
Jonathan Douette, photographe et vidéaste, a couvert pendant quatre jours le tournoi WTA de Berlin pour l'organisateur, chargé de produire des images pour les réseaux sociaux. Dans le premier épisode de son podcast rebaptisé Hors cadre, il raconte ce qui distingue ce travail de la photo de presse, comment il gère la lumière et la livraison quasi immédiate des images, quel matériel il emporte, et deux rencontres avec des photographes plus expérimentés, l'une enrichissante, l'autre beaucoup moins.
Des photos verticales pour les réseaux, pas pour la presse
Dans cet épisode, Jonathan Douette raconte sa semaine au tournoi WTA de Berlin, sur gazon, où il photographiait pour l’organisateur, une structure allemande qui gère aussi d’autres tournois. Sa mission : produire des images pour les réseaux sociaux, donc surtout verticales, avec une certaine carte blanche, là où les photographes de presse, comme ceux de l’AFP, doivent saisir les moments clés. Il compare ce tournoi à celui de Hambourg, sur terre battue et sous la pluie : sur gazon et chez les femmes, les échanges sont courts et l’émotion plus présente. Par plus de 30 degrés dès 11 heures, il joue avec la lumière dure, les ombres et les silhouettes, et guette les vingt minutes où le soleil passe derrière les arbres. Il décrit la zone réservée aux photographes au ras du court, à un mètre des joueuses, qu’il utilise pour les détails (chaussures, raquette, main sur le grip), et le fait d’éditer dans la salle des conférences de presse. Les photos doivent être livrées dès la fin du match : il trie directement dans le boîtier, en rafale moyenne plutôt que maximale, pour shooter moins mais avec plus d’intention. Côté matériel, il cite un boîtier Sony de 33 mégapixels, un 50 mm f/1,2, un 16-35 mm f/2,8, un fisheye 8-11 mm et des filtres Polar Pro Cineflow, et dit ne pas avoir utilisé son 70-200 mm.
« Ce n’est pas parce qu’on va faire du sport qu’on a besoin des boîtiers les plus performants », insiste-t-il.
Deux photographes, deux attitudes
Jonathan Douette termine sur deux rencontres. La première, avec un photographe de presse français installé à Berlin, a été un échange franc malgré des visions opposées : pour lui, une bonne photo de tennis documente l’événement, quand Jonathan Douette cherche des images plus artistiques et engageantes, en pose lente par exemple. La seconde, avec un photographe réputé du tennis qu’il ne nomme pas, l’a profondément déçu : reproches agressifs pour s’être déplacé au mauvais moment, remarques sur les Français puis les Belges, puis conseils contredits par une masterclass où ce même photographe vantait l’ouverture et les relations humaines. Il en tire un appel à l’entraide dans un milieu de la photo de sport qu’il juge très concurrentiel, et invite les photographes expérimentés à prendre les plus jeunes sous leur aile.
« Soyez la personne que vous voudriez rencontrer », conclut-il.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Tournoi WTA de Berlin : tournoi féminin sur gazon couvert par Jonathan Douette.
- Tournoi de Hambourg : tournoi masculin sur terre battue qu’il avait couvert auparavant.
- Serena Williams : joueuse photographiée lors d’un match de double, selon lui.
- AFP : agence de presse dont des photographes couvraient le tournoi.
- Lightroom : logiciel utilisé pour trier et éditer les photos entre deux matchs.
- Polar Pro Cineflow : filtres utilisés pour adoucir l’image.
- Open d’Australie : tournoi cité pour la vue depuis le toit, devenue un cliché selon un photographe rencontré.
Au fil de l’épisode
- 00:00:30 : le podcast change de nom et devient Hors cadre
- 00:01:29 : photographier les meilleures joueuses du monde à Berlin
- 00:02:25 : travailler pour l’organisateur du tournoi
- 00:03:27 : des photos verticales pour les réseaux sociaux
- 00:04:14 : photo de presse et photo artistique
- 00:05:01 : gazon contre terre battue, tennis féminin contre masculin
- 00:06:26 : repérer l’environnement du stade
- 00:07:32 : chaleur, lumière dure, ombres et silhouettes
- 00:09:28 : l’accréditation et la zone réservée aux photographes
- 00:11:28 : éditer pendant les conférences de presse
- 00:12:39 : des images livrées dès la fin du match
- 00:14:30 : trier dans le boîtier et shooter avec intention
- 00:16:39 : le matériel utilisé
- 00:18:22 : la rencontre avec un photographe de presse expatrié
- 00:20:44 : un photographe réputé et désagréable
- 00:28:42 : un appel à l’entraide entre photographes
FAQ
Comment photographier un tournoi de tennis pour les réseaux sociaux ?
Selon Jonathan Douette, il faut d’abord penser au format : les images sont surtout verticales, et le photographe dispose d’une certaine carte blanche, contrairement à la presse qui doit saisir les moments clés. Il commence par les détails depuis la zone au bord du court, puis se déplace dans le stade pour jouer avec la lumière et les silhouettes.
En quoi la photo de presse diffère-t-elle de la photo pour l’organisateur ?
Le photographe de presse, explique Jonathan Douette, documente l’événement : il lui faut l’entrée des joueuses, les plans serrés et larges, la balle, les marques. Lui crée des images plus artistiques, pensées pour être partagées et aimées sur les réseaux sociaux, avec du storytelling. Il précise qu’aucune approche n’est meilleure que l’autre, elles sont seulement différentes.
Comment livrer des photos de tennis aussi vite ?
Jonathan Douette livre ses images dès la fin de chaque match pour que l’organisateur les publie aussitôt. Il trie déjà dans le boîtier après chaque rafale, puis vide sa carte en salle de presse, importe, trie et édite dans Lightroom avant d’exporter. Il commence souvent à livrer pendant le match, ce qui laisse peu de pauses.
Faut-il le matériel le plus performant pour la photo de sport ?
Non, selon Jonathan Douette : il ne shoote pas en rafale maximale mais en rafale moyenne, et estime que l’intention compte plus que la cadence. Il utilise un boîtier Sony de 33 mégapixels, qui permet de recadrer sans fichiers trop lourds, et des focales variées, du fisheye au 50 mm f/1,2.
Retrouver également dans le podcast
Tous les épisodes ›
34. Avoir un rendez-vous client de feu en tant que photographe, je te dis tout !
27 Juil
32. Mes clients n’ont pas de budget… Que faire ? Coaching pour photographes et vidéastes
15 Déc
31. Être plus qu’une photographe pour aider ses client avec Marie Van Ingelgem, photographe spécialisée dans le sport et la photo de produit
1 Déc
30. La photo de sport avec Gaëtan Flamme (Sportpic Agency) : photographier les plus grandes courses cyclistes au monde.
23 Juin
29. La photographie de concert avec Florentine Pautet : shooter pour les plus grands groupes et festivals d’Europe.
16 Juin
28. Le mariage le plus compliqué que j’ai photographié… et comment s’en sortir, mariage sous la pluie !
9 Juin
27. Le matériel photo et vidéo, la reconnaissance du métier, la famille, collaboration YouTube… Réflexions sur la photo et vidéo.
2 Juin
26. Réussir sur instagram en tant que photographe ou vidéaste en 2026
17 Mar
25. Arrêter de se faire payer en visibilité quand on est photographe ou vidéaste
10 Mar
24. J’ai foiré une prestation, gérer les clients mécontents
17 Fév
23. Les tendances en photo de mariage pour 2025
3 Fév
22. Utiliser Pinterest en tant que Photographe pour faire grandir son business photo
27 Jan
Rêver à 44 ans : croire sans tout contrôler
11 Oct
Et si tu n’avais pas besoin de plus de réponses ? Pourquoi j’ai créé L’Exploration F.O.C.U.S.®
4 Oct
Léna Rochoux et Margaux Buisson Bisou Bouche – Hors série Rencontres d’Arles 2026 n°5/5
3 Oct
Les Métamorphoses du Laboratoire x Grégoire Eloy
2 Oct
Anne-Lise Broyer – Hors série Rencontres d’Arles 2026 n°4/5
2 Oct
Harry Gruyaert – Hors série Rencontres d’Arles 2026 n°3/5
1 Oct
Les Métamorphoses du Laboratoire x Frédéric Jourda
30 Sep
Jean-Benoît Roubinet – 54 600 €/an de ventes en photographiant vrai
28 Sep
Et si vous laissiez votre projet vous surprendre ?
27 Sep
Pierre&Florent photographes – Hors série Rencontres d’Arles 2026 n°2/5
22 Sep
Et si vous arrêtiez de diluer ce qui vous rend unique ?
20 Sep
Les Métamorphoses du Laboratoire x Thomas Paquet
18 Sep
