
Arthur Azoulay et Benjamin Favier, animateurs de Faut Pas Pousser Les ISO, reçoivent Jean-Nicolas Lehec, journaliste chez Phototrend, pour départager deux grands classiques : le 24-70 mm et le 24-105 mm. Plage focale, ouverture constante, stabilisation, poids et budget : les photographes Tony Noël et Emmanuel Poteau et le gérant d'un magasin Camara apportent leur expérience de terrain. Écart de prix entre fabricants et opticiens tiers, piège des zooms qui démarrent à 28 mm, choix final du journaliste : de quoi décider avant d'acheter.
Trois fois ou quatre fois et demie
Dans cet épisode de Faut Pas Pousser Les ISO, Arthur Azoulay et Benjamin Favier reçoivent Jean-Nicolas Lehec, journaliste chez Phototrend, pour trancher une question que se posent beaucoup d’acheteurs : un zoom transstandard 24-70 mm ou un 24-105 mm. Le premier est un zoom trois fois, le second un zoom 4,4 fois. Le photographe Tony Noël, venu de la focale fixe, explique qu’il travaille depuis toujours au 24-70 mm f/2.8, aujourd’hui un Sigma 24-70 mm DG DN II : il préfère se déplacer pour cadrer, estime couvrir « 99 % » de ses besoins avec cette seule optique et fait ses portraits formels à partir de 50 mm. Sur le papier, reconnaît Jean-Nicolas Lehec, le 24-105 mm gagne en polyvalence : il permet d’atteindre un sujet lointain, de jouer sur la compression des plans et, selon les animateurs, de se tenir plus loin et plus discret lors d’un vin d’honneur de mariage. Le journaliste attire aussi l’attention sur les plages devenues moins classiques : 28-70 mm chez Sigma, 28-75 mm chez Tamron, 20-70 mm f/4 chez Sony, 35-150 mm chez Tamron et Samyang. Les animateurs posent une règle : un transstandard doit couvrir le 50 mm.
Attention au 28 mm de départ, prévient Jean-Nicolas Lehec, grand utilisateur d’un 28-75 mm : il lui est arrivé de se sentir trop serré et de devoir passer en urgence à un 16-35 mm. En APS-C, l’équivalent se trouve dans les 16-50 ou 18-55 mm, et le 17-70 mm f/2.8 de Tamron joue le rôle d’un 24-105 mm ; en micro 4/3, il faut diviser par deux, avec par exemple le 12-40 mm f/2.8 Pro II d’OM System.
Le f/2.8 au concert, la stabilisation en débat
Le photographe de concert Emmanuel Poteau juge l’ouverture f/2.8 indispensable : il passe, dit-il, 70 % de son temps dans des salles petites et peu éclairées, où un f/4 impose une vitesse plus lente et une montée en ISO plus forte. Il nuance la course à l’ouverture : essayé en concert, un 50 mm f/1.2 de Sigma l’a obligé à remonter vers f/1.4 ou f/1.8 pour garder le point sur des artistes en mouvement. Jean-Nicolas Lehec rappelle l’intérêt de l’ouverture constante, qui reste la même au grand-angle et à fond de zoom : moins d’ISO, moins de bruit numérique, moins de risque de flou. Il souligne qu’on trouve désormais des transstandards à f/2.8 constant pour 1 000 euros ou moins. Côté profondeur de champ, un calcul fait en plateau donne 33 cm pour une image au 70 mm à f/2.8 mise au point à 3 mètres, et 10 cm de moins au 105 mm à f/4. Pour le journaliste, la différence tient aussi à la douceur des transitions entre l’avant-plan, le sujet et l’arrière-plan.
La stabilisation optique divise le plateau. Jean-Nicolas Lehec la juge indispensable, rappelant que tous les boîtiers ne sont pas stabilisés, notamment chez Nikon en APS-C et sur certains Fujifilm, et que Canon et Panasonic synchronisent stabilisations du boîtier et de l’optique. L’un des participants y voit au contraire surtout un argument de « réassurance » sur des boîtiers récents déjà stabilisés.
Un kilo devant le boîtier
Le poids a beaucoup baissé avec l’hybride. Les animateurs citent le 24-70 mm f/2.8 G Master de Sony, passé d’environ 890 grammes en première génération à un peu moins de 700 grammes, et la seconde version du modèle Nikon, à 675 grammes. Pour Jean-Nicolas Lehec, l’absence de miroir a permis des formules optiques plus complexes avec des lentilles plus petites, et des moteurs autofocus plus légers et plus silencieux. Restent les « deux éléphants dans la pièce » : le Sigma 28-105 mm f/2.8 et le Canon 24-105 mm f/2.8, autour d’un kilo et d’un kilo quatre, excellents selon lui pour un concert ou un mariage, moins pour une randonnée en montagne, et à équilibrer sur un boîtier léger.
L’ergonomie compte aussi : absence de bague de diaphragme sur les optiques Nikon Z, fût à déployer avant usage sur le Canon RF 28-70 mm f/2.8 STM, bague cliquable ou non et respiration de mise au point pour les vidéastes.
Du simple au double pour la même plage
Alexandre Canguilhem, gérant de Camara Brive, observe en magasin deux clientèles : le f/2.8 pour les professionnels de l’événementiel et du corporate, le 24-105 mm f/4 pour les amateurs passionnés et ceux qui voyagent léger, souvent vendu en kit avec un boîtier. Il raconte la « douche froide » de clients découvrant qu’un transstandard haut de gamme coûte près de 3 000 euros. Jean-Nicolas Lehec situe le Nikon 24-70 mm f/2.8 seconde version à 2 795 euros, le Sony à 2 400 euros et le Leica SL 24-70 mm f/2.8 à 3 015 euros, quand le Sigma 24-70 mm f/2.8 DG DN II Art vaut 1 339 euros, mais n’existe ni en monture Canon RF ni en Nikon Z. Pour ces deux montures, il conseille l’occasion, le Canon RF 28-70 mm f/2.8 STM à 1 250 euros, le Nikkor 28-75 mm f/2.8 à 1 050 euros ou, sa préférence, le Tamron 28-75 mm f/2.8 G2 à 850 euros. Les animateurs rappellent que les 24-105 mm f/4 natifs ne sont pas forcément moins chers et que le Sigma 28-105 mm f/2.8 DG DN Art, à 1 600 euros, coûte moins de la moitié des modèles f/2 et f/2.8 de Sony et de Canon. En APS-C et en micro 4/3, les prix descendent nettement, de 529 euros pour le Sigma 18-50 mm f/2.8 à 959 euros pour le 12-40 mm f/2.8 Pro II d’OM System.
Au moment de garder une seule optique, Jean-Nicolas Lehec choisit le Sigma 28-105 mm f/2.8, pour son ouverture, sa polyvalence, son gabarit et son prix. Benjamin Favier, lui, se verrait finir avec un 24-120 mm f/4.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Phototrend : site d’information photo où travaille Jean-Nicolas Lehec.
- Camara : coopérative de magasins spécialisés photo et vidéo, partenaire du podcast.
- Phox : réseau de spécialistes de l’image, partenaire du podcast.
- Chamonix Vallée Photo Festival : festival présidé par Mario Colonel, présenté dans le Flash Actu.
- Sigma 50-120 mm f/2.8 DC OS Contemporary : nouveau zoom APS-C présenté dans le Flash Actu.
- Sigma 28-105 mm f/2.8 DG DN Art : le choix final de Jean-Nicolas Lehec.
- Sigma 24-70 mm f/2.8 DG DN II Art : alternative aux 24-70 mm des fabricants de boîtiers.
- Tamron 28-75 mm f/2.8 G2 : zoom léger et abordable recommandé par Jean-Nicolas Lehec.
- Canon RF 28-70 mm f/2.8 STM : transstandard abordable de Canon.
- Nikon 24-120 mm f/4 : la plage préférée de Benjamin Favier.
- DJI Osmo Pocket 4P : caméra stabilisée de poche, sujet de la chronique de Benjamin Favier.
Au fil de l’épisode
- 00:00:21 : présentation du sujet et de Jean-Nicolas Lehec, journaliste chez Phototrend
- 00:02:00 : son parcours et ce qu’il aime tester
- 00:05:49 : Flash Actu, le Sigma 50-120 mm f/2.8 et l’offre APS-C avec Baptiste Soto
- 00:10:55 : le Sigma 16-300 mm et le Tamron 20-40 mm en monture Nikon Z
- 00:12:05 : la date de livraison de la caméra Sony FX5
- 00:13:17 : le Chamonix Vallée Photo Festival présenté par Mario Colonel
- 00:16:29 : retour sur le salon photo vidéo
- 00:18:56 : la chronique de Benjamin Favier sur l’Osmo Pocket 4P à la Mostra de Venise
- 00:26:55 : début du débat, la plage focale
- 00:27:55 : le témoignage de Tony Noël sur son 24-70 mm
- 00:35:18 : partir de 28 mm ou de 24 mm
- 00:38:10 : les équivalents en APS-C et en micro 4/3
- 00:39:42 : l’ouverture maximale et le témoignage d’Emmanuel Poteau en photo de concert
- 00:43:09 : l’intérêt de l’ouverture constante
- 00:45:22 : stabilisation optique ou non
- 00:50:09 : le bokeh à f/2.8 et à f/4
- 00:52:44 : poids et encombrement
- 00:57:52 : les 24-105 mm et 28-105 mm f/2.8 de Canon et Sigma
- 00:59:50 : l’ergonomie, bague de diaphragme et fût à déployer
- 01:03:37 : le budget
- 01:04:49 : le témoignage d’Alexandre Canguilhem, de Camara Brive
- 01:07:28 : le classement des 24-70 mm f/2.8 les plus chers
- 01:09:29 : les alternatives chez Canon et Nikon
- 01:12:44 : premières générations et prix des 24-105 mm f/4
- 01:14:55 : le meilleur des deux mondes, f/2 et f/2.8
- 01:16:02 : les prix en APS-C et en micro 4/3
- 01:19:14 : le débrief
- 01:27:58 : le quiz des auditeurs
- 01:32:12 : s’il ne devait en rester qu’un
FAQ
Faut-il choisir un 24-70 mm ou un 24-105 mm ?
Selon Jean-Nicolas Lehec, journaliste chez Phototrend, le 24-105 mm est plus polyvalent : il grossit davantage un sujet lointain et varie les valeurs de plan. Le 24-70 mm, souvent à f/2.8 constant, est plus lumineux. Le choix dépend de l’usage : concert ou événementiel en basse lumière d’un côté, voyage et polyvalence de l’autre.
Pourquoi l’ouverture f/2.8 compte-t-elle en photo de concert ?
Pour le photographe Emmanuel Poteau, l’essentiel des concerts se passe dans des salles peu éclairées. Un f/2.8 laisse entrer plus de lumière qu’un f/4, ce qui permet une vitesse plus rapide pour figer le mouvement des artistes et une montée en ISO plus faible. Il juge en revanche une ouverture plus grande difficile à exploiter en mise au point.
Un zoom qui commence à 28 mm suffit-il ?
Les 28-70 mm et 28-75 mm sont plus légers, mais Jean-Nicolas Lehec, qui utilise beaucoup un 28-75 mm, raconte s’être déjà senti trop serré là où il ne pouvait pas reculer, au point de changer d’optique pour un 16-35 mm. Pour qui a besoin de largeur, 28 mm peut ne pas suffire.
Quelles alternatives moins chères en monture Canon RF ou Nikon Z ?
Jean-Nicolas Lehec cite l’occasion, le Canon RF 28-70 mm f/2.8 STM à 1 250 euros, le Nikkor 28-75 mm f/2.8 à 1 050 euros et le Tamron 28-75 mm f/2.8 G2 à 850 euros, sa préférence. Selon lui, les zooms plein format de Sigma restent absents en Canon RF parce que Canon ferme encore cette monture aux opticiens tiers, sauf en APS-C.
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