Un objectif photo à très grande ouverture, illustrant le débat sur leur utilité et le bokeh.

S102 – Objectifs à très grande ouverture : entre fantasmes et réalités.

L’actualité photo de la semaine

L’émission s’ouvre sur le traditionnel Flash Actu, qui revient sur les annonces marquantes du moment. Nikon fait évoluer sa gamme hybride avec les Z6 II et Z7 II, des mises à jour qui intègrent notamment un double processeur et un double emplacement pour carte mémoire. De son côté, Panasonic surprend avec le Lumix BGH1, une caméra vidéo professionnelle cubique et modulaire pensée pour le streaming et la production. Canon innove également avec le PowerShot Zoom, un concept original à mi-chemin entre appareil photo et lunette d’observation. Enfin, le festival Bayeux Calvados Normandie des correspondants de guerre a récompensé les photographes Lorenzo Tugnoli et Anthony Wallace pour leurs reportages respectifs en Afghanistan et à Hong Kong.

Ces nouveautés confirment plusieurs tendances fortes du marché : des prix de lancement plus contenus, et une importance toujours plus grande accordée à la vidéo.

Un trépied à 12 millions de dollars

Dans sa chronique, Benjamin Favier raconte l’histoire du Travel Tripod de la marque Peak Design, un accessoire au succès phénoménal. Lancé via une campagne de financement participatif, ce trépied a pulvérisé ses objectifs en récoltant plus de 12 millions de dollars. Son secret : un design ultra-compact qui lui permet de tenir dans l’espace d’une bouteille d’eau, une conception soignée en aluminium ou en carbone, et une communauté de fans très engagée. Cette réussite s’inspire des logiques marketing d’Apple, avec un produit au design léché et un écosystème d’accessoires.

Malgré ses qualités, son positionnement tarifaire est très élevé, avec des prix allant de 400 à près de 700 euros, sans compter les accessoires vendus séparément.

La quête du bokeh parfait

Le débat principal s’engage sur la définition et l’attrait des objectifs à très grande ouverture. Pour les intervenants, une optique devient très lumineuse en dessous de f/2.8, et particulièrement à partir de f/2. Ces objectifs, le plus souvent des focales fixes, continuent de faire rêver car ils permettent d’obtenir un fameux « bokeh », ce flou d’arrière-plan esthétique qui détache le sujet. C’est un effet que les fabricants de smartphones tentent de reproduire artificiellement, mais qui ne s’obtient jamais aussi bien qu’avec une optique dédiée sur un grand capteur. L’arrivée des appareils hybrides a d’ailleurs relancé la course à la luminosité, chaque constructeur proposant des objectifs vitrines : zoom f/2 chez Canon, focales fixes f/1.2, et même un exceptionnel 58 mm f/0.95 chez Nikon.

« Dans l’imaginaire de la photographie, on a ce flou arrière très vaporeux, très crémeux et cette mise en avant du sujet. »

Entre rêve et contraintes techniques

Si la grande ouverture est séduisante, elle s’accompagne de plusieurs contraintes. La première est d’ordre pratique : ces objectifs sont généralement plus gros, plus lourds et surtout plus chers. L’autre défi est technique : plus l’ouverture est grande, plus la profondeur de champ est réduite, rendant la mise au point extrêmement délicate. Un portrait à f/1.2 peut avoir l’œil net et le bout du nez déjà flou. La photographe Agnès Colombo, spécialisée dans la photo de famille, témoigne : elle a revendu son 50 mm f/1.2 car elle ne l’utilisait jamais à pleine ouverture. Pour s’assurer que plusieurs personnes soient nettes, elle travaille le plus souvent entre f/2 et f/2.8.

Cependant, la grande ouverture reste un atout majeur en basse lumière, que ce soit en photo ou en vidéo, où elle permet de conserver une ambiance naturelle sans avoir à trop monter en sensibilité ISO.

Le savoir-faire des constructeurs

Nicolas Gillet, de Nikon France, explique que les nouvelles montures des appareils hybrides, plus larges, offrent de nouvelles possibilités aux ingénieurs. Elles permettent de concevoir des optiques avec moins de compromis, qui délivrent un piqué exceptionnel dès la pleine ouverture, là où les anciennes générations d’objectifs reflex nécessitaient de fermer le diaphragme d’un ou deux crans pour atteindre leur potentiel maximal. Le spectaculaire Noct 58 mm f/0.95 est la démonstration de ce savoir-faire. Il souligne que même les gammes plus accessibles, comme les focales fixes ouvrant à f/1.8, bénéficient de cette avancée et représentent un excellent compromis.

Finalement, si les objectifs à très grande ouverture sont aujourd’hui plus performants et accessibles, ils restent des outils exigeants qui demandent de la pratique pour être maîtrisés.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Renaud Labracherie, Nicolas Gillet, Agnès Colombo, Lorenzo Tugnoli, Anthony Wallace, Sylvie Hugues, Jean-Christophe Béchet, Jehan.
  • Marques et entreprises : Nikon, Canon, Panasonic, Sony, Sigma, Tamron, Fuji, Zeiss, Peak Design, Phox, Les Numériques, Le Monde de la Photo, FocusNumérique.com, AFP, Contrasto, Washington Post, Miss Numérique, Apple.
  • Appareils et objectifs : Nikon Z6 II, Nikon Z7 II, Panasonic Lumix BGH1, Canon PowerShot Zoom, Nikon Noct 58mm f/0.95, Nikon 50mm f/1.2, Canon RF 28-70mm f/2, Canon RF 50mm f/1.2, Canon RF 85mm f/1.2, Sigma 35mm f/1.2, Panasonic 50mm f/1.4, Fuji 50mm f/1, Canon EOS R5, Canon EOS R6, Nikon Z5, Panasonic Lumix S5, Sony Alpha 7S III, objectifs Zeiss Otus, objectifs Tamron en monture Sony FE.
  • Événements : Festival Bayeux Calvados Normandie des correspondants de guerre.

Au fil de l’épisode

  • Présentation des invités et du sujet du jour : les objectifs à très grande ouverture.
  • Flash Actu : les nouveaux hybrides Nikon Z6 II et Z7 II.
  • Flash Actu : la caméra modulaire Panasonic Lumix BGH1.
  • Flash Actu : le concept de monoculaire numérique Canon PowerShot Zoom.
  • Flash Actu : les lauréats photo du festival de Bayeux, Lorenzo Tugnoli et Anthony Wallace.
  • Débrief de l’actualité : des prix plus raisonnables et l’omniprésence de la vidéo.
  • La Story de Benjamin : le succès du Travel Tripod de Peak Design et ses 12 millions de dollars récoltés en crowdfunding.
  • Discussion sur le trépied : un bel objet au design innovant mais au tarif très élevé.
  • Début du grand débat : qu’est-ce qu’un objectif à très grande ouverture ?
  • L’attrait du bokeh, ce flou d’arrière-plan esthétique qui fait rêver les photographes.
  • Tour d’horizon des nouvelles optiques très lumineuses pour appareils hybrides.
  • Les inconvénients : des objectifs souvent gros, lourds et chers.
  • L’apport de la stabilisation intégrée aux boîtiers, qui forme un duo de choc avec les optiques lumineuses.
  • Les objectifs ouvrant à f/1.8, un excellent compromis entre performance, prix et encombrement.
  • L’avantage de la grande ouverture pour travailler en basse lumière, en photo comme en vidéo.
  • La principale contrainte technique : la faible profondeur de champ qui exige une mise au point parfaite.
  • Témoignage de la photographe Agnès Colombo sur son usage en photographie de famille.
  • Le cas extrême du Nikon Noct 58 mm f/0.95, une vitrine technologique.
  • Intervention de Nicolas Gillet de Nikon France sur les possibilités offertes par la nouvelle monture Z.
  • L’amélioration de la qualité d’image des objectifs modernes, excellents dès la pleine ouverture.
  • Conclusion du débat : des optiques qui font toujours rêver, mais qui demandent de la maîtrise.
  • La question finale : de quel objectif, qui n’existe pas encore, rêvez-vous ?
  • Actualités des magazines Le Monde de la Photo et Les Numériques.

FAQ

Qu’est-ce qu’un objectif à très grande ouverture ?

Un objectif à très grande ouverture est une optique capable de laisser passer une grande quantité de lumière jusqu’au capteur de l’appareil. Techniquement, cela se traduit par un petit chiffre d’ouverture, comme f/1.8, f/1.4, f/1.2 ou même moins. Cette caractéristique permet de photographier plus facilement dans des conditions de faible luminosité et d’obtenir une faible profondeur de champ, c’est-à-dire un arrière-plan très flou.

Pourquoi les objectifs à grande ouverture font-ils rêver les photographes ?

Ces objectifs sont particulièrement prisés pour deux raisons principales. D’une part, ils permettent de créer le fameux « bokeh », un flou d’arrière-plan esthétique et prononcé qui isole le sujet et lui donne un aspect professionnel et artistique. D’autre part, leur capacité à capter beaucoup de lumière est un atout majeur pour travailler en conditions difficiles (soirée, intérieur) sans avoir à utiliser de flash ou à trop augmenter la sensibilité ISO, préservant ainsi l’ambiance lumineuse naturelle.

Quels sont les inconvénients des objectifs très lumineux ?

Malgré leurs avantages, les objectifs très lumineux présentent des inconvénients. Ils sont souvent plus encombrants, plus lourds et nettement plus chers que les optiques standards. Sur le plan technique, leur principal défi est la profondeur de champ extrêmement réduite à pleine ouverture. Cela exige une très grande précision lors de la mise au point, car la moindre erreur peut rendre le sujet flou. C’est un outil qui demande donc une certaine maîtrise.

La grande ouverture est-elle toujours utile en portrait ?

Pas nécessairement, surtout pour les photos de groupe. Comme l’explique la photographe Agnès Colombo dans l’épisode, utiliser une très grande ouverture comme f/1.2 pour une photo de famille est risqué, car seule une personne risque d’être nette. Pour s’assurer que les visages de plusieurs personnes situées sur des plans légèrement différents soient nets, les photographes ferment souvent un peu le diaphragme, en travaillant par exemple à f/2 ou f/2.8 pour avoir plus de profondeur de champ.

Les nouveaux appareils hybrides changent-ils la donne pour ces objectifs ?

Oui, l’arrivée des appareils hybrides a eu un impact positif. Leurs nouvelles montures, souvent plus larges et avec un tirage mécanique plus court, permettent aux ingénieurs de concevoir des formules optiques plus performantes. Par conséquent, de nombreux objectifs récents sont d’une qualité exceptionnelle dès leur pleine ouverture. De plus, la stabilisation du capteur présente dans de nombreux boîtiers hybrides se combine parfaitement avec ces optiques pour faciliter la prise de vue à main levée en basse lumière.


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