
Dans Derrière l'Objectif, les photographes québécois Maxime Amyot et Steve Beaudin parlent de photographie de rallye. Maxime Amyot vient de couvrir son tout premier rallye-école d'hiver et en revient conquis par l'ambiance plus que par l'action. Steve Beaudin, habitué des rallyes, partage ses règles : toujours prévoir une porte de sortie, comprendre les accréditations, profiter des zones d'assistance et chercher des images différentes de celles de tous les autres photographes.
Un premier rallye vu du départ
Dans cet épisode de Derrière l’Objectif, les photographes québécois Maxime Amyot et Steve Beaudin racontent la première expérience de Maxime Amyot en photographie de rallye automobile, lors d’un rallye-école d’hiver près de Rimouski. Ce format, expliquent-ils, sert d’initiation : formations de sécurité, de pilote et de copilote le samedi, épreuves chronométrées le dimanche, avec des chicanes pour limiter la vitesse. Steve Beaudin, passionné de rallye, avait couvert début février un événement du même type à New Richmond. Plutôt que de passer la journée dans la neige à photographier une douzaine de voitures, Maxime Amyot a demandé à être placé au départ et à l’arrivée, puis a suivi les épreuves dans la voiture qui ferme la route après les concurrents. Il en rapporte peu d’images d’action mais beaucoup de scènes rarement photographiées : pilotes concentrés avant le compte à rebours, explications des commissaires à l’arrivée, mécaniciens, bénévoles. Il a livré environ 300 photos aux organisateurs, qui l’ont remercié pour ces images qu’ils n’ont pas d’habitude. Les deux animateurs décrivent aussi les usages du rallye : la voiture « 0 » qui ouvre la route, la « 99 » qui la ferme, les voitures homologuées pour circuler entre les épreuves.
Ce que Maxime Amyot retient d’abord, c’est l’ambiance : une compétition contre le chronomètre et ses propres limites, où les concurrents se prêtent des pièces.
Se placer sans se mettre en danger
Steve Beaudin insiste sur la règle de sécurité qu’il juge essentielle pour un photographe ou un vidéaste de rallye : toujours avoir une porte de sortie, c’est-à-dire un endroit où se protéger, se cacher derrière un obstacle solide (gros rocher, bloc de béton, arbre large) ou se sauver si une voiture sort de la route. Faute de quoi, l’emplacement est à rejeter. Il raconte avoir traversé la route lors d’une épreuve de mise en route à Charlevoix et déconseille de l’imiter. Les deux animateurs expliquent le fonctionnement des accréditations : sans accréditation, on reste dans les zones spectateurs ; aux niveaux supérieurs, les photographes font la reconnaissance du parcours comme les équipages et doivent déclarer la veille leurs déplacements, car il est interdit de bouger peu avant le passage des voitures. Le choix entre l’intérieur et l’extérieur d’un virage dépend de la photo voulue et de l’angle de la courbe. Steve Beaudin prévoit d’installer un appareil déclenché à distance sur un petit trépied, protégé par un bloc de béton, et renonce à son drone : selon lui, l’autorisation de Transports Canada pour survoler un événement annoncé coûte environ 2 000 dollars.
Il veut surtout éviter les images répétitives prises aux mêmes endroits que tous les autres photographes.
Le rallye, terrain ouvert aux photographes
Pour Steve Beaudin, le rallye est le meilleur sport motorisé à photographier : on peut y travailler sans accréditation, à condition de se renseigner sur les épreuves et les heures de fermeture des chemins, et les spectateurs sont invités à visiter les zones d’assistance où les équipes réparent leurs voitures, ce qui permet des photos de détail et de reportage introuvables en Formule 1 ou en NASCAR. La conversation passe par les voitures du Championnat des rallyes canadiens (CRC), l’hypothèse d’une manche du WRC au Canada, freinée selon eux par le manque d’hébergement haut de gamme, les sauts spectaculaires de certaines épreuves et la venue de Ken Block. Maxime Amyot explique qu’il privilégiera parfois le rallye à des contrats mieux payés, parce qu’il réunit ses deux passions, la photo et l’automobile, et que l’expérience compte plus que l’argent. Steve Beaudin compare cette ambiance à celle de l’Ice Cross, son sport préféré à photographier.
Les deux animateurs invitent les auditeurs à dire quel type d’événement ils aimeraient photographier.
Pour aller plus loin
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Les références de l’épisode
- Championnat des rallyes canadiens (CRC) : championnat national dont les voitures et les règles sont évoquées.
- WRC : championnat du monde des rallyes, cité pour son éventuelle venue en Amérique du Nord.
- Ken Block : pilote cité pour sa participation à un rallye québécois.
- Transports Canada : autorité qui encadre l’usage des drones lors d’événements publics.
- Ice Cross : discipline que Steve Beaudin préfère photographier.
- DxO : éditeur de logiciels photo, partenaire du podcast par un code promo.
Au fil de l’épisode
- 00:02:21 : le rallye-école, une initiation au rallye
- 00:05:36 : pourquoi Maxime Amyot a choisi le départ et l’arrivée
- 00:08:21 : les voitures 0, 00 et 99
- 00:10:22 : l’émotion des pilotes en fin de journée
- 00:13:23 : voitures de rallye, homologation et circulation sur route
- 00:17:17 : le WRC au Canada et la question de l’hébergement
- 00:24:11 : une communauté d’entraide
- 00:31:36 : couvrir un rallye bénévolement pour le découvrir
- 00:34:44 : les photos de Maxime Amyot commentées
- 00:46:43 : photographier les bénévoles et l’envers du décor
- 00:48:30 : réunir la photo et l’automobile, même sans gain
- 00:52:37 : le rallye, meilleur sport motorisé à photographier
- 00:53:35 : accréditations, reconnaissance et plan de déplacement
- 01:03:49 : la règle de sécurité, toujours une porte de sortie
- 01:07:51 : drones et autorisations de Transports Canada
- 01:09:28 : conseils pour photographier un rallye sans accréditation
- 01:11:32 : les zones d’assistance, un terrain de reportage
- 01:14:05 : à ne pas faire, traverser la route
- 01:21:46 : quel événement aimeriez-vous photographier ?
FAQ
Qu’est-ce qu’un rallye-école ?
Selon les animateurs de Derrière l’Objectif, c’est un rallye d’initiation : le samedi est consacré aux formations de sécurité, de pilote et de copilote, le dimanche aux épreuves chronométrées. Des chicanes limitent la vitesse et les voitures ne sont pas toujours équipées d’arceaux de sécurité. Il existe au Québec un petit championnat de ce format.
Quelle est la règle de sécurité pour photographier un rallye ?
Pour Steve Beaudin, la règle numéro un est d’avoir une porte de sortie : un endroit où se protéger, un obstacle solide derrière lequel se cacher, comme un gros rocher ou un bloc de béton, ou une voie pour se sauver si une voiture quitte la route. Sans cela, l’emplacement doit être abandonné, même s’il promet une belle photo.
Peut-on photographier un rallye sans accréditation média ?
Oui, selon Steve Beaudin, à condition de rester dans les zones spectateurs, de se renseigner sur les épreuves et les heures de fermeture des chemins et de ne jamais se mettre en danger ni gêner les pilotes. Les zones d’assistance, ouvertes au public, offrent en plus des photos d’équipes au travail.
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