De la start-up au burn-out
Anthony Heukmes n’est pas photographe, mais développeur et entrepreneur. Après avoir monté et dirigé pendant huit ans une société de services informatiques qui comptait une dizaine d’employés, il a décidé de tout vendre. Il raconte comment, malgré une situation en apparence idéale, le stress permanent et la pression financière l’ont épuisé. « J’étais au ski et je me réveillais tous les matins à 5h du mat avec la boule au ventre », confie-t-il. Cette prise de conscience l’a poussé à quitter un modèle économique où il échangeait son temps contre de l’argent, pour chercher un projet qui lui offrirait plus de liberté.
À 31 ans, il se retrouve alors chez lui, sans projet défini, mais avec la volonté de ne plus jamais revivre cette expérience.
Un outil né d’un besoin
C’est en observant le quotidien de sa femme, photographe, qu’Anthony Heukmes a l’idée de Fotostudio. Il constate qu’elle, comme beaucoup de ses confrères, perd un temps considérable dans la gestion administrative de son activité avec des outils dispersés comme des fichiers Excel et des emails. Il décide alors de créer une solution pour elle, avant de réaliser le potentiel plus large. Pour valider son projet, il contacte des dizaines de photographes, non pas pour leur vendre une idée, mais pour comprendre en profondeur leur manière de travailler et leurs difficultés. Son objectif est clair : créer un produit en SaaS (Software as a Service), un logiciel par abonnement qui lui assurerait des revenus récurrents et la liberté qu’il recherche.
« Je ne ferai plus jamais de ma vie du service où je traite mon temps contre de l’argent, ça c’est fini », explique-t-il.
Apprendre à déléguer
Après avoir développé et géré seul Fotostudio pendant un an et demi, assurant le développement, le support et les démonstrations, Anthony Heukmes a dû réapprendre à s’entourer. Il raconte comment il a progressivement construit une petite équipe, composée d’un ancien collaborateur et de quatre photographes, eux-mêmes utilisateurs de l’outil. Il insiste sur l’importance de la confiance, qui se gagne sur le long terme. Il explique son processus pour déléguer, en donnant les accès et les responsabilités de manière graduelle, après des mois d’observation. Cette nouvelle structure, financée par la croissance stable du modèle par abonnement, lui permet de travailler avec plaisir et sans le stress financier de sa précédente entreprise.
Il souligne que ce travail d’équipe lui permet aujourd’hui de faire évoluer le produit plus rapidement et d’être challengé au quotidien.
La liberté comme moteur
L’objectif ultime d’Anthony Heukmes est la liberté. Il illustre ce principe avec une anecdote : il a reporté l’enregistrement de ce podcast d’une journée pour pouvoir partir faire de la planche à voile. Pour lui, cette flexibilité est le fruit de l’investissement fourni dans son projet. Il partage sa méthode pour rester productif sans s’épuiser : se fixer des objectifs hebdomadaires plutôt que quotidiens, et surtout, apprendre à dire non aux nouvelles idées de projets pour rester concentré. Il reconnaît que sa femme joue un rôle essentiel pour maintenir cet équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Cette discipline lui permet de tenir sur la durée et de faire progresser ses projets de manière régulière et durable.
« Ce qui compte, c’est tenir la distance », résume-t-il.
Vendre des produits, pas seulement du temps
Au-delà de son propre parcours, Anthony Heukmes partage sa vision pour les photographes. Selon lui, pour éviter l’épuisement et mieux gagner leur vie, ils ne devraient pas se contenter de vendre leur temps, mais se concentrer davantage sur la vente de produits (albums, tirages). Il cite en exemple le photographe Bernard Audry. C’est une direction qu’il souhaite encourager à travers les futures évolutions de Fotostudio, en développant potentiellement des outils pour faciliter la vente et la présentation de produits aux clients. Il annonce également les prochaines nouveautés de la plateforme : le support multilingue, l’envoi de SMS via les workflows et un module de newsletter, qui sera un ajout payant.
Il conclut en répondant aux questions de la communauté, abordant des sujets comme la possibilité d’une version « light » de Fotostudio ou la gestion des retours utilisateurs.
Pour aller plus loin
- L’interview de Sébastien Roignant sur le podcast d’Anthony Heukmes
- Le site officiel de Fotostudio
- Le podcast “The Mature Dev” d’Anthony Heukmes
- Le podcast de Fotostudio.io
Les références de l’épisode
- Fotostudio.io
- The Mature Dev
- Bernard Audry
- Stan Leloup (Marketing Mania)
- ProSelect
- Hearthstone (jeu vidéo)
- Magic: The Gathering (jeu de cartes)
- Lightroom
- Capture One
- DaVinci Resolve
- Première Pro
- Twitch
Au fil de l’épisode
- La bonne prononciation du nom d’Anthony : « Eukmes ».
- Le pitch de Fotostudio pour les photographes, puis pour des investisseurs.
- L’histoire de sa première société de services informatiques, vendue après huit ans.
- Le déclic lors d’un séjour au ski : la prise de conscience d’un stress insoutenable.
- La genèse de Fotostudio : un projet né pour aider sa femme photographe.
- La méthode pour valider une idée : interviewer ses futurs clients pour comprendre leurs problèmes.
- Le choix du modèle SaaS (Software as a Service) pour viser la liberté et des revenus stables.
- La différence fondamentale entre une entreprise de services et une entreprise de produit.
- Comment Anthony a reconstruit une équipe après avoir tout fait seul pendant un an et demi.
- L’importance de la confiance et de la délégation progressive pour bien s’entourer.
- La raison pour laquelle il a reporté l’enregistrement du podcast : une session de planche à voile.
- Sa philosophie de travail : se fixer des objectifs à la semaine pour garder de la flexibilité.
- L’art de dire non aux nouvelles idées pour rester concentré sur ses projets principaux.
- Le débat sur la spécialisation : pourquoi il est plus efficace de se concentrer sur une niche.
- L’avatar client de Fotostudio : différencier les utilisateurs proactifs de ceux qui ont besoin d’accompagnement.
- L’importance des workflows pour automatiser son activité et exploiter la pleine puissance de l’outil.
- Comment un outil comme Fotostudio renforce l’image professionnelle du photographe.
- La vision d’Anthony : inciter les photographes à vendre des produits pour éviter le burn-out.
- Réponse à la communauté : pourquoi il est essentiel d’écouter les retours des utilisateurs.
- Comment il gère les clients mécontents ou irrespectueux.
- Les futures fonctionnalités annoncées pour Fotostudio : multilingue, SMS et newsletters.
- Le débat sur une éventuelle version « light » de Fotostudio pour les débutants.
- Son jeu vidéo de prédilection : Hearthstone.
FAQ
Qui est Anthony Heukmes ?
Anthony Heukmes est un développeur et entrepreneur, fondateur de l’outil de gestion Fotostudio.io. Avant ce projet, il a dirigé pendant huit ans sa propre société de services informatiques. Il a vendu cette entreprise pour fuir le stress et le modèle économique « temps contre argent », et a créé Fotostudio pour répondre à un besoin concret observé chez sa femme photographe, tout en bâtissant un projet basé sur un modèle par abonnement (SaaS).
Qu’est-ce que Fotostudio.io ?
Fotostudio.io est une plateforme de gestion en ligne conçue spécifiquement pour les photographes professionnels. L’outil a pour but de leur faire gagner du temps sur toutes les tâches administratives et la relation client : gestion des contacts, envoi de devis, signature de contrats en ligne, facturation et automatisation des communications. L’objectif est de permettre aux photographes de se concentrer sur leur cœur de métier, la prise de vue.
Pourquoi Anthony Heukmes a-t-il créé Fotostudio ?
Il a créé Fotostudio après avoir vendu sa première entreprise pour échapper au burn-out. En observant sa femme photographe gérer son activité avec des outils peu adaptés, il a identifié un besoin pour une solution centralisée. Son but était double : aider les photographes à être plus efficaces et construire un modèle d’entreprise (SaaS) lui offrant des revenus récurrents et la liberté de gérer son temps, contrairement à son ancienne société de services.
Quelle est la vision d’Anthony Heukmes pour les photographes ?
Selon lui, les photographes devraient chercher à diversifier leurs revenus pour ne pas dépendre uniquement de la vente de leur temps. Il les encourage à développer la vente de produits physiques comme des albums ou des tirages. Cette approche permet non seulement d’augmenter significativement le chiffre d’affaires par client, mais aussi de travailler moins tout en gagnant mieux, et ainsi de prévenir l’épuisement professionnel sur le long terme.
Comment déléguer efficacement selon Anthony Heukmes ?
Il préconise une approche progressive basée sur la confiance, qui se construit avec le temps. Plutôt que de tout confier d’un coup, il conseille d’observer la fiabilité et la rigueur d’un collaborateur sur plusieurs mois. Les responsabilités et les accès aux outils doivent être accordés petit à petit. Selon lui, il faut accepter de perdre du temps au début pour former quelqu’un, car cet investissement se transforme plus tard en un gain de temps et de liberté pour l’entrepreneur.

Laisser un commentaire