l’Objectif d’or en 2013.
- Lightroom : logiciel qu’il utilise pour le tri et la post-production.
- Evoto : outil d’intelligence artificielle qu’il emploie pour effacer les reflets de lunettes.
- Canon R6 : boîtier gagné lors d’un concours, puis revendu par ce fidèle de Nikon.
- Henri Cartier-Bresson : cité en conclusion pour sa phrase sur la tête, l’œil et le cœur.
Au fil de l’épisode
- 00:01:55 : le labo photo de son père et l’origine de sa passion
- 00:02:54 : les débuts dans le photofilmage, à l’argentique et sur Nikon
- 00:06:53 : l’histoire du photofilmage, des premiers photographes de rue à Montmartre
- 00:07:50 : l’installation à Annecy et les soirées photographiées au bord du lac
- 00:09:17 : les concours, les MPPF et les 26 médailles
- 00:13:04 : la lumière à un seul flash et la série des Grincheux
- 00:14:38 : l’arrivée de son associée et la structuration de Fou d’Images
- 00:18:46 : les séances avec le Père Noël d’Annecy
- 00:22:19 : sa formation en ligne tournée en 2020
- 00:23:51 : pourquoi il a choisi Jingoo en 2007
- 00:25:13 : les mariages, hier et aujourd’hui
- 00:26:33 : la livraison quatre semaines et trois jours après le mariage
- 00:28:31 : la séance d’engagement et les galeries sans téléchargement
- 00:32:49 : le virage vers la photographie scolaire en 2021
- 00:37:14 : une école de 2 000 élèves en deux jours
- 00:40:16 : les chiffres et le panier moyen
- 00:42:04 : huit photos achetables à partir de deux poses
- 00:43:23 : remises et prix du fichier numérique
- 00:47:56 : la post-production, Evoto et Lightroom
- 00:52:00 : les photos de clubs sportifs
- 00:53:41 : la concurrence et l’avenir du métier
- 00:59:42 : ses objectifs de certification européenne
- 01:01:09 : son rêve d’un festival photo à Annecy
FAQ
Qui est Jérôme Morin ?
Jérôme Morin est un photographe installé à Annecy, cofondateur du studio Fou d’Images avec son associée. Formé au photofilmage dans les stations de montagne et sur les plages, il pratique le portrait, le mariage, le culinaire et, depuis 2021, la photographie scolaire. Il revendique 26 médailles aux MPPF et l’Objectif d’or obtenu en 2013.
Qu’est-ce que le photofilmage ?
Le photofilmage désigne le travail des photographes qui abordent les gens sur les plages, les pistes de ski ou dans les restaurants des stations, puis leur proposent d’acheter les images. Jérôme Morin explique que le nom vient de la pellicule : sur les marches de Montmartre, un assistant rembobinait les films à côté du photographe.
Comment Jérôme Morin augmente-t-il son panier moyen en photo scolaire ?
Il photographie deux poses par enfant et décline chacune en horizontal et vertical, en couleur et en noir et blanc, soit huit photos achetables. Il ajoute des remises par paliers à partir de 40 euros et vend le fichier numérique 35 euros. Selon le dirigeant de Jingoo, son panier moyen atteint 30 à 32 euros, contre 20 à 22 euros en moyenne.
Pourquoi Jérôme Morin interdit-il le téléchargement des galeries de mariage ?
Pour lui, les photos appartiennent aux mariés et un invité n’a pas à télécharger les images de personnes qu’il ne connaît pas. Les invités consultent la galerie Jingoo grâce à un coupon et peuvent acheter leurs propres photos, avec le fichier correspondant. Il explique cette règle aux couples, qui la comprennent selon lui.
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