
Maddy Christina photographie des mariages haut de gamme entre l'Europe et le Moyen-Orient, après avoir débuté comme la photographe la moins chère de sa ville près du Luxembourg. De retour dans le podcast de Sébastien Roignant, elle détaille ce qu'elle a appris en treize ans sur la relation client : les fleurs envoyées à la signature, la découverte des images mise en scène, les cadeaux qui ont fait flop. La seconde partie est consacrée au réseau, avec des conseils concrets pour ceux qui, comme l'animateur, redoutent les soirées professionnelles.
Rendre ses clients heureux, une méthode plus qu’un budget
Maddy Christina, photographe de mariage depuis treize ans, revient au micro de Sébastien Roignant pour parler de deux sujets qu’elle enseigne : la relation client et le réseau professionnel. Elle a commencé dans une petite ville près du Luxembourg en se présentant comme la photographe la moins chère du coin, avec un premier mariage à 400 euros. Elle partage aujourd’hui sa vie entre le sud de la France et Dubaï, et photographie des mariages haut de gamme en Europe et au Moyen-Orient. Avant d’entrer dans le vif du sujet, les deux photographes discutent du rapport des Français à l’argent : selon elle, ses clients aux budgets les plus élevés ne sont ni plus ni moins respectueux que les autres, et elle raconte avoir fini un mariage de cinq jours par un câlin collectif avec les mariés autour d’une piscine. Elle met aussi en garde les photographes qui voient Dubaï comme un eldorado : elle n’y a, dit-elle, aucun client, et travaille dans le reste du Moyen-Orient.
Son tarif horaire est le même partout dans le monde, et son livre sur l’expérience client a été écrit quand elle vivait en Moselle, avec une clientèle de milieu de gamme.
Célébrer le oui, surprendre, maîtriser la découverte des images
Son premier mot pour l’expérience client est l’adaptabilité : certains couples veulent être choyés, d’autres ne passent que par leur organisateur de mariage et n’attendent que la livraison des images. Elle raconte ses découvertes : les fleurs envoyées à la signature du contrat, partout dans le monde, qui ont créé un lien fort avec les couples ; les séances de visionnage dans son studio du Luxembourg, avec projection, playlist et champagne, suivies de la vente d’albums ; les photos imprimées chaque soir d’un mariage de cinq jours et rangées dans une boîte gravée. Elle parle aussi de ses ratés : la sculpture en chocolat offerte un jour de 35 degrés, les bouquets coûteux remis à la mariée le jour même, qui passent inaperçus au milieu des autres cadeaux. Pour connaître les goûts de ses couples, elle conseille simplement de demander, ou de faire remplir un questionnaire, puis de noter ces attentions dans un déroulé de travail, comme les courriels automatisés qu’elle programmait dans Studio Ninja en fonction de la date du mariage.
Son conseil de départ tient en trois étapes : célébrer le oui, offrir une attention personnalisée qui ne coûte pas forcément cher, et contrôler la manière dont le couple découvre ses images. « Il faut que ça reste dans le domaine de ce qui t’amuse de faire », insiste-t-elle.
L’anglais, passage obligé pour monter en gamme
La conversation glisse vers les anglicismes de Maddy Christina, qui travaille en anglais au quotidien. Elle raconte son premier mariage avec un couple de Suédois qui ne parlait pas français, qui lui ont demandé de cesser de s’excuser pour son anglais hésitant. Pour elle, viser une clientèle très haut de gamme suppose de s’ouvrir à une clientèle internationale, donc à l’anglais. Sébastien Roignant raconte de son côté ses conférences en anglais devant un public international. Les deux photographes débattent ensuite de la place des images dans le choix d’un photographe : lui estime qu’elles pèsent environ 20 % de la décision, le reste tenant à la personnalité et au service ; elle observe que des mariées de plus en plus nombreuses savent exactement quelles images elles veulent, certaines pour être publiées dans la presse.
Sébastien Roignant, dont les clients viennent surtout de sa chaîne YouTube, décrit la séance avant le mariage qu’il impose à ses couples depuis 2012.
Faire du réseau quand on est introverti
Le second sujet est le réseau professionnel, que Sébastien Roignant, qui se dit timide et introverti, redoute. Le premier conseil de Maddy Christina : avant de dépenser de l’argent dans un événement, mettre de l’ordre dans son site, sa cible, son message et sa valeur perçue, car « on n’a qu’une occasion de faire une bonne impression ». Pour se constituer un portfolio adapté à la clientèle visée, elle raconte une séance réalisée au Plaza Athénée à Paris avec un couple croisé par hasard, des fleurs récupérées chez une fleuriste et des robes déjà portées : elle dit n’avoir payé qu’une coupe de champagne. Elle décrit ses propres débuts de jeune femme très timide, et la manière dont elle a préparé une photographe qu’elle accompagne avant un événement : des phrases d’introduction écrites à l’avance et un défi, tenir une conversation entière sans parler de soi.
Elle compare les clubs et rencontres du secteur du mariage, RSVP, Engage et DWP, et rappelle que, selon le dirigeant de RSVP qu’elle a interviewé, le réseau commence quand les conférences s’arrêtent.
Entretenir ses contacts et investir dans un mentor
Pour aborder un organisateur de mariage hors événement, elle conseille de chercher une connaissance commune ou un point commun : elle a ainsi noué des relations en réagissant aux photos de chiens publiées par des professionnels. Elle a cessé d’envoyer des cadeaux de Noël aux organisateurs, devenus trop nombreux pour être remarqués. Ses contacts tiennent dans un fichier Notion qu’elle appelle le « Little Black Book », classés par couleur du plus proche au plus indésirable, et qu’elle relit régulièrement pour relancer chacun. Elle présente enfin sa formation en ligne, The Full Method, en anglais avec des sous-titres en français, qui couvre le matériel, la pose, le marketing, le réseau, la vente et la post-production, et dont le lancement officiel est annoncé au 12 janvier. Elle raconte aussi son passage d’une focale fixe de 50 mm à un zoom 24-70 et son envie d’une image plus éditoriale et plus joyeuse.
Son dernier conseil : se faire accompagner par un mentor, car elle en a un elle-même, et sa mentore aussi. Elle dit qu’une formation coûteuse suivie à ses débuts lui a été remboursée par un seul mariage.
Maddy Christina nous recommande…
- « Influence et manipulation », un livre qu’elle cite pour le principe de réciprocité : quand on donne quelque chose, l’autre se sent souvent tenu de rendre.
Pour aller plus loin
- Le site de Maddy Christina
- MC Education sur Instagram
- Maddy Christina Photo sur Instagram
- Maddy Christina sur Facebook
- La formation The Full Method
- La formation Le Grand Saut
- Le Mail, la lettre du Guide du Photographe de Mariage
- Le site photo de mariage de Sébastien Roignant
Les références de l’épisode
- The Full Method : formation en ligne de Maddy Christina pour les photographes de mariage.
- MC Education : la partie de son activité consacrée à la formation des photographes.
- Coco Spark : son agence de marketing qui accompagne les entrepreneurs vers le marché du luxe, et sa chaîne YouTube.
- Studio Ninja : logiciel de gestion avec déroulés de travail et courriels automatiques.
- Dreambooks Pro : son fournisseur d’albums.
- Notion : l’outil où elle tient son « Little Black Book » de contacts.
- RSVP : club de rencontres professionnelles du secteur du mariage.
- Engage : événement international de rencontres du secteur du mariage.
- DWP (Destination Wedding Planner) : rencontres où l’on croise peu de photographes.
- FFPMI : organisation qui tient des soirées professionnelles, citée par Sébastien Roignant.
- Plaza Athénée : l’hôtel parisien où elle a réalisé une séance pour son portfolio.
- Le Grand Saut : la formation de Sébastien Roignant, dont une nouvelle version est annoncée pour 2026.
Au fil de l’épisode
- 00:00:00 : présentation de l’épisode, relation client et réseau
- 00:02:36 : l’ambition de Maddy Christina, transmettre son expérience
- 00:03:56 : treize ans de mariages, du Luxembourg au Moyen-Orient
- 00:08:47 : les Français et l’argent, les a priori sur le luxe
- 00:15:01 : refuser un client qui manque de respect
- 00:19:12 : un tarif horaire identique partout dans le monde
- 00:20:31 : Dubaï n’est pas un eldorado pour les photographes
- 00:21:38 : l’adaptabilité, premier principe de l’expérience client
- 00:22:30 : la machine laser et les surprises personnalisées
- 00:24:59 : imprimer des photos le soir du mariage
- 00:28:19 : la découverte des images au studio du Luxembourg
- 00:32:48 : les fleurs envoyées à la signature du contrat
- 00:36:01 : la sculpture en chocolat et autres ratés
- 00:39:59 : demander, ou faire remplir un questionnaire
- 00:41:02 : les courriels automatisés de Studio Ninja
- 00:43:17 : une séance grossesse pour une ancienne mariée
- 00:47:52 : retenir chaque couple grâce aux groupes WhatsApp
- 00:52:16 : l’enregistrement des rendez-vous et l’intelligence artificielle
- 01:01:50 : monter en gamme impose de parler anglais
- 01:05:06 : la place des photos dans le choix d’un photographe
- 01:16:08 : trois étapes pour améliorer son expérience client
- 01:19:38 : la séance avant le mariage de Sébastien Roignant
- 01:24:58 : le réseau quand on est introverti
- 01:27:30 : être irréprochable avant d’aller réseauter
- 01:31:15 : une séance au Plaza Athénée pour presque rien
- 01:38:35 : des phrases toutes prêtes pour un événement
- 01:42:16 : RSVP, Engage et DWP
- 01:49:12 : la fin des cadeaux de Noël aux organisateurs
- 01:51:21 : le Little Black Book
- 02:05:12 : aborder quelqu’un hors événement
- 02:10:51 : la formation The Full Method
- 02:17:30 : du 50 mm au 24-70
- 02:20:33 : une photo de mariée devant un piano
- 02:22:01 : vers une image plus éditoriale et plus fun
- 02:25:41 : investir dans un mentor
- 02:29:24 : où retrouver Maddy Christina
FAQ
Qui est Maddy Christina ?
Maddy Christina est photographe de mariage depuis treize ans. Elle a débuté près du Luxembourg avec des prestations à petit prix, puis s’est tournée vers des mariages haut de gamme en Europe et au Moyen-Orient. Elle vit entre le sud de la France et Dubaï, accompagne des entrepreneurs en mentorat et lance une formation en ligne pour photographes de mariage.
Comment Maddy Christina améliore-t-elle l’expérience de ses clients ?
Elle commence par s’adapter à ce que chaque couple attend, puis célèbre la signature du contrat en faisant livrer des fleurs, prépare des attentions personnalisées à partir de ce que les mariés lui ont confié, et cherche à contrôler le moment où ils découvrent leurs images, autrefois lors de projections dans son studio, avec musique et champagne.
Pourquoi préparer son image avant de faire du réseau ?
Selon Maddy Christina, la première question posée lors d’une rencontre professionnelle porte souvent sur le compte Instagram du photographe. Un site pas à jour, une cible floue ou des prix incohérents grillent la seule occasion de faire bonne impression. Elle conseille donc de clarifier sa cible, son message et sa valeur perçue avant d’investir dans un événement.
Qu’est-ce que le Little Black Book de Maddy Christina ?
C’est un fichier Notion où elle range tous ses contacts professionnels, avec leurs coordonnées et un code couleur : vert pour les proches à entretenir, orange pour les relations moins suivies, rouge et noir pour les personnes à éviter. Elle le consulte régulièrement pour relancer chacun par un message simple et garder le lien.
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