Les dernières nouveautés du monde de la photo
L’épisode s’ouvre sur un tour d’horizon des actualités matérielles. Olympus fait sensation avec un nouveau super téléobjectif zoom 150-400 mm f/4.5, équivalent à un 300-800 mm, qui intègre même un convertisseur pour atteindre 1000 mm. Le photographe Léo Gayola, qui a pu le tester, partage son enthousiasme, notamment concernant la stabilisation optique qui lui a permis de descendre à des vitesses très basses à main levée. Dans un autre registre, Leica présente une version monochrome de son célèbre compact expert, le Q2 Monochrom, doté d’un capteur de 47,3 millions de pixels sans matrice de Bayer. L’actualité, c’est aussi l’adaptation des événements au contexte sanitaire : le festival de Montier-en-Der propose une « Balade Virtuelle » en ligne, comme l’explique son directeur Christophe Pereira. Enfin, les lauréats du prix HiP 2020 du livre photographique francophone sont dévoilés, avec l’ouvrage « André Kertész, Marcher dans l’image » de Cédric Deveigy sacré livre de l’année.
Benjamin Favier présente également le travail engagé du photographe Laurent Baheux et ses expositions virtuelles, une initiative qui suscite la réflexion sur l’avenir des galeries en ligne.
Photographier près de chez soi
Le cœur de la discussion avec Myriam Dupouy et Patrice Aguilar porte sur la richesse de la faune en France. Pour eux, la fascination pour la photo animalière vient de la redécouverte d’une nature que nos vies modernes nous font oublier. C’est une invitation à prendre le temps d’observer la diversité qui nous entoure. Tous deux se définissent d’ailleurs plus comme des photographes « de nature » qu’exclusivement « animaliers », car ils attachent une grande importance à montrer l’animal dans son biotope, à raconter une histoire plutôt qu’à se limiter à un simple portrait. Ils insistent sur la nécessité d’un engagement qui va au-delà de la simple monstration du « beau », pour sensibiliser aux enjeux de préservation. « Montrer le beau, on se rend compte que ça ne suffit pas. Ça ne fait pas bouger les choses », souligne Patrice Aguilar.
Contrairement aux idées reçues, il n’est pas nécessaire de partir loin. La France regorge d’espèces, et le meilleur moyen de débuter est d’explorer les environs de chez soi, voire son propre jardin, un biotope d’une richesse insoupçonnée. Pour des rencontres plus prévisibles, des lieux comme le parc du Pont de Gau en Camargue pour les flamants roses ou des sites d’observation durant le brame du cerf sont des endroits privilégiés pour s’initier sans frustration.
Approche, patience et matériel
La compétence reine en photographie animalière n’est pas technique, mais humaine : la patience. L’observation représente, selon les invités, 90 à 99 % du travail. Avant de déclencher, il y a des heures de recherche, de lecture — Myriam Dupouy cite les ouvrages de l’ornithologue Paul Géroudet — et de repérage sur le terrain, jumelles en main, pour comprendre le comportement d’une espèce. Côté matériel, leurs sacs photo contiennent l’essentiel : un boîtier avec un téléobjectif monté en permanence pour être réactif, des jumelles, et de quoi tenir sur la durée, comme une gourde et des biscuits. Myriam Dupouy utilise un zoom Nikon 200-500 mm pour sa légèreté, tandis que Patrice Aguilar privilégie un Canon 100-400 mm pour sa polyvalence, complété par un 500 mm fixe pour les affûts.
Bruno Dubrac, journaliste pour le magazine *Image & Nature*, intervient pour discuter des tendances matérielles. Il confirme l’essor des appareils hybrides, qui, grâce à leurs technologies avancées, ouvrent de nouvelles perspectives, notamment avec des téléobjectifs innovants et plus accessibles, comme les récents 600 mm et 800 mm f/11 de Canon. Pour lui, le saut technologique est impressionnant et un débutant qui s’équipe aujourd’hui aurait tout intérêt à considérer ces nouvelles options.
Les références de l’épisode
- Personnes : Myriam Dupouy, Patrice Aguilar, Bruno Dubrac, Léo Gayola, Christophe Pereira, Laurent Baheux, Arthur Azoulay, Benjamin Favier, Paul Géroudet, Pascal Bourguignon, Sylvie Hugues, Marion Isselin, Agnès Grégoire, Brigitte Patient, Cédric Deveigy.
- Médias et événements : Le magazine Image & Nature, le Festival de la photo animalière et de nature de Montier-en-Der, le prix HiP du livre photographique, le Vincennes Images Festival, le magazine Le Monde de la Photo.
- Marques et matériel : Olympus M.Zuiko 150-400mm f/4.5, Leica Q2 Monochrom, Nikon (dont Nikon School, 200-500mm, 500mm Fresnel), Canon (dont R5, 100-400mm, 600mm et 800mm f/11), Sigma (dont 150-600mm Sport), Tamron, Studio Jiminy, Phox.fr.
- Œuvres citées : « André Kertész, Marcher dans l’image » de Cédric Deveigy, « Ice is Black » de Laurent Baheux, « Abra Camera » de Myriam Dupouy, « Camargue, les chevaux du Delta » de Patrice Aguilar.
- Lieux et organisations : La Camargue, le parc ornithologique du Pont de Gau, le parc de Chambord, le parc de Rambouillet, Pixtera.
Au fil de l’épisode
- Présentation des invités : les photographes de nature Myriam Dupouy et Patrice Aguilar.
- Flash Actu : le nouveau super téléobjectif Olympus 150-400mm et le retour d’expérience du photographe Léo Gayola.
- Flash Actu : le Leica Q2 Monochrom, un compact expert dédié au noir et blanc.
- Flash Actu : le festival de Montier-en-Der organise un événement virtuel, présenté par son directeur Christophe Pereira.
- Flash Actu : les lauréats du prix HiP 2020 du livre photographique.
- Réaction des invités sur le matériel annoncé et leur attachement au festival de Montier.
- La story de Benjamin : les expositions virtuelles et engagées du photographe Laurent Baheux.
- Début du grand débat : qu’est-ce qui fascine tant dans la photo de faune sauvage ?
- La démarche des invités : se définir comme photographe de nature pour raconter une histoire et montrer l’animal dans son environnement.
- L’importance de s’engager au-delà de l’esthétique pour sensibiliser à la protection de la nature.
- La richesse de la faune en France : pas besoin de voyager loin pour faire de belles images.
- Comment débuter : commencer par observer et photographier la nature dans son propre jardin.
- Les « rendez-vous » avec la faune : le brame du cerf, les parcs ornithologiques comme le Pont de Gau en Camargue.
- L’intérêt des parcs pour les débutants afin d’apprendre sans générer de frustration ou de comportements non éthiques.
- La compétence la plus importante : la patience et l’observation, qui constituent 99% du travail.
- Comment se renseigner sur les espèces : forums, applications, mais aussi les livres d’ornithologie classiques comme ceux de Paul Géroudet.
- Le contenu du sac photo : un téléobjectif toujours prêt, des jumelles, un couteau et des provisions.
- Le choix des objectifs : Myriam Dupouy et son Nikon 200-500mm, Patrice Aguilar et son Canon 100-400mm.
- Intervention de Bruno Dubrac, journaliste à *Image & Nature*, sur le matériel pour débuter.
- Le duel Reflex vs Hybride : les avantages des nouvelles technologies pour la photo animalière.
- Que photographier en automne et en hiver : les oiseaux hivernants sur les étangs et le littoral.
- Analyse des nouveaux téléobjectifs Canon à ouverture fixe f/11, une révolution pour l’accessibilité.
- Making-of : Myriam Dupouy raconte sa photo d’un cerf dans la brume en Écosse.
- Making-of : Patrice Aguilar détaille les réglages pour sa photo de flamants roses en vol (vitesse, ouverture, autofocus).
- La question finale : s’ils ne devaient garder qu’un seul objectif.
- L’actualité des invités : leurs livres auto-édités, « Abra Camera » pour Myriam et « Camargue, les chevaux du Delta » pour Patrice.
FAQ
Quels animaux sauvages peut-on photographier en France ?
La France possède une faune très riche et variée selon les régions. Il est possible de photographier de nombreux animaux sans voyager à l’autre bout du monde. Les débutants peuvent commencer par les espèces présentes autour de chez eux, y compris dans leur jardin : oiseaux, passereaux, hérissons, insectes. Pour des sujets plus imposants, on peut penser au brame du cerf en forêt à l’automne, ou se rendre dans des lieux spécifiques comme la Camargue pour observer les flamants roses et de nombreux autres oiseaux.
Faut-il beaucoup de matériel pour débuter en photo animalière ?
L’équipement de base se compose d’un appareil photo et d’un téléobjectif. Les invités utilisent des zooms polyvalents comme un 100-400 mm ou un 200-500 mm, qui offrent un bon compromis. Des jumelles sont également jugées indispensables pour le repérage et l’observation. Si le matériel professionnel peut être coûteux, il existe des options plus abordables pour les amateurs, notamment sur le marché de l’occasion. Les nouvelles gammes d’appareils hybrides et d’objectifs plus légers rendent aussi la discipline plus accessible.
Quelle est la compétence la plus importante en photographie de faune sauvage ?
Plus que la technique, la patience et la connaissance du sujet sont primordiales. Les invités s’accordent à dire que l’observation représente jusqu’à 99% du travail. Avant de prendre une photo, il est essentiel de se renseigner sur l’espèce ciblée, de comprendre son comportement, son milieu de vie et ses habitudes. Ce travail de recherche, mené sur le terrain avec des jumelles et à travers des lectures, est la clé pour réaliser des rencontres respectueuses et des images réussies.
Où trouver des animaux à photographier facilement quand on débute ?
Pour les débutants, il est conseillé de commencer par des lieux où l’observation est facilitée. Les parcs animaliers ou les réserves ornithologiques, comme le Pont de Gau en Camargue, permettent d’approcher des animaux sauvages mais habitués à la présence humaine. Ces endroits sont parfaits pour se familiariser avec son matériel et apprendre les bases de la prise de vue, sans la frustration de rentrer bredouille qui peut parfois mener à des comportements irrespectueux envers la faune.
Comment photographier un oiseau en vol ?
Patrice Aguilar partage sa méthode pour saisir des oiseaux en plein vol. Il recommande d’utiliser une vitesse d’obturation élevée, autour de 1/1000 s, pour figer parfaitement le mouvement des ailes. Une ouverture moyenne, comme f/8, assure une profondeur de champ suffisante si plusieurs oiseaux sont sur des plans différents. Il est également conseillé d’utiliser le mode rafale pour choisir l’image avec la meilleure position, et un mode d’autofocus continu (prédictif) pour que la mise au point suive l’animal dans ses déplacements.

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