Un parcours sinueux
Avant de s’épanouir dans la photographie, Vanessa Flore Madec a connu un parcours d’études qu’elle qualifie de « chaotique ». Après un bac littéraire, elle s’oriente par défaut vers un BTS en commerce international, attirée par la perspective de voyager. Cette formation la conduit à Dublin, mais ne la passionne pas. Elle explore ensuite l’infocommunication et la documentation, toujours en quête d’une voie qui lui corresponde, mais le désir de créer des images reste une constante. Pendant ses cours, elle passe plus de temps à retoucher des photos qu’à écouter. C’est finalement à Toulouse, après avoir déménagé de sa Bretagne natale, qu’elle trouve le déclic. L’impossibilité financière d’intégrer une école de photo la pousse à rejoindre une association, Poussière d’Images, où elle rencontre d’autres passionnés. Poussée par un ami, elle se lance comme professionnelle en 2014, à 24 ans.
« J’étais étudiante, j’avais rien à perdre en fait. […] Financièrement, j’avais rien à perdre et j’avais tout à y gagner en termes de bonheur. »
Se trouver par l’autoportrait
Vanessa Flore Madec raconte que sa timidité était un frein majeur à ses débuts. Peur du jugement, difficulté à exprimer ses envies créatives, elle n’osait pas diriger des modèles. Elle a donc commencé par se photographier elle-même, avec les moyens du bord. L’autoportrait est devenu pour elle un outil de réconciliation avec son image et un puissant levier de développement personnel. En passant de l’autre côté de l’objectif, elle a appris à mieux guider ses clients, comprenant intimement ce qu’ils peuvent ressentir. C’est un exercice qui lui permet d’explorer différentes facettes de sa personnalité, comme une actrice incarnerait un rôle, sans personne pour la juger.
« Le fait de faire des autoportraits, on se réconcilie avec soi-même. Ça permet d’accepter certaines choses et ça permet aussi de se voir sous différentes facettes. »
Forger un style unique
Loin de vouloir se fondre dans la masse, Vanessa Flore Madec a toujours cherché à se différencier. Son univers visuel, sombre et pictural, puise ses racines dans ses grandes passions : la peinture, avec des artistes comme Turner, et surtout le cinéma. Elle cite des réalisateurs à l’esthétique forte comme David Lynch, Jean-Pierre Jeunet, Stanley Kubrick ou encore Wes Anderson. Pour elle, trouver son style n’est pas une question de suivre une mode, mais le résultat d’une introspection profonde. Elle encourage à se questionner sur ses propres goûts, sur ce qui a bercé son enfance, pour faire émerger une signature authentique. Ce cheminement l’a amenée à faire un choix radical : abandonner le style « fine art » pastel qu’elle livrait à ses débuts pour assumer pleinement l’esthétique plus sombre qui correspondait à son travail personnel.
« Si tout le monde se posait des questions sur qui on est vraiment, qu’est-ce qui nous inspire, […] ça permettrait en plus de l’exprimer dans ce qu’on fait, plutôt que finalement, recopier des choses qui ne nous inspirent pas. »
Une vision artistique assumée
La singularité du travail de Vanessa Flore Madec repose sur une lecture particulière de la lumière et un post-traitement très marqué, caractérisé notamment par des blancs teintés de bleu. Elle explique que son but n’est pas de coller à la réalité, mais de proposer une vision artistique de la journée de ses clients. Cette approche clivante lui permet d’attirer des couples qui partagent son univers, souvent des créatifs ou des personnes sensibles à l’image, avec qui elle peut échanger sur leurs films ou séries préférés. Après avoir vécu trois ans à Hambourg, elle est aujourd’hui installée à Toulouse mais continue de se déplacer partout en Europe. Son style très personnel rend le bouche-à-oreille classique moins efficace, mais lui assure une clientèle qui la choisit pour ce qu’elle est, et non par hasard.
« Mon but, c’est vraiment de donner un côté artistique en fait à leur journée, à avoir une vision et à partager ma vision avec eux. »
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Personnes : Chloé Volmerlot, Franck Boutonnet, David Lynch, Jean-Pierre Jeunet, Wes Anderson, Stanley Kubrick, Quentin Tarantino, J.M.W. Turner, Simon Sinek, Éric René Tenoy, David Mazot, Sebastião Salgado, Julie de Varroquet.
- Œuvres : Oldboy, Cliffhanger, Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, Un long dimanche de fiançailles, Twin Peaks, Shining.
- Lieux : Toulouse, Hambourg (Allemagne), Dublin (Irlande), Bretagne (Morbihan, Vannes, Lorient, Rostrenen, Rennes).
- Organisations et marques : ETPA (école de photo), Poussière d’Images (association photo), Adobe, F/1.4, Copyscape, Siteliner, ThemeForest, Squarespace, Nikon.
Au fil de l’épisode
- Présentation de Vanessa, photographe bretonne installée à Toulouse après un passage à Hambourg.
- Son « elevator pitch » : offrir des photos uniques avec une vision artistique.
- Son parcours d’études chaotique, entre commerce international, infocom et documentation.
- La photographie, une passion qui l’a toujours accompagnée en arrière-plan.
- La décision de tout arrêter pour se lancer dans la photo, sans filet.
- Comment ses études l’ont surtout aidée à grandir en tant que personne.
- L’anecdote de ses 250 appels pour trouver un stage, une première étape dans la reconquête de l’estime de soi.
- L’importance de bien s’entourer pour rester motivé.
- Le recours à l’autoportrait pour vaincre sa timidité et la peur du jugement.
- Comment l’autoportrait permet de mieux comprendre et guider ses modèles.
- L’expérience contre-intuitive d’un retour vidéo qui bloque sa créativité.
- La construction d’une relation de confiance avec ses clients.
- Le développement de son style très affirmé, loin des modes.
- Ses influences principales : le cinéma (Lynch, Jeunet, Kubrick) et la peinture (Turner).
- L’introspection comme clé pour trouver sa propre voix artistique.
- La transition entre un style « fine art » pour ses clients et son style personnel plus sombre.
- Sa technique à la prise de vue, basée sur la lecture de la lumière.
- Sa retouche signature, notamment le traitement des blancs.
- Le profil de ses clients, souvent des créatifs qui partagent ses références.
- Comment elle est trouvée : Instagram, les lieux de réception et Google.
- Pourquoi le bouche-à-oreille fonctionne différemment pour un style de niche.
- Son expérience de photographe à Hambourg.
- Sa gamme de tarifs pour les mariages.
- Son passage de WordPress à Squarespace pour des raisons de référencement.
- Son projet de studio photo et le projet artistique « Floraison » sur l’acceptation de soi.
- L’utilité de Pinterest comme point de contact supplémentaire.
- Ses objectifs préférés : le 50 mm et le 35 mm.
- Un de ses moments préférés en mariage : une cérémonie improvisée sur un bateau dans le port de Hambourg.
- Ses ambitions pour l’avenir : moins de mariages mais plus personnalisés, et développer son activité de portrait en studio.
FAQ
Qui est Vanessa Flore Madec ?
Vanessa Flore Madec est une photographe professionnelle spécialisée dans le mariage, le portrait et la famille. Originaire de Bretagne et désormais installée à Toulouse après avoir vécu à Hambourg, elle est reconnue pour son style visuel très personnel et affirmé. Après un parcours d’études en commerce et communication, elle s’est lancée dans la photographie en 2014, trouvant dans cette voie un moyen d’expression et d’épanouissement.
Quel est le style photographique de Vanessa Flore Madec ?
Le style de Vanessa Flore Madec est souvent décrit comme sombre, cinématographique et pictural. Elle ne cherche pas à reproduire la réalité mais à offrir une interprétation artistique et émotionnelle des moments qu’elle capture. Ses images se caractérisent par un travail sur la lumière inspiré de la peinture et un post-traitement très personnel, avec des teintes chaudes et des blancs souvent teintés de bleu, créant un univers visuel unique et cohérent.
Pourquoi Vanessa Flore Madec a-t-elle commencé l’autoportrait ?
Vanessa Flore Madec a commencé l’autoportrait pour surmonter sa grande timidité et sa peur du jugement, qui l’empêchaient de diriger des modèles à ses débuts. C’est devenu pour elle un espace de liberté créative et un outil de développement personnel. Cette pratique lui a permis de se réconcilier avec son image, d’explorer différentes facettes de sa personnalité et de mieux comprendre ce que l’on ressent de l’autre côté de l’objectif.
Quelles sont les principales influences de Vanessa Flore Madec ?
Les influences de Vanessa Flore Madec sont principalement issues du cinéma et de la peinture. Elle cite des réalisateurs à l’univers visuel fort comme David Lynch, Jean-Pierre Jeunet, Stanley Kubrick ou Wes Anderson. En peinture, elle est particulièrement sensible au travail sur la lumière d’artistes comme J.M.W. Turner. Ces inspirations nourrissent son esthétique et sa manière de composer ses images pour leur donner une dimension narrative et artistique.
Comment Vanessa Flore Madec a-t-elle développé son style si personnel ?
Elle a développé son style en alignant son travail professionnel sur son univers personnel. Au début, elle livrait des photos dans un style plus classique, mais s’est rendu compte que cela ne lui correspondait pas. Suite à une introspection sur ses goûts profonds et ses inspirations, elle a décidé d’assumer pleinement son esthétique plus sombre et cinématographique pour ses clients, ce qui lui a permis de créer une œuvre cohérente et d’attirer des personnes qui partagent sa vision.

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