
Florian Fauvarque, photographe de mariage éco-responsable près de Grenoble, a mené pendant cinq ans une vingtaine de mariages par saison en parallèle d'un emploi de développeur à plein temps. Reçu par Sébastien Roignant dans le Guide du Photographe de Mariage, il revient sur chaque étape. Sa charte écologique, ses cinq alternants et ce qu'ils lui ont coûté, le best-of qu'il montre aux mariés au dessert, ses assistants d'intelligence artificielle et le surmenage de 2025, qui précède sa rupture conventionnelle.
Du club photo au grand saut
Dans cet épisode du Guide du Photographe de Mariage, Sébastien Roignant reçoit Florian Fauvarque, photographe de mariage éco-responsable installé à Grenoble, qui a mené pendant cinq saisons une activité de photographe en parallèle d’un emploi à plein temps de développeur informatique. L’entretien, enregistré début février 2026, suit son parcours année par année, de ses débuts à sa rupture conventionnelle, et aborde des sujets rarement traités ensemble : l’embauche d’alternants, l’usage de l’intelligence artificielle, la remise d’un best-of le soir du mariage et le surmenage. Florian Fauvarque raconte avoir découvert ce qui le fait « vibrer » dans un club photo grenoblois d’une centaine d’adhérents : l’humain et le reportage, plutôt que le paysage. Le déclic vient en photographiant, en simple invité, les mariages d’amis et de cousins. Il crée sa société en 2019 et suit la toute première version de la formation Le Grand Saut. L’année 2020, presque blanche à cause du Covid, lui sert à se former et à préparer son site. Il reconnaît être resté bloqué six mois sur les textes de sa page de vente, au point de faire appel à une rédactrice.
C’est en travaillant ces textes qu’il choisit d’affirmer son engagement écologique et de se positionner sur le mariage éco-responsable à Grenoble.
Un photographe de mariage éco-responsable
Florian Fauvarque détaille sa charte : il se rend aux mariages grenoblois à vélo (et désormais en voiture électrique), ne prend jamais l’avion pour une prestation, refuse les mariages à destination et ne travaille qu’en Rhône-Alpes. Ses livres et tirages sont imprimés localement et récupérés à vélo, ses devis et contrats sont dématérialisés, et il reverse 1 % de ce que lui versent ses mariés à une association qu’ils choisissent. Il admet devoir retirer de sa charte la mention d’un matériel entièrement d’occasion : il travaille aujourd’hui avec des Canon R5 Mark II et R6 Mark III achetés neufs, après avoir revendu ses anciens boîtiers. Pour lui, un mariage éco-responsable est d’abord un mariage local, sans gâchis, avec des prestataires proches et engagés. Il joue souvent un rôle proche de celui d’un organisateur : rendez-vous de préparation, groupe WhatsApp avec les mariés, conseils sur la vaisselle réutilisable, les déplacements ou l’entrée des mariés à vélo lors d’une cérémonie laïque.
Quand des mariés se montrent indifférents à l’écologie et que le courant ne passe pas, il préfère les orienter vers un confrère.
Former, déléguer : l’expérience des alternants
Dès septembre 2021, après une première saison de dix mariages, Florian Fauvarque embauche une alternante en photographie, ce qui l’oblige à passer de la micro-entreprise au régime réel. Depuis, il a accueilli cinq alternants et presque autant de stagiaires, surtout issus de BTS photo. Il leur confie le post-traitement (après son propre tri et un premier passage par un outil de retouche par intelligence artificielle), l’animation de son compte Instagram et la mise en page de pages de son site. Il donne des chiffres : son alternante lui coûtait environ 300 euros par mois la première année après les aides de l’État, et près de 1 000 euros la seconde. Son bilan est nuancé : une fois sur deux, il passe plus de temps à former et à corriger qu’il n’en gagne. Il conseille plutôt aux photographes débordés de confier des missions ponctuelles à des confrères indépendants, et met en garde contre l’idée de remplacer un salarié formé par un alternant. Florian Fauvarque se forme aussi sans cesse, avec deux à trois ateliers par an, d’où il a tiré la photographie de soirée en pose longue avec flash, des expositions multiples en séance couple et des galeries plus resserrées.
Il a aussi fondé un groupe d’entraide entre photographes de la région grenobloise, qui réunit aujourd’hui une trentaine de membres.
Best-of le soir même, IA et surmenage
Signe distinctif de ses prestations, Florian Fauvarque montre aux mariés, au moment du dessert, un best-of de 60 à 80 images sur iPad. Il marque les photos prometteuses sur le boîtier pendant la journée, les trie et les post-traite pendant le repas, quitte à « manger froid », puis livre le dimanche soir une centaine d’images qui racontent toute la journée. Il utilise largement l’intelligence artificielle : des assistants ChatGPT personnalisés, nourris de ses textes, de ses mots-clés et des avis de ses clients, rédigent un premier jet de ses articles de blog hebdomadaires et de ses légendes Instagram, qu’il relit paragraphe par paragraphe. Mais la saison 2025, avec plus de vingt mariages en plus de son emploi, le mène au surmenage : journées de 14 heures, fatigue que le sommeil ne répare plus, migraines. Il en tire une leçon : il aurait dû prévenir ses mariés et décaler certaines livraisons. Sa rupture conventionnelle, préparée depuis un an, lui permet de créer une seconde société de développement et de conseil en référencement.
Son objectif pour 2026 : rendre cette nouvelle activité rentable, alors que la photographie de mariage lui a rapporté 50 000 euros de chiffre d’affaires l’an dernier.
Pour aller plus loin
- Site de Florian Fauvarque
- Florian Fauvarque sur Instagram
- Florian Fauvarque sur Facebook
- La formation Le Grand Saut
- Sébastien Roignant sur Instagram
- Site de Sébastien Roignant
Les références de l’épisode
- Le Grand Saut : formation de Sébastien Roignant pour devenir photographe de mariage, suivie par l’invité dès 2019.
- « Photographe de mariage pour le meilleur et pour le pire », Sébastien Roignant : livre de l’animateur, cité dans la description.
- Canon R5 Mark II et R6 Mark III : boîtiers actuels de Florian Fauvarque.
- Canon 28-70 mm f/2.8 : son objectif favori en reportage.
- Topaz : logiciel d’intelligence artificielle utilisé pour rattraper des photos légèrement floues.
- ChatGPT : outil d’intelligence artificielle qu’il utilise pour ses articles de blog et ses légendes.
- Mariages.net : site d’annonces d’où viennent une partie de ses demandes.
- SPA : association pour laquelle il réalise régulièrement des séances photo.
Au fil de l’épisode
- 00:02:20 : la présentation de Florian Fauvarque, photographe de mariage éco-responsable
- 00:04:58 : le virus de la photographie et le club photo de Grenoble
- 00:07:51 : le déclic des mariages d’amis
- 00:09:41 : développeur à plein temps et photographe en parallèle
- 00:11:41 : se former avant de se lancer, l’année Covid
- 00:14:35 : six mois bloqué sur les textes de son site
- 00:23:53 : la charte éco-responsable
- 00:31:19 : ce qu’est un mariage éco-responsable
- 00:33:19 : impressions locales, dons et matériel
- 00:40:23 : des mariés pas toujours sensibles à l’écologie
- 00:45:50 : la première vraie saison, en 2021
- 00:47:19 : l’importance de la formation continue
- 00:50:22 : soirée en pose longue et tri des galeries
- 00:58:01 : les expositions multiples en séance couple
- 01:01:54 : l’embauche d’une première alternante
- 01:06:40 : cinq alternants, bilan et coûts
- 01:14:49 : alternants ou indépendants, que conseiller ?
- 01:18:32 : la cabine photo, défi de 2023
- 01:20:56 : le best-of montré le soir du mariage
- 01:33:29 : le groupe d’entraide entre photographes grenoblois
- 01:40:52 : référencement et assistants d’intelligence artificielle
- 01:46:43 : 2025, l’année du surmenage
- 01:52:02 : la rupture conventionnelle et la seconde société
- 01:56:48 : les objectifs de 2026
- 01:59:10 : les questions de fin, objectif favori et photo marquante
FAQ
Qui est Florian Fauvarque ?
Florian Fauvarque est un photographe de mariage éco-responsable basé à Grenoble, qui ne travaille qu’en Rhône-Alpes. Il a créé sa société en 2019 et a longtemps photographié une vingtaine de mariages par an tout en étant développeur informatique salarié. En 2026, après une rupture conventionnelle, il a créé une seconde société de développement et de conseil en référencement.
Embaucher un alternant quand on est photographe de mariage, est-ce rentable ?
Selon Florian Fauvarque, pas toujours. Son alternante lui coûtait environ 300 euros par mois la première année après les aides, puis près de 1 000 euros. Une fois sur deux, le temps passé à former et à corriger dépasse le temps gagné. Il recommande plutôt de confier des missions ponctuelles à des photographes indépendants.
Comment montrer des photos aux mariés le soir même du mariage ?
Florian Fauvarque marque d’une étoile les images prometteuses au dos du boîtier pendant la journée, copie uniquement celles-ci pendant le repas, fait un tri rapide, applique un premier traitement par intelligence artificielle puis retouche une demi-heure. Il montre 60 à 80 photos sur iPad au dessert, et envoie le dimanche soir une centaine d’images.
Qu’est-ce qu’un photographe de mariage éco-responsable ?
Pour Florian Fauvarque, c’est un photographe qui limite ses déplacements (vélo, voiture électrique, jamais d’avion pour une prestation), travaille localement, fait imprimer près de chez lui, dématérialise ses documents et reverse 1 % de ses revenus de mariage à une association choisie par les mariés. Il conseille aussi ses clients pour un mariage sans gâchis.
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