Des 36 poses à la Formule 1
Philippe Ricordel raconte ses premiers pas en photographie, initiés à 17 ans avec un boîtier argentique. Une époque où chaque déclenchement comptait, loin de l’abondance numérique actuelle. Cette contrainte a forgé sa technique, notamment lors de son incursion dans le monde des sports mécaniques. Il se souvient des week-ends passés sur les circuits de Formule 1, à une époque où l’autofocus n’existait pas, jonglant avec les pellicules pour saisir la vitesse. « C’est une super école, techniquement », confie-t-il. Après des années en tant que cadre dans une grande entreprise, il a finalement décidé il y a deux ans de faire de la photographie son activité principale, un choix qu’il assume pleinement malgré les difficultés des débuts.
Cette reconversion, mûrie de longue date, lui permet aujourd’hui de se consacrer à ses sujets de prédilection : la nature et le voyage.
Un regard engagé, du Japon à l’Indonésie
Le photographe observe que la photographie animalière a beaucoup évolué, notamment sous l’impulsion des concours qui ont favorisé une approche plus artistique. « Aujourd’hui, une photo qui n’a pas un beau bokeh, une âme, quelque chose, ça va être très très dur pour elle de percer », explique-t-il. Pour lui, la beauté est un levier essentiel pour sensibiliser à la protection de la biodiversité. C’est le fil rouge de ses projets actuels, qui le mènent principalement en Asie. Il travaille sur les macaques d’Indonésie, une espèce en danger critique d’extinction, et documente le phénomène des « pet cafés » au Japon, où des animaux sauvages comme des chouettes sont exposés au public.
Son approche est claire : magnifier l’animal dans son environnement pour susciter l’empathie, plutôt que de choquer. Une démarche qui lui permet de continuer à travailler dans des pays où la critique directe peut être complexe. Pour vivre de sa passion, il organise et accompagne des voyages photo, notamment au Japon, partageant son expérience du terrain avec d’autres passionnés.
Les références de l’épisode
- Personnes : Jean-Christophe Dichon, Sébastien Rioux.
- Médias et organisations : Nikon Passion.
- Lieux : Japon, Indonésie, Chine, Paris.
- Événements : Salon de la photo.
- Sports et marques : Formule 1.
Au fil de l’épisode
- La reconversion de Philippe Ricordel, d’un poste de cadre à photographe professionnel.
- Ses débuts en photographie à 17 ans avec un appareil argentique et des pellicules 36 poses.
- La nostalgie du développement des photos et de la découverte des images sur papier.
- Son expérience de la photographie de sport mécanique, notamment la Formule 1, à l’ère du manuel.
- Les défis techniques de la photo de F1 sans autofocus et avec un nombre de clichés limité.
- Pourquoi il a arrêté la photo de circuit pour revenir à ses premiers amours, la photo de nature.
- L’évolution de la photographie animalière, devenue plus artistique sous l’influence des concours.
- La nécessité pour un photographe de se différencier par la lumière, la composition ou une attitude unique.
- Son leitmotiv : montrer la beauté de la nature pour donner envie de la protéger.
- Présentation de ses deux projets en cours : les macaques en Indonésie et les « pet cafés » en Asie.
- Son choix de magnifier les animaux plutôt que de montrer des images dures pour des raisons éthiques et d’accès au terrain.
- Son modèle économique basé sur l’organisation et l’accompagnement de voyages photo.
- Comment il occupe son temps durant le confinement : trier ses archives et photographier depuis son balcon.
- Réflexion sur l’éthique en photographie animalière et l’importance de ne pas déranger la faune.
- Le débat sur les limites de l’intervention en macrophotographie, comme le déplacement d’un sujet.
FAQ
Qui est Philippe Ricordel ?
Philippe Ricordel est un photographe professionnel spécialisé dans la photographie de nature et de voyage. Après une carrière de cadre en entreprise, il s’est reconverti pour vivre de sa passion. Il est particulièrement attiré par l’Asie, notamment le Japon et l’Indonésie, où il mène des projets photographiques engagés pour la protection de la biodiversité. Il partage également son expérience en guidant des voyages photo.
Comment Philippe Ricordel a-t-il débuté la photographie ?
Il a commencé la photographie à l’âge de 17 ans avec un appareil argentique. Cette pratique pré-numérique, avec ses contraintes comme le nombre limité de poses par pellicule, a été très formatrice. Il a ensuite exploré la photographie de sports mécaniques, en couvrant des courses de Formule 1, avant de se tourner durablement vers la photographie de nature, son domaine de prédilection.
Quels sont les projets photographiques de Philippe Ricordel ?
Actuellement, il se concentre sur deux projets principaux en Asie. Le premier est consacré aux macaques en Indonésie, une espèce classée en danger critique d’extinction. Le second est un travail documentaire sur les « pet cafés », des établissements notamment présents au Japon où des animaux sauvages (chouettes, pangolins) sont gardés en captivité pour le divertissement des clients.
Quelle est l’approche de Philippe Ricordel en photographie animalière ?
Son éthique repose sur le non-dérangement de la faune. Il utilise de longues focales pour rester à distance et choisit des lieux où les animaux sont habitués à une présence humaine discrète. Plutôt que de montrer des images choquantes, il préfère magnifier la beauté des espèces dans leur environnement naturel, convaincu que l’émerveillement est le meilleur moteur pour inciter à la protection de la nature.
Comment Philippe Ricordel vit-il de son activité de photographe ?
Son modèle économique principal repose sur l’organisation et l’accompagnement de voyages photographiques. En partenariat avec une agence, il emmène des groupes de photographes amateurs ou passionnés sur des terrains qu’il connaît bien, comme le Japon ou la Chine. Il y joue un rôle de guide, partageant à la fois ses connaissances photographiques et sa connaissance locale.

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