
Pierre-Luc, menuisier québécois connu sur les réseaux sous le nom de Brikologik, publie des vidéos de travail du bois suivies par plus de 100 000 abonnés. Reçu par Maxime Amyot et Steve Beaudin dans Derrière l'Objectif, il raconte une croissance partie d'un garage et d'un téléphone. Il détaille sans fard ce que paient Instagram, Facebook et YouTube, la vente de ses plans, les marques qui veulent tout pour rien et le créateur qui a copié ses vidéos jusqu'au rétroéclairage.
Du garage aux millions de vues
Dans cet épisode de Derrière l’Objectif, les photographes Maxime Amyot et Steve Beaudin reçoivent Pierre-Luc, connu sur les réseaux sous le nom de Brikologik : un menuisier québécois qui publie des vidéos courtes de travail du bois et réunit plus de 100 000 abonnés. L’échange, qui dure près de deux heures et demie, raconte comment une chaîne lancée en décembre 2020 dans un garage est devenue une activité à part entière, et ce que les plateformes paient réellement. Originaire de la vallée de la Matapédia, fils de menuisier, Brikologik se décrit comme « plus un bricoleur » qu’un ébéniste. Il commence à filmer avec son téléphone en refaisant ses armoires de cuisine. Les débuts sont lents : ses 50 premiers abonnés YouTube sont des membres de sa famille, forcés au réveillon de Noël, puis 230 après un an et 400 après deux ans. C’est un abonné qui lui conseille Instagram : il y atteint environ 10 000 abonnés en trois mois, puis connaît des semaines à 1 000 nouveaux abonnés par jour. La vidéo d’un chat découpé à la scie à ruban déclenche tout et permet de monétiser la chaîne YouTube grâce aux millions de vues de ses Shorts.
Au moment de l’enregistrement, en février 2026, il compte selon les animateurs 148 000 abonnés sur YouTube, 122 000 sur Instagram, 39 400 sur TikTok et 9 000 sur Facebook, avec le même contenu partout.
Ce que valent vraiment les vues
Une grande partie de l’épisode porte sur l’argent. Brikologik ne sait pas encore s’il peut vivre de ses vidéos : ses revenus viennent désormais de six ou sept sources, la vente de plans de ses pièces sur son site (via Shopify), Etsy, Facebook, YouTube, de petits contrats locaux (trophées pour des clubs sportifs, médailles en bois pour une course de traîneaux à chiens) et un emploi à mi-temps de monteur vidéo pour une agence de marketing numérique. Il donne des chiffres sans détour : Instagram et TikTok ne lui rapportent rien, Facebook environ 5 dollars américains pour 71 000 vues, et YouTube, qui lui a déjà versé un peu plus de 1 000 dollars par mois début 2025, ne lui donne plus qu’une dizaine de dollars par mois depuis octobre. Il compare ce revenu à la bourse, en plus volatil, et souligne les écarts dus au taux de change entre dollar américain et dollar canadien. Les animateurs y voient une raison de ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier.
D’où un appel répété aux auditeurs : un « j’aime » ou un partage aide un créateur bien plus qu’un compliment au supermarché.
Copies, partenariats et arnaques
Brikologik raconte comment un autre créateur a reproduit ses vidéos presque à l’identique : même apparition du logo, même rétroéclairage par LED derrière les outils, mêmes plans à vendre, parfois la même musique, au point que des internautes le félicitaient pour des pièces qu’il n’avait pas réalisées. Il a choisi de laisser la communauté réagir, comme il le fait avec les commentaires hostiles, qu’il n’a jamais effacés. Sur les partenariats, il est méfiant : une marque qui offre 200 dollars ou un outil de 2 000 dollars en échange d’une vidéo lui coûte en impôts une bonne part de ce qu’elle rapporte, et l’abonné ne veut pas voir de contenu sponsorisé. Les animateurs comparent avec le code promo DxO du podcast, accordé sans contrainte, et discutent des contrats d’ambassadeur qui interdisent de parler des autres marques. Brikologik décrit enfin les trois ou quatre propositions frauduleuses qu’il reçoit chaque jour par courriel, souvent des marques de micros alors qu’il ne parle jamais dans ses vidéos.
Il explique aussi qu’il paie une licence pour la musique et qu’il a dû contester des réclamations de droits d’auteur sur YouTube, même pour des morceaux couverts.
Un téléphone, une scie de 1984 et du métal
La conversation revient sur la manière de filmer : toutes ses vidéos sont tournées au téléphone, sur trépied, avec un éclairage simple, alors que les animateurs auraient parié sur une caméra avec un objectif grand-angle. Steve Beaudin en tire une leçon pour les photographes : la qualité vient de la maîtrise de son matériel plus que du dernier modèle vanté par les influenceurs. Brikologik précise que la scie à ruban visible dans toutes ses vidéos date de 1984. Les échanges dérivent ensuite vers les souvenirs de cours de photographie argentique, les premiers films tournés à l’école, la musique métal qui accompagne ses vidéos, la guitare qu’il a fait tirer pour une collaboration et le métier de luthier qu’il aurait aimé exercer.
Son but, dit-il, n’est pas de vendre une scie ou un plan, mais de « donner le goût au monde de bricoler », jusqu’à réparer la brouette de son enfant.
Pour aller plus loin
- Liens du podcast Derrière l’Objectif
- Derrière l’Objectif sur Spotify
- Derrière l’Objectif sur Instagram
- Maxime Amyot sur Instagram
- Maxime Amyot sur Facebook
- Steve Beaudin sur Instagram
- Steve Beaudin sur Facebook
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Les références de l’épisode
- Brikologik : nom de la chaîne et des comptes de Pierre-Luc, vidéos de travail du bois.
- DxO : éditeur de logiciels photo, partenaire du podcast par un code promo.
- CapCut : application de montage vidéo citée comme point de comparaison.
- Shopify : plateforme qu’utilise Brikologik pour vendre ses plans.
- Etsy : place de marché citée parmi ses sources de revenus.
- Epidemic Sound : bibliothèque musicale évoquée à propos des droits sur la musique.
- Sony A9 III : boîtier qu’utilise Steve Beaudin, cité dans la discussion sur les marques.
Au fil de l’épisode
- 00:01:25 : présentation de l’invité, Pierre-Luc alias Brikologik
- 00:03:46 : ses origines et son métier de menuisier
- 00:06:42 : le lancement de la chaîne YouTube en décembre 2020 et les premiers abonnés
- 00:08:44 : le passage à Instagram et la croissance soudaine
- 00:10:22 : la vidéo qui permet de monétiser YouTube
- 00:12:06 : vidéos de 59 secondes et chiffres par plateforme
- 00:14:18 : Facebook, Instagram et les écarts entre algorithmes
- 00:22:00 : la communauté du travail du bois à la scie à ruban
- 00:25:25 : les commentaires hostiles et l’engagement
- 00:34:03 : machines de découpe et petits contrats locaux
- 00:38:19 : peut-on en vivre ? Revenus multiples et emploi de monteur vidéo
- 00:46:58 : compter ses heures quand on aime son travail
- 00:51:02 : filmer des clients, son et micros oubliés
- 00:56:03 : souvenirs de cours de photographie à l’école
- 01:05:00 : la scie à ruban de 1984
- 01:05:25 : le créateur qui copie ses vidéos
- 01:16:47 : les offres des marques et ce qu’elles coûtent en impôts
- 01:23:34 : être ambassadeur d’une marque, avantages et limites
- 01:31:37 : un public surtout hors du Québec
- 01:34:25 : pourquoi un « j’aime » compte
- 01:49:11 : ventes de plans et revenus réels des plateformes
- 01:56:42 : la chute des revenus YouTube
- 02:02:01 : tout filmer au téléphone
- 02:04:24 : les propositions frauduleuses
- 02:08:08 : musique, licences et réclamations de droits d’auteur
- 02:19:13 : la musique métal et la lutherie
- 02:26:09 : fin de l’enregistrement
FAQ
Qui est Brikologik ?
Brikologik est le nom sous lequel Pierre-Luc, menuisier québécois originaire de la vallée de la Matapédia, publie depuis décembre 2020 des vidéos courtes de travail du bois, souvent à la scie à ruban. Au moment de l’épisode, il compte environ 148 000 abonnés sur YouTube et 122 000 sur Instagram, sans montrer son visage ni faire entendre sa voix.
Combien rapportent les vidéos courtes sur les réseaux sociaux ?
Selon Brikologik, très peu. Instagram et TikTok ne lui rapportent rien, Facebook environ 5 dollars américains pour 71 000 vues, et YouTube une dizaine de dollars par mois depuis octobre, après un peu plus de 1 000 dollars par mois début 2025. Il complète avec la vente de plans, des contrats locaux et un emploi à mi-temps.
Pourquoi Brikologik refuse-t-il la plupart des partenariats de marques ?
Parce qu’un paiement ou un outil reçu doit être déclaré et imposé : une vidéo payée 200 dollars ne lui laisse qu’environ 85 dollars, et un outil de 2 000 dollars peut lui coûter 800 dollars d’impôts. Il ajoute que ses abonnés ne veulent pas voir de contenu sponsorisé et préfère des collaborations où chacun gagne quelque chose.
Avec quel matériel Brikologik filme-t-il ses vidéos ?
Avec un téléphone sur trépied et un éclairage simple, depuis ses débuts. Les animateurs, photographes, pensaient à une caméra équipée d’un grand-angle. La scie à ruban visible dans toutes ses vidéos date de 1984. Steve Beaudin en conclut que la qualité dépend surtout de la maîtrise de son équipement.
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