
Jonathan Douette, photographe et vidéaste professionnel, reprend son podcast To the Moon and Back avec un épisode de réflexions personnelles sur son métier. Une fête d'école où il a photographié tout le spectacle sans être payé, le prix du matériel photo et vidéo qu'il juge devenu démentiel, et les propositions de marques qui offrent un produit contre une vidéo YouTube : il explique ce que ces situations disent de la reconnaissance du métier et comment il compte rester sincère.
Photographe de la famille, et jamais payé
Dans cet épisode solo de To the Moon and Back, Jonathan Douette, photographe et vidéaste professionnel, partage trois réflexions récentes sur son métier. La première naît d’une fête d’école : venu voir les enfants de sa sœur, il repart avec 700 photos du spectacle, prises à la demande de sa famille pour des enfants qu’il ne connaît pas. Tri, retouche sur un logiciel qu’il paie, galerie de partage elle aussi payante : une demi-journée de travail non rémunéré, pendant qu’un mariage de clients attend d’être livré. On lui répond que « c’est quand même pas grand-chose », et l’on attribue la qualité des images à son appareil. Il y voit le signe d’une méconnaissance du métier, et constate au passage que tous les parents filmaient en vidéo verticale au smartphone. Il revient ensuite sur ce qu’il considère comme des prix devenus démentiels : les nouveaux objectifs Canon RF f/1,4, présentés comme abordables entre 1 600 et 2 000 euros, ou la Sony FX2 à 3 200 euros. Il craint que la photographie devienne une passion réservée à une élite.
Il se souvient de ses débuts avec un petit compact Canon PowerShot, trop limité pour les photos de concert qu’il voulait faire.
Collaborations YouTube : garder son intégrité
Troisième réflexion : les marques qui proposent à sa petite chaîne YouTube, moins de 4 000 abonnés, un produit gratuit contre une vidéo dans les deux semaines, avec un lien traqué. Jonathan Douette explique pourquoi ce système revient selon lui à faire de la publicité gratuite et à ne pas pouvoir dire qu’un produit est mauvais. Sa règle désormais : refuser ce qu’il n’utilise pas, tester dans un tutoriel ce qui l’intéresse et dire franchement si c’est raté, et ne recommander spontanément que ce qu’il paie et utilise depuis des années, comme le service de galeries Pic-Time. Il regrette aussi que sa vidéo affirmant qu’aucune marque n’est un mauvais choix ait peu marché, quand l’opposition Canon contre Sony attire les clics. Lui photographie en Canon et filme en Sony FX3, et s’en porte très bien.
Il annonce enfin une nouvelle formule du podcast, avec davantage d’invités, photographes et vidéastes, enregistrés à distance.
Pour aller plus loin
- La chaîne YouTube de Jonathan Douette
- Jonathan Douette sur Instagram
- Le compte Instagram professionnel de Jonathan Douette
- Guides et plaquette de tarifs pour le mariage
- La newsletter de Jonathan Douette
- Pic-Time, service de galeries photo en ligne
Les références de l’épisode
- Pic-Time, service de galeries en ligne qu’il utilise et recommande
- Objectifs Canon RF f/1,4 (20, 24, 35 et 50 mm), cités pour leur prix
- Sony FX2, caméra d’entrée de gamme cinéma à 3 200 euros
- Sony FX3, caméra qu’il utilise en vidéo
- Canon R5 et R6, boîtiers cités dans l’épisode
- Canon PowerShot, compact de ses débuts
Au fil de l’épisode
- 00:00:34 : un podcast sans retour de son public et une nouvelle formule avec des invités
- 00:03:33 : première réflexion : la fête d’école et 700 photos
- 00:05:20 : le smartphone et la vidéo verticale ont remplacé l’appareil photo
- 00:07:03 : le travail invisible et non rémunéré du photographe
- 00:08:22 : « c’est l’appareil qui fait les belles photos »
- 00:10:04 : deuxième réflexion : le prix du matériel photo et vidéo
- 00:11:26 : la peur d’une barrière d’entrée trop haute dans le métier
- 00:13:59 : plus d’entrée de gamme chez les marques
- 00:16:22 : troisième réflexion : les collaborations YouTube
- 00:17:16 : Pic-Time, un produit qu’il paie et recommande
- 00:18:50 : produit gratuit contre vidéo et lien traqué
- 00:21:08 : sa règle pour accepter ou refuser une collaboration
- 00:23:47 : la guerre des marques photo sur YouTube
- 00:27:17 : les prochains épisodes
FAQ
Pourquoi le métier de photographe est-il mal reconnu selon Jonathan Douette ?
Il prend l’exemple d’une fête d’école où sa famille lui a demandé de photographier tout le spectacle : 700 images à trier et retoucher sans rémunération, avec des logiciels et une galerie qu’il paie. Beaucoup pensent encore qu’un appareil cher suffit à faire de belles photos, ce qu’il compare à croire qu’une Ferrari fait un pilote.
Le matériel photo et vidéo est-il devenu trop cher ?
Jonathan Douette le pense. Il cite des objectifs Canon RF f/1,4 entre 1 600 et 2 000 euros présentés comme abordables, et la Sony FX2 à 3 200 euros. Il craint que la barrière d’entrée devienne trop haute pour les jeunes et les milieux modestes, alors que le smartphone a fait disparaître l’entrée de gamme.
Comment Jonathan Douette choisit-il ses collaborations avec les marques ?
Il refuse les produits qu’il n’utilise pas, teste dans un tutoriel ceux qui l’intéressent en disant franchement s’ils sont mauvais, et recommande spontanément ce qu’il paie depuis des années, comme Pic-Time. Il préfère perdre une collaboration plutôt que manquer de sincérité envers son audience.
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