Visuel de l'émission spéciale de Faut pas pousser les ISO consacrée aux objectifs Sony monture E, avec Fabrice Abuaf et Christophe Brachet

SPE601 – Optiques Sony E-Mount : 1 monture pour les gouverner toutes !

De Minolta à la monture E, l’histoire d’une gamme

Sony compte 72 objectifs à son catalogue en monture E, téléconvertisseurs et compléments optiques compris, selon Fabrice Abuaf, Senior Product Manager Digital Imaging chez Sony France. Pour comprendre cette gamme, Yann Salmon-Legagneur, responsable marketing chez Sony Europe et ancien de Minolta, remonte à 2006 : Sony rachète alors la monture A et la technologie reflex de Minolta, lance l’Alpha 100 et doit renouveler en deux ans plus d’une trentaine d’optiques. Le partenariat avec Zeiss lui apporte à la fois la notoriété et le savoir-faire qui lui manquaient : formule optique calculée par Zeiss, fabrication assurée par Sony sous son contrôle. En 2010, la monture E arrive avec les NEX-3 et NEX-5, des hybrides APS-C, mais sa baïonnette est pensée dès l’origine pour accueillir un capteur plein format dans un boîtier compact. C’est la philosophie One Mount : une monture « la plus universelle possible », partagée par les boîtiers APS-C, plein format et les caméras professionnelles, et ouverte aux fabricants tiers.

Sur les montures électroniques, rappelle Yann Salmon-Legagneur, la communication entre l’objectif et le boîtier est devenue « absolument énorme », ce qui ouvre des fonctions impossibles autrefois.

G Master, G, Zeiss : lire la gamme et ses sigles

La gamme se segmente en quatre familles : les G Master, haut de gamme aux plus grandes ouvertures et au bokeh soigné ; les G, un peu moins lumineux, plus légers et moins chers ; les Zeiss, sans nouveauté aujourd’hui ; et les optiques Sony standard, souvent vendues en kit. Sur la bague, « FE » signale un objectif plein format, « E » un objectif APS-C, « GM » un G Master et « OSS » une stabilisation optique, même si tous les boîtiers Sony sont désormais stabilisés par le capteur. L’exemple du 50 mm résume la logique : sept versions au catalogue, de 239 euros pour le 50 mm f/1,8 à 2 299 euros pour le 50 mm f/1,2 G Master, chacune répondant à un usage et à un budget. La clé technique, selon Fabrice Abuaf, tient aux moteurs linéaires XD, si petits qu’on peut les placer n’importe où dans la formule optique. Après la « Trinité » de 2016 (16-35, 24-70 et 70-200 mm f/2,8 G Master), les versions II en profitent : le 24-70 mm f/2,8 G Master II pèse 695 grammes contre 886 pour son prédécesseur, et le 70-200 mm II a perdu environ 30 % de son poids.

Sony conserve les générations précédentes au catalogue à prix réduit, comme il le fait pour ses boîtiers : de quoi s’offrir du plein format sans y mettre 2 000 ou 3 000 euros.

Christophe Brachet, la focale fixe et la pleine ouverture

Photographe de plateau autodidacte, ambassadeur Sony depuis 2011 et président de l’association Photographes de films associés (PFA), Christophe Brachet ne travaille plus qu’en focales fixes : 14, 24, 35 et 50 mm G Master, un Zeiss Batis 85 mm choisi parce que le 85 mm G Master est trop bruyant sur un plateau, et le 135 mm f/1,8 G Master, son objectif favori. Il photographie « tout le temps à pleine ouverture » et place la vraie révolution à l’arrivée de l’Alpha 9 : il se souvient d’une scène de Jean Dujardin au galop, prise au 85 mm à pleine ouverture en rafale à 20 images par seconde. Il garde à la fois le 50 mm f/1,2 et le 50 mm f/1,4, l’un pour l’ouverture, l’autre pour la légèreté, et a découvert l’intérêt du 24-70 mm pour sa polyvalence en couvrant les 30 ans de Fort Boyard. Pour lui, le photographe de plateau n’a de sens que s’il apporte « une plus-value » au photogramme tiré de la caméra, en cherchant d’autres points de vue et d’autres focales.

Son conseil d’achat : choisir l’optique avec la même exigence que le boîtier, car mettre un objectif d’entrée de gamme sur un boîtier de 50 ou 61 millions de pixels, c’est « une Ferrari avec des pneus de 2 chevaux ».

Sport, vidéo et objectifs de demain

Le photographe Francis Bompard, spécialiste du ski et du rugby, travaille avec un 600 mm f/4, un 400 mm f/2,8 et un 200-600 mm, qu’il juge « exceptionnel » en rapport qualité-prix ; il salue le « pouvoir séparateur » des grandes ouvertures et la possibilité d’utiliser multiplicateur et doubleur sans perte de qualité. Fabrice Abuaf confirme, d’après ses propres essais, une perte de piqué à peine visible avec le téléconvertisseur 1,4x. Côté vidéo, le vidéaste Olivier Schmitt détaille les atouts des objectifs à zoom motorisé (16-35 mm f/4 G PZ et 10-20 mm f/4 G PZ) : commande de zoom progressive, compensation du « focus breathing » et bague de diaphragme déclicable. Pour l’avenir, Sony entend renouveler ses objectifs de première génération au rythme de quatre à six nouveautés par an. Christophe Brachet attend un nouveau 85 mm f/1,2 et rêve d’un 200 mm f/1,8 ; Fabrice Abuaf, d’un 24 mm f/1,4 aussi petit que le 24 mm de la série G.

Le quiz des auditeurs aborde la « protection tout temps », le choix d’un objectif pour le portrait, l’avenir du bridge RX10 IV et l’objectif unique à garder pour la vie : le 20-70 mm f/4 G pour Fabrice Abuaf, le 50 mm f/1,2 pour Christophe Brachet.

Les références de l’épisode

  • Sony France et Sony Europe
  • Fabrice Abuaf, Senior Product Manager Digital Imaging chez Sony France
  • Christophe Brachet, photographe de plateau et ambassadeur Sony
  • Yann Salmon-Legagneur, responsable marketing chez Sony Europe
  • Francis Bompard, photographe ambassadeur Sony spécialisé dans les sports d’hiver
  • Olivier Schmitt, vidéaste et ambassadeur Sony
  • Guillaume Canet, réalisateur, témoignage extrait d’une émission de la saison 3
  • Photographes de films associés (PFA), association présidée par Christophe Brachet
  • Minolta, Konica Minolta et la monture A ; Sony Alpha 100
  • Zeiss et le Zeiss Batis 85 mm
  • Sony NEX-3 et NEX-5, premiers hybrides en monture E
  • Sony FE 50 mm f/1,2 G Master, 50 mm f/1,4 G Master, 50 mm f/2,5 G et 50 mm f/1,8
  • Sony FE 135 mm f/1,8 G Master
  • Sony FE 24-70 mm f/2,8 G Master II et 70-200 mm f/2,8 G Master II
  • Sony FE 20-70 mm f/4 G
  • Sony FE 200-600 mm, 400 mm f/2,8 et 600 mm f/4
  • Sony FE PZ 16-35 mm f/4 G et E PZ 10-20 mm f/4 G
  • Sony Alpha 9, Alpha 1, Alpha 7C, Alpha 7R V et Alpha 7 III
  • Sony RX10 IV
  • Fort Boyard et le Festival du film d’Angoulême
  • Sony World Photography Awards et Sony Future Filmmaker Awards

Au fil de l’épisode

  • Présentation des invités et du projet de studio photo éco-responsable de Christophe Brachet à Lacanau
  • L’association Photographes de films associés et le témoignage de Guillaume Canet
  • L’histoire de Sony en optique : Minolta, Zeiss et la monture A, racontée par Yann Salmon-Legagneur
  • La monture E et la philosophie One Mount
  • La segmentation de la gamme : G Master, G, Zeiss et Sony standard
  • Lire les sigles FE, E, GM et OSS
  • Pourquoi sept objectifs de 50 mm
  • Le sac de Christophe Brachet : focales fixes et 135 mm G Master
  • La génération II des G Master et les moteurs linéaires XD
  • Garder les anciennes générations au catalogue
  • L’importance de l’optique dans le métier de photographe de plateau
  • Travailler à pleine ouverture avec l’autofocus moderne
  • Les super téléobjectifs pour le sport, avec Francis Bompard
  • Téléconvertisseurs, autofocus et qualité d’image
  • Zoom à ouverture constante ou variable
  • Les objectifs pensés pour la vidéo, avec Olivier Schmitt
  • Les objectifs de demain
  • Le débrief de l’émission
  • Le quiz des auditeurs
  • Actualités : Sony World Photography Awards, Sony Future Filmmaker Awards et dix ans des premiers hybrides plein format

FAQ

Qu’est-ce que la philosophie One Mount de Sony ?

La philosophie One Mount désigne le choix de Sony de construire une monture unique, la monture E, la plus universelle possible. Selon Fabrice Abuaf, de Sony France, elle équipe les boîtiers APS-C, plein format et les caméras professionnelles, reste ouverte aux fabricants tiers et permet à l’objectif de travailler en symbiose avec les algorithmes du boîtier.

Quelle différence entre les objectifs Sony G Master, G et Zeiss ?

Les G Master forment le haut de gamme de Sony : plus grandes ouvertures, meilleur autofocus et bokeh travaillé. Les G offrent une très haute qualité d’image, un peu moins lumineuse, dans des formats plus légers et moins chers. Les Zeiss, conçus sur un cahier des charges Zeiss et fabriqués par Sony, ne connaissent plus de nouveauté, selon Fabrice Abuaf.

Comment savoir si un objectif Sony est plein format ?

Le nom de l’objectif est inscrit sur sa bague. S’il commence par « FE », pour « full frame E-mount », il est conçu pour le plein format ; s’il commence par « E », il est destiné aux capteurs APS-C. Viennent ensuite la focale, l’ouverture, la gamme (G, GM ou Zeiss) et, le cas échéant, la mention « OSS » d’une stabilisation optique.

Pourquoi Sony propose-t-il autant d’objectifs de 50 mm ?

Selon Fabrice Abuaf, chaque 50 mm répond à un usage et à un budget : un modèle d’entrée de gamme à 239 euros souvent choisi pour apprendre, un macro, un petit 50 mm f/2,5 G à bague de diaphragme, un 50 mm f/1,4 G Master léger et le 50 mm f/1,2 G Master à 2 299 euros. Christophe Brachet utilise lui-même les deux G Master selon ses besoins.

Les téléconvertisseurs Sony dégradent-ils la qualité d’image ?

D’après les essais de Fabrice Abuaf, la perte de piqué est à peine visible avec le téléconvertisseur 1,4x et très légère avec le 2x. Le photographe de sport Francis Bompard souligne aussi qu’avec les hybrides, multiplicateur et doubleur s’utilisent désormais sans perte de qualité notable, et les derniers boîtiers Sony font la mise au point jusqu’à f/11 ou f/16.


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