
Mégane Perrin a été photographe de presse pour Le Républicain lorrain avant de tomber, presque malgré elle, dans la photographie de mariage. Reçue par Sébastien Roignant dans Le Guide du Photographe de Mariage, elle raconte un premier mariage détesté, celui de son frère qui a tout changé, et son refus d'être rangée dans une case de style. L'entretien, souvent contradictoire, aborde aussi son projet de changer de statut, ses campagnes publicitaires sur Meta, la définition de son client cible et l'organisation qu'impose une endométriose.
De la presse locale au reportage de mariage
Mégane Perrin, photographe de mariage installée entre la Moselle et l’Alsace, répond pendant plus de deux heures aux questions de Sébastien Roignant. Ancienne photographe de presse, pigiste pour Le Républicain lorrain de 2017 à 2020, elle raconte avoir détesté son premier mariage, celui d’une cousine il y a dix ans : appareil en mode automatique, déroulé « millimétré, militaire », peur de manquer un moment. Elle refuse plusieurs demandes ensuite. Le déclic vient en juillet 2021, au mariage civil de son frère, que la crise sanitaire prive de prestataires : son frère et sa belle-sœur lui laissent carte blanche, elle aborde la journée comme un reportage et y retrouve ce qu’elle aimait dans la presse, saisir le vrai moment. Elle se déclare à son compte le 1er juillet 2021, photographie le mariage de son frère le lendemain et signe son premier client en septembre, pour une mairie facturée 150 euros.
Un ami photographe la pousse alors à monter ses tarifs à chaque nouveau contrat, ce qu’elle applique encore. Sébastien Roignant distingue de son côté le photographe qui se brade par manque de confiance de celui qui accepte des prix bas pour constituer son book.
Refuser les cases sans renoncer à un style
Une bonne part de l’échange porte sur le style. Mégane Perrin se définit comme une artiste qui s’est un temps perdue dans une posture d’artisan, en faisant ce qui se vend plutôt que ce qu’elle aime, et qui en est revenue. Elle ne veut pas qu’on la range dans une case (on lui colle souvent l’étiquette « moody green ») et décrit un univers fait de nature, de verdure, de montagne et de fantaisie, qui évolue avec elle et avec les saisons. Sébastien Roignant la pousse dans ses retranchements : les mots « émotion » et « bienveillance » sont, selon lui, devenus vides à force d’être employés par tous les photographes. Elle finit par formuler sa vision : « il y a du beau même là où on ne le trouve pas ». Exemples à l’appui : une accolade entre une mariée et sa grand-mère, une médaille de famille, une main posée pendant une cérémonie en mairie, un rayon de lumière dans un château de Savoie un jour d’averses.
Pour elle, photo de presse et photo de mariage se rejoignent : beaucoup d’observation, se faire oublier, raconter une histoire, avec cette différence qu’un mariage se raconte en une série d’images.
Une santé qui impose son organisation
Mégane Perrin évoque son endométriose sévère, diagnostiquée en 2023 après quinze ans de douleurs, une maladie inflammatoire aggravée par le stress. Consultante en recrutement en parallèle de la photo, elle quitte son CDI en suivant son conjoint en Alsace et vit depuis un an et demi de la photographie seule. Elle dit avoir aujourd’hui beaucoup moins de douleurs, au point d’affirmer que son métier l’a « sauvée » de sa maladie. Sa clé : l’organisation. Plusieurs rendez-vous avec les mariés en amont, une fiche détaillée pour chaque mariage, une semaine qui commence le mardi (le lundi reste un jour pour elle et sa famille), la gestion administrative le matin, la retouche l’après-midi, les séances de couple ou de famille en soirée pour la lumière.
Elle explique aussi comment elle évite l’isolement du travail en indépendant : un réseau d’amis photographes, rencontrés notamment par un message posté dans un groupe à son arrivée en Alsace.
Statut, publicité Meta et client cible pour viser 40 000 euros
Après environ 20 000 euros de chiffre d’affaires prévus pour 2025, une année ralentie par sa santé, elle vise 40 000 euros en 2026, avec au moins dix mariages (six sont déjà signés) et un panier moyen qu’elle veut porter d’environ 1 060 à 2 000 euros. Elle hésite entre entreprise individuelle au réel et SASU. Sébastien Roignant démonte certains arguments : les seuils de TVA sont les mêmes quel que soit le statut, et des frais de déplacement tiennent largement dans l’abattement forfaitaire de la micro-entreprise. Il retient en revanche la meilleure protection sociale et la crédibilité auprès des banques. Côté prospection, elle refait elle-même son site en se formant au référencement naturel, compte sur le bouche-à-oreille et le milieu associatif (elle est chargée de communication d’un festival de musique en Moselle, qui lui a déjà apporté deux mariages pour 2026), et sur des campagnes Meta : un test de 20 euros sur trois jours lui a apporté cinq contacts et un rendez-vous.
L’animateur l’interroge longuement sur son client cible, qu’elle décrit comme un couple d’environ 35 ans, ensemble depuis au moins cinq ans, souvent parents, amateur de concerts et de voyages, et l’invite à suivre une méthode plutôt que de tout apprendre seule.
Pour aller plus loin
- Le site de Mégane Perrin
- Mégane Perrin sur Instagram
- Mégane Perrin sur Facebook
- Le site photo de Sébastien Roignant
- Le livre de Sébastien Roignant, Photographe de mariage pour le meilleur et pour le pire
Les références de l’épisode
- Le Républicain lorrain : quotidien régional pour lequel Mégane Perrin a été photographe pigiste de 2017 à 2020.
- Sigma Art 85 mm : son objectif préféré, pour son piqué et sa grande ouverture.
- Zoom 35-150 mm : son second objectif, monté sur un deuxième boîtier pour ne pas changer d’optique pendant un mariage.
- Meta Ads : la régie publicitaire d’Instagram et Facebook, qu’elle utilise pour ses campagnes.
- Le Grand saut : la formation de Sébastien Roignant, citée dans l’épisode.
- Wilfred : série recommandée par Sébastien Roignant, avec Elijah Wood, créée par Jason Gann.
- Pierre Richard : l’acteur auquel Mégane Perrin se compare pour son goût des pitreries pendant les séances.
Au fil de l’épisode
- 00:02:07 : la présentation de Mégane Perrin en quelques secondes
- 00:03:28 : se présenter avant les futurs mariés pour briser la glace
- 00:08:26 : artiste ou artisan, et pourquoi elle est revenue vers l’artiste
- 00:10:38 : ne pas vouloir rester dans une case de style
- 00:14:45 : du rejet du mariage à la photographie de reportage
- 00:22:00 : un rayon de lumière dans un château de Savoie
- 00:24:09 : le premier mariage détesté, celui d’une cousine
- 00:27:13 : le mariage de son frère en 2021, une révélation
- 00:31:38 : l’installation à son compte et un premier client à 150 euros
- 00:38:25 : bouche-à-oreille et milieu associatif pour trouver des mariages
- 00:41:14 : six mariages signés pour 2026 et un panier moyen de 1 060 euros
- 00:43:03 : changer de statut, entreprise individuelle au réel ou SASU
- 00:52:31 : quitter un CDI rassurant
- 00:56:36 : l’endométriose et le métier de photographe
- 01:05:37 : une semaine organisée qui commence le mardi
- 01:08:11 : refaire son site et lancer des campagnes Meta
- 01:12:42 : définir son client cible
- 01:22:21 : la gestion des réseaux sociaux et les coulisses
- 01:30:09 : conseils pour une campagne publicitaire sur Meta
- 01:38:14 : se former au référencement naturel
- 01:41:27 : se former seule ou suivre une méthode
- 01:53:32 : ce qui rapproche la photo de presse et la photo de mariage
- 02:00:05 : son objectif préféré et sa configuration de boîtiers
- 02:03:23 : le mariage d’une mariée qui avait perdu la vue
- 02:08:10 : ses objectifs à cinq ans
FAQ
Qui est Mégane Perrin ?
Mégane Perrin est une photographe de mariage basée entre la Moselle et l’Alsace. Ancienne pigiste pour Le Républicain lorrain de 2017 à 2020, elle s’est mise à son compte en juillet 2021 et vit uniquement de la photographie depuis un an et demi. Elle dit avoir réalisé une trentaine de mariages depuis 2021 et aborde la journée comme un reportage.
Pourquoi Mégane Perrin veut-elle changer de statut ?
Elle hésite entre l’entreprise individuelle au réel et la SASU pour 2026, année où elle vise 40 000 euros de chiffre d’affaires. Elle avance la déduction de ses frais, la protection sociale et la crédibilité auprès des banques. Sébastien Roignant rappelle que les seuils de TVA ne dépendent pas du statut et que seuls les deux derniers arguments sont décisifs.
Comment Mégane Perrin utilise-t-elle la publicité Meta ?
Elle conseille de lancer une campagne plutôt que de sponsoriser un seul post, avec plusieurs formats, et de définir son client cible avant de régler le ciblage par âge, centres d’intérêt et localisation. Un premier test de 20 euros sur trois jours, renvoyant vers son formulaire de contact, lui a apporté cinq contacts et un rendez-vous.
Comment concilier endométriose et photographie de mariage selon Mégane Perrin ?
Selon elle, la clé est l’organisation pour réduire le stress, qui aggrave la maladie : plusieurs rencontres avec les mariés en amont, une fiche détaillée par mariage, des journées découpées entre administratif, retouche et séances. Depuis qu’elle a quitté son emploi salarié, elle dit avoir beaucoup moins de douleurs et être suivie dans un grand centre à Strasbourg.
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