
Les deux animateurs de Derrière l'Objectif, podcast photo québécois, expliquent pourquoi ils ont laissé tomber Adobe Lightroom pour DxO PhotoLab 9 après l'avoir testé un week-end entier. Un photographe de hockey professionnel et un photographe amateur comparent balance des blancs, débruitage, masques, organisation des fichiers, prix et qualité d'export, sans cacher ce qui leur manque encore. Un retour d'expérience long et concret, payé de leur poche.
Pourquoi quitter Lightroom
Dans cet épisode de Derrière l’Objectif, les deux animateurs québécois du podcast, l’un photographe professionnel de hockey, l’autre photographe amateur, racontent pourquoi ils ont abandonné Adobe Lightroom pour DxO PhotoLab 9, testé le même week-end puis acheté pendant le Black Friday. Le premier a fait l’essai en conditions réelles, avec environ 15 000 photos d’un tournoi de hockey junior dans un aréna qu’il ne connaissait pas ; le second a repris une vingtaine d’anciennes images prises dans toutes les lumières pour voir s’il retrouvait son traitement. Leurs griefs contre Lightroom tiennent à trois choses : l’abonnement, des performances qui se dégradent au fil des versions (ralentissements, affichage qui ne suit plus, impossibilité de faire autre chose sur l’ordinateur pendant le débruitage) et la qualité des fichiers. Le photographe de hockey explique qu’il cherchait depuis longtemps « la petite touche » qui manquait à ses images, et conclut que la cause tenait en grande partie au logiciel. Avant DxO, ils disent avoir écarté Capture One, Luminar Neo et ON1, ce dernier jugé décevant à l’export.
Pour remplacer Photoshop, l’un d’eux s’est tourné vers Affinity, inclus dans son abonnement Canva Pro.
Ce qui change dans le traitement des photos
Les animateurs décrivent une balance des blancs beaucoup plus précise, au point qu’un joueur placé sous un projecteur puis deux pieds plus loin ne demande plus le même réglage, là où Lightroom appliquait selon eux une valeur moyenne partout. Les curseurs offrent plus de marge avant de brûler les blancs ou de boucher les noirs, mais la frontière entre une belle image et une image ratée est plus étroite : un outil réservé, disent-ils, à ceux qui savent déjà quel réglage toucher. Ils détaillent ClearView Plus, qui supprime l’effet de la vitre devant la patinoire, les trois niveaux de contraste (contraste, microcontraste, contraste fin), l’éclairage intelligent qui uniformise une série, et le FilmPack, dont une simulation de pellicule noir et blanc a convaincu l’un d’eux. Le débruitage DeepPRIME XD fait l’unanimité, d’autant que le calcul final se fait seulement à l’export, ce qui libère l’ordinateur pendant la retouche. Autre point fort : dans un masque, on retrouve presque tous les réglages de l’image, dont la teinte, la saturation et la luminance par couleur, le débruitage et la netteté.
Ils regrettent en revanche l’absence des roues de color grading de Lightroom et une vignette créative qui exige le FilmPack ou des masques.
Organisation des fichiers et modules optiques
Les deux photographes apprécient que DxO PhotoLab n’importe pas les photos dans un catalogue : les réglages sont enregistrés dans un petit fichier placé à côté de chaque image, si bien qu’une corruption ne touche qu’une photo et non tout un travail. L’un d’eux rappelle avoir perdu un catalogue Lightroom entier lors d’un tournoi, et un catalogue de 75 gigaoctets pour quelque 700 000 photos. Le tri est plus lent dans DxO, reconnaissent-ils, mais le logiciel ne plante pas, et il récupère les notes posées depuis l’appareil ou dans Photo Mechanic, ce qui permet de livrer en quelques minutes les images choisies pendant un match. Ils détaillent aussi les modules optiques : DxO teste en laboratoire chaque combinaison de boîtier et d’objectif pour corriger vignetage, distorsion et aberrations chromatiques, quand Lightroom s’appuie selon eux sur les profils fournis par les fabricants. Les préréglages fonctionnent différemment : il ne faut pas y inclure le recadrage ni l’horizon, et la précision du logiciel oblige à multiplier les préréglages par zone d’éclairage.
Ils signalent aussi deux soucis : un masque IA qui ne détecte parfois pas le sujet, et une mise au point qui paraît décalée sur certaines photos d’équipe.
Le prix et l’export
Côté budget, les animateurs comparent un achat d’environ 200 dollars américains en promotion, avec une mise à jour à 100 dollars possible jusqu’à deux versions plus tard, à quelque 1 200 dollars dépensés en six ans d’abonnement Lightroom, et dénoncent un Photoshop seul facturé plus cher que le forfait avec Lightroom. Ils démontent au passage le modèle d’une application de retouche par intelligence artificielle facturée au crédit, qui coûterait au photographe de hockey plusieurs milliers de dollars par an pour ses 30 000 exports. À l’export, ils constatent des fichiers JPEG plus légers et sans effet d’escalier dans les dégradés du ciel, et recommandent l’interpolation bicubique plus nette pour les réseaux sociaux, plus lente mais qui remplace selon l’un d’eux un passage par Photoshop.
Ils précisent n’être commandités par aucune marque et avoir payé le logiciel eux-mêmes.
Les références de l’épisode
- DxO PhotoLab 9 : logiciel de développement RAW adopté par les deux animateurs
- DeepPRIME XD : technologie de débruitage de DxO
- DxO ClearView Plus : outil de réduction du voile, utilisé ici contre l’effet des vitres de patinoire
- DxO FilmPack : module de simulations de pellicule et de réglages avancés
- Adobe Lightroom et Photoshop : logiciels abandonnés ou remplacés
- Capture One, Luminar Neo, ON1 : alternatives testées puis écartées
- Affinity : logiciel de retouche inclus dans l’abonnement Canva Pro
- Photo Mechanic : logiciel de tri utilisé avant le développement
Au fil de l’épisode
- 00:00:28 : un auditeur qui a poussé les animateurs à essayer DxO PhotoLab
- 00:01:01 : un premier test sur 15 000 photos de hockey
- 00:02:27 : réglages, contraste et balance des blancs dans un aréna
- 00:05:28 : refaire son traitement Lightroom dans DxO et comparer à l’aveugle
- 00:07:40 : ClearView Plus contre l’effet de vitre
- 00:09:17 : les réglages de contraste et le FilmPack
- 00:10:53 : les masques et la prise en main de l’interface
- 00:15:23 : l’éclairage intelligent
- 00:18:33 : pourquoi chercher une alternative à Lightroom
- 00:20:46 : abonnement Adobe, Photoshop et Affinity
- 00:28:03 : une mise au point qui semble décalée sur des photos d’équipe
- 00:31:05 : en finir avec l’abonnement : le calcul des licences
- 00:34:32 : un Lightroom de plus en plus lent
- 00:35:54 : Capture One, Luminar Neo et ON1 écartés
- 00:38:12 : le fonctionnement des préréglages
- 00:41:24 : pas d’importation, un fichier de réglages par photo
- 00:47:16 : le poids des catalogues Lightroom
- 00:51:44 : un tri plus lent et le lien avec Photo Mechanic
- 00:58:27 : le débruitage DeepPRIME
- 01:05:24 : la qualité des exports
- 01:09:03 : une application de retouche facturée au crédit
- 01:17:50 : les modules optiques de DxO
- 01:24:32 : ce qu’ils aiment moins
- 01:28:22 : le color grading absent
- 01:30:21 : la vignette et les masques IA
- 01:35:59 : la teinte, la saturation et la luminance dans les masques
- 01:39:37 : temps d’export et interpolation bicubique plus nette
- 01:46:15 : pourquoi l’essai a décidé l’achat
FAQ
Pourquoi passer de Lightroom à DxO PhotoLab ?
Les animateurs de Derrière l’Objectif citent trois raisons : en finir avec l’abonnement Adobe, retrouver un logiciel qui ne ralentit ni ne plante, et obtenir des fichiers de meilleure qualité, avec une balance des blancs plus précise, un débruitage réputé et des exports plus nets. Ils reconnaissent un temps d’adaptation à l’interface et aux préréglages.
Combien coûte DxO PhotoLab par rapport à Lightroom ?
Selon les animateurs, DxO PhotoLab s’achète sous forme de licence, autour de 200 dollars américains au Black Friday, avec une mise à jour à 100 dollars jusqu’à deux versions plus tard. L’un d’eux estime avoir dépensé environ 1 200 dollars en six ans d’abonnement Lightroom, et calcule que la licence lui revient à une cinquantaine de dollars par an.
Comment DxO PhotoLab enregistre-t-il les retouches sans catalogue ?
DxO PhotoLab n’importe pas les photos : il écrit les réglages dans un petit fichier placé à côté de chaque image. Pour les animateurs, c’est un gain de place et de sécurité : une corruption ne touche qu’une photo, et la base de données du logiciel peut être reconstruite à partir de ces fichiers.
Qu’est-ce que les modules optiques de DxO ?
Ce sont des profils de correction établis par DxO en laboratoire pour chaque combinaison de boîtier et d’objectif, qui corrigent vignetage, distorsion et aberrations chromatiques. Le logiciel détecte le couple utilisé et propose de télécharger le module. Les animateurs l’opposent aux profils fournis par les fabricants sur lesquels s’appuie Lightroom.
Retrouver également dans le podcast
Tous les épisodes ›
E38 – L’INTELLIGENCE ARTIFICIEL en PHOTO…..encore
16 Sep
E37 – DXO PhotoLab 10
1 Sep
E36 – Steve et la photo CORPO
4 Juil
E35 – Artemis 2 et la PHOTOGRAPHIE
10 Juin
E34 – Les finalistes et Gagnants de la compétion de retouche!
30 Avr
E33 – Maxime arrête la photo…
16 Avr
E32 – Première expérience en rallye pour Max!
26 Mar
E31 – Brikologik – 100K Abonnés… Et il quitte son emploi pour créer! La vra
21 Mar
E30 – On vide nos sacs photos et nos indispensables sur les contrats
25 Fév
E29 – Des abonnés nous envoient leur travail !
11 Fév
E28 – Invité – Un Photographe de Figurines au Talent Incroyable : Jason B M
28 Jan
E27 – Le Prix d’un Photographe Partie 1 (Notre Opinion)
14 Jan
S1304 – LE WORKFLOW DU PHOTOGRAPHE À L’HEURE DE L’IA
8 Oct
S1303 – LES TENDANCES DU MARCHÉ DE LA PHOTO AVEC DAMIEN BERNAL
1 Oct
S1302 – HOMMAGE À JEAN-FRANÇOIS LEROY, LE COFONDATEUR ET DIRECTEUR DE VISA POUR L’IMAGE
24 Sep
SPE1301 – SALON PHOTO VIDÉO 2026 : ON REFAIT LE PROGRAMME !
22 Sep
S1301 – LE GRAND RETOUR DES COMPACTS ?
17 Sep
EP05 :CHAPITRE 2 (partie 2): LA MACHINE QUI SEMBLE CRÉER – COMMENT UNE IA APPREND-ELLE À CRÉER ?
23 Juil
EP04 : CHAPITRE 2 (Partie 1) – COMPRENDRE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : LA MACHINE QUI SEMBLE CRÉER
14 Juil
EP03 : CHAPITRE 1 – L’ART FACE AUX RÉVOLUTIONS : POURQUOI L’IA N’EST PAS LA PREMIÈRE À FAIRE PEUR
6 Juil
Episode 02 / Saison 2026 Megadap, MOTOROLA razr fold et les Arles 2026
29 Juin
De retour avec une nouvelle saison pour 2026
22 Juin
Le Matos c’est PAS important ? ÉPISODE 17
19 Juin
S1213 – Au coin du feu, conversations avec Julien Benhamou
18 Juin
