
Photographe de mariage, de famille et pour des marques, Emilie Eychenne forme désormais d'autres photographes professionnels à mieux se vendre et à mieux gérer leur activité. Invitée pour la deuxième fois du podcast de Panajou, animé par le photographe Deftom, elle explique pourquoi la rentabilité compte davantage que le tarif affiché, comment l'IA allège son tri et sa retouche sans lui retirer sa créativité, et pourquoi le flash la pousse aujourd'hui vers de nouvelles images.
Calculer sa rentabilité plutôt que copier les tarifs des autres
Dans ce 29e épisode du podcast de Panajou, le photographe Deftom retrouve Emilie Eychenne, déjà invitée au sixième épisode, pour faire le point sur l’évolution de sa carrière. Photographe de mariage, de famille, de couple et pour des clients professionnels (culinaire, mode, cosmétique, artisans), elle limite son activité à une quinzaine de mariages par an et consacre une part croissante de son temps à la formation de photographes professionnels. Elle explique avoir constaté en accompagnement individuel que presque tous les photographes fixent leurs prix en faisant la moyenne de ceux de confrères, puis en baissant un peu. D’où son kit tarifaire : un simulateur en ligne qui calcule le prix d’une prestation selon le temps passé et l’investissement, une vidéo et un cahier d’exercices pour construire sa plaquette de prix. Ce qui l’obsède, dit-elle, ce n’est pas le tarif mais la rentabilité, et elle refuse l’idée que les photographes peu chers « cassent le marché » : ils proposent selon elle simplement autre chose.
Elle évoque aussi la fin progressive de sa vie nomade en van, devenue selon elle plus contraignante qu’avant.
Workshops, accompagnement et confiance en soi
Emilie Eychenne a arrêté les cours pour débutants pour se concentrer sur les professionnels : des demi-journées individuelles en visio, précédées d’un questionnaire et de mini-audits gratuits, et un premier workshop de quatre jours en immersion, organisé cette année avec huit participantes, dont la moitié l’avaient déjà suivie en individuel. Elle raconte l’anecdote du cahier d’exercices de 60 pages remis aux stagiaires, imprimé sans le « r » de workbook. Pour elle, la confiance en soi et le syndrome de l’imposteur se règlent en partie « en ayant les bons outils » et en étant bien entouré ; elle montre à ses stagiaires l’évolution de sa propre communication et de ses prix pour leur faire gagner des années de tâtonnements. Elle détaille enfin son workflow : charte de couleurs et de typographies, modèles de réponses aux mails, plaquette de prix et questionnaire envoyé aux clients avant chaque séance.
Son principe : toute action répétée plusieurs fois doit être automatisée, quitte à la personnaliser ensuite.
L’IA en post-production et le retour du flash
En post-production, elle utilise un logiciel de tri qui affiche les visages en gros plan, mais se méfie du tri automatique : l’IA tend à supprimer les images où les gens ont les yeux fermés, or c’est souvent le cas pendant un câlin. Elle a entraîné un logiciel de retouche par IA sur bien plus de 500 de ses photos pour qu’il applique ses réglages comme elle le ferait, et considère que cette étape n’est pas créative : le processus créatif a eu lieu, selon elle, pendant les années passées à construire son preset. Elle rappelle que l’autofocus et la détection des yeux, comme sur son Canon R5, relèvent aussi de l’IA et libèrent de la place pour guider ses modèles. Commentant trois de ses photos, elle raconte comment la pluie, une salle de conférence sans charme ou une supérette de camping l’ont poussée à utiliser le flash, une esthétique éditoriale qu’elle veut proposer aux familles, et défend les shootings d’inspiration pour attirer la clientèle qui lui ressemble.
« Je prends en photo les souvenirs des gens », résume-t-elle pour décrire un travail de commande qu’elle distingue d’une démarche artistique.
Pour aller plus loin
- Site d’Emilie Eychenne
- Ses formations pour les photographes professionnels
- Emilie Eychenne sur Instagram
- Son premier passage dans le podcast de Panajou (épisode 6)
- Sa page d’ambassadrice Team Panajou
- Panajou
Les références de l’épisode
- Kit tarifaire : l’outil d’Emilie Eychenne, avec simulateur en ligne, vidéo et cahier d’exercices, pour fixer ses prix.
- Canon R5 : son appareil, dont elle salue l’autofocus avec détection des yeux.
- Lightroom : le logiciel où intervient son outil de retouche par IA.
- UPP : organisation de photographes dont elle évoque le barème de cession de droits.
- Panajou : magasin photo de Bordeaux, dont elle est ambassadrice et où elle a donné un workshop.
Au fil de l’épisode
- 00:00:48 : une mise à jour, quelques années après le premier épisode
- 00:01:17 : la fin de la vie nomade en van
- 00:02:17 : photographe de mariage, de famille et pour les professionnels
- 00:03:58 : pourquoi elle aime toujours le mariage
- 00:06:00 : le kit tarifaire
- 00:09:05 : cession de droits et barèmes
- 00:10:59 : la rentabilité plutôt que le tarif
- 00:11:54 : les photographes peu chers cassent-ils le marché
- 00:14:31 : le cahier d’exercices sans « r »
- 00:18:06 : le premier workshop de quatre jours
- 00:20:45 : plus de femmes en photo de mariage, plus d’hommes en vidéo
- 00:22:35 : l’accompagnement individuel des professionnels
- 00:26:51 : confiance en soi et syndrome de l’imposteur
- 00:29:09 : le workflow, de la communication à la préparation des séances
- 00:34:13 : tri et retouche avec l’IA
- 00:38:17 : l’IA retire-t-elle la créativité
- 00:40:53 : l’autofocus, le mode manuel et la priorité ouverture
- 00:44:57 : la démocratisation de la photo
- 00:50:04 : trois photos commentées, d’abord un couple au flash
- 00:53:42 : des photos au flash dans une supérette de camping
- 00:54:35 : un édito réalisé dans une salle de conférence
- 00:59:14 : les shootings d’inspiration
FAQ
Qui est Emilie Eychenne ?
Emilie Eychenne est photographe de mariage, de famille et de couple, et travaille aussi pour des entreprises et des marques dans le culinaire, la mode, la cosmétique ou l’artisanat. Ambassadrice Team Panajou, elle forme des photographes professionnels en individuel et lors de workshops, et a créé un kit tarifaire pour les aider à fixer leurs prix.
Qu’est-ce que le kit tarifaire d’Emilie Eychenne ?
C’est un kit à télécharger qui contient un simulateur en ligne, une vidéo et un cahier d’exercices en PDF. Le simulateur calcule le prix d’une prestation en fonction des charges, du temps passé et de l’investissement, et aide à suivre sa comptabilité et la TVA. L’outil est pensé pour les séances et les mariages, pas pour les artistes-auteurs.
Comment Emilie Eychenne utilise-t-elle l’IA dans son workflow ?
Elle trie ses photos avec un logiciel qui affiche les visages en gros plan, sans laisser l’IA supprimer les yeux fermés, fréquents pendant un câlin. Pour la retouche, un logiciel entraîné sur ses propres images applique ses réglages, qu’elle ajuste ensuite. Elle juge cet outil utile surtout pour de grandes quantités d’images et une retouche cohérente.
Pourquoi Emilie Eychenne utilise-t-elle de plus en plus le flash ?
Selon elle, le flash permet de photographier dans n’importe quelle lumière et donne une esthétique éditoriale qui « romantise un peu la vie ». Elle l’a utilisé lors d’un workshop pluvieux, puis pour un shooting improvisé dans la supérette d’un camping, et souhaite lancer une offre de séances familiales au flash.
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