
Dans Café Croissant Kodak, la photographe qui anime le podcast livre en huit minutes une théorie personnelle : les deux mots tatoués sur ses mains, « spleen » et « idéal », empruntés à Baudelaire, résument ce qui fait tenir une image. De Caravage à Vermeer, de Cartier-Bresson à Rodin et Mahler, elle relie le clair-obscur à sa pratique et à la façon dont elle a fait cohabiter ses photos lumineuses et ses images sombres.
Spleen et idéal, la grammaire du clair-obscur
Dans cet épisode solo de Café Croissant Kodak, la photographe qui anime le podcast part d’une remarque méprisante sur les tatouages de ses mains, où sont écrits « spleen » et « idéal », pour exposer sa théorie : la tension entre ces deux mots, tirés des Fleurs du mal de Baudelaire (1857), est selon elle « la clé de voûte de toute image qui vaut quelque chose ». Elle la retrouve dans le clair-obscur de Caravage et de La Laitière de Vermeer, dans l’instant décisif de Cartier-Bresson, dans Le Penseur de Rodin et chez Mahler, puis raconte comment elle a cessé d’opposer ses photos lumineuses à ses images sombres de reportage et de rue.
FAQ
Quel lien entre le spleen de Baudelaire et la photographie ?
Pour l’animatrice de Café Croissant Kodak, le spleen est la réalité regardée sans filtre et l’idéal la quête de beauté ; seuls, l’un donne du désespoir, l’autre une carte postale. En photo, cette tension correspond au clair-obscur, une lumière qui surgit dans l’ombre, et à l’instant décisif de Cartier-Bresson, quand le chaos du monde se fige une fraction de seconde.
Pourquoi la photographe a-t-elle tatoué « spleen » et « idéal » sur ses mains ?
Elle explique avoir longtemps alterné entre des images très lumineuses (couchers de soleil, robes blanches) et des images sombres (reportages militaires, rue de nuit à Paris), au point de supprimer d’anciennes publications. Ces deux mots, vus chaque matin, lui rappellent que les deux registres sont légitimes et qu’elle n’a pas à choisir.
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