Maquette d'hydrolienne à axe horizontal tripale testée dans le bassin d'essai de l'Ifremer à Boulogne-sur-Mer, ogive du vélocimètre laser à effet Doppler au premier plan

🌊 Énergies « bleues » : un défi du XXIe siècle !

Reproduire l’océan pour tester les hydroliennes

Benoît Gaurier est ingénieur-chercheur au laboratoire d’hydrodynamique marine de l’Ifremer, au bassin d’essai du centre de Boulogne-sur-Mer, sur les côtes de la Manche. Dans ce bassin de 20 mètres de long, 4 mètres de large et 2 mètres de profondeur, il teste avec ses collègues le comportement de structures flottantes ou immergées soumises au courant, à la houle et à la turbulence — on y a par exemple éprouvé des maquettes de coques de navires océanographiques comme le Pourquoi Pas ? ou la Thalassa. L’enjeu, explique-t-il, est de comprendre comment ces trois forçages interagissent, car ils sont presque toujours présents en même temps et se combinent de façon complexe.

Depuis une quinzaine d’années, l’équipe plonge dans le bassin des hydroliennes, ces machines qui captent l’énergie des courants marins. La photo que présente Benoît Gaurier montre l’essai d’une maquette d’hydrolienne à axe horizontal, tripale, vingt fois plus petite que la machine réelle et hérissée de capteurs. Au premier plan, une ogive : un vélocimètre laser à effet Doppler dont six faisceaux — deux bleus, deux verts, deux jaunes — se croisent en un point de mesure minuscule. En déplaçant ce point dans le bassin, les chercheurs cartographient l’écoulement autour de l’hydrolienne, « un peu à l’image des cartes de vent présentées par Météo France ». Sur l’image, le halo vert irréel vient du reflet des faisceaux sur le corps en inox de la machine.

Les énergies « bleues », un défi du XXIe siècle

Au-delà de l’éolien offshore qui se multiplie sur les côtes, Benoît Gaurier rappelle que les premières fermes d’hydroliennes commencent à voir le jour sous l’eau, notamment au Raz Blanchard, dans la Manche : le site français où les courants de marée sont les plus puissants, donc les plus énergétiques. Selon lui, l’hydrolien devra faire partie du mix énergétique de demain si l’on veut s’affranchir des énergies carbonées.

Il plaide pour que la recherche continue d’être soutenue : beaucoup de travail reste à faire pour mieux comprendre ces systèmes sous-marins, accompagner les industriels et assurer le suivi environnemental des fermes. Le monde de demain devra réduire sa consommation d’énergie tout en se passant des fossiles — une transition « difficile », dit-il, mais à laquelle son bassin d’essai est fier de contribuer.

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • L’Ifremer — Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer
  • Le bassin d’essai à houle et courant de Boulogne-sur-Mer
  • Le vélocimètre laser à effet Doppler, instrument de mesure de l’écoulement
  • Le Pourquoi Pas ? et la Thalassa, navires océanographiques dont des maquettes ont été testées dans le bassin
  • Le Raz Blanchard, dans la Manche, l’un des courants de marée les plus puissants
  • Météo France, cité en comparaison pour ses cartes de vent

Au fil de l’épisode

  • Présentation de Benoît Gaurier et du bassin d’essai de l’Ifremer à Boulogne-sur-Mer
  • Courant, houle et turbulence : trois forçages marins et leurs interactions
  • Quinze ans d’essais d’hydroliennes dans le bassin
  • La photo : une maquette d’hydrolienne tripale à axe horizontal, à l’échelle 1/20
  • Le vélocimètre laser à effet Doppler et le halo vert de l’image
  • L’éolien offshore et les premières fermes d’hydroliennes au Raz Blanchard
  • L’hydrolien dans le mix énergétique et la transition hors des énergies fossiles

FAQ

Qui est Benoît Gaurier ?

Benoît Gaurier est ingénieur-chercheur au laboratoire d’hydrodynamique marine de l’Ifremer, basé au bassin d’essai du centre de Boulogne-sur-Mer. Il étudie le comportement des structures marines et, en particulier, les hydroliennes soumises au courant, à la houle et à la turbulence.

Qu’est-ce qu’une hydrolienne ?

Une hydrolienne est une machine immergée qui capte l’énergie des courants marins pour produire de l’électricité. Elle peut être fixée au fond ou suspendue à une barge, avec un axe horizontal ou vertical et un nombre de pales variable. Le modèle testé ici est une turbine tripale à axe horizontal.

Comment teste-t-on une hydrolienne dans un bassin d’essai ?

À l’Ifremer de Boulogne-sur-Mer, on plonge une maquette réduite — ici vingt fois plus petite que la machine réelle — dans un bassin où le courant, les vagues et la turbulence sont mis à l’échelle. Des capteurs et un vélocimètre laser mesurent ses performances et l’écoulement autour d’elle.

Qu’est-ce que le Raz Blanchard ?

Le Raz Blanchard est un passage maritime de la Manche où circulent les courants de marée les plus puissants de France, et donc les plus énergétiques. C’est l’un des premiers sites où voient le jour des fermes d’hydroliennes destinées à produire de l’électricité.

Pourquoi parle-t-on d’énergies « bleues » ?

Les énergies « bleues » désignent les énergies marines renouvelables, comme l’hydrolien qui exploite les courants de marée. Selon Benoît Gaurier, elles devront faire partie du mix énergétique de demain pour se passer des énergies fossiles — un défi majeur du XXIe siècle.


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