Portrait de la photographe Chloé Vollmer-Lo, invitée du podcast Le Guide du Photographe de Mariage

Se faire connaitre grâce à un seul événement – Chloé Vollmer-Lo

L’empathie comme boussole

Chloé Vollmer-Lo se définit comme une photographe qui aime mettre en image les gens peu habitués à l’objectif. Pour elle, la clé d’un portrait ou d’un reportage réussi réside dans l’empathie. Avant chaque séance, elle cherche à comprendre les attentes de ses clients pour adapter sa présence et sa manière de travailler. Cette approche lui permet de créer un climat de confiance essentiel pour obtenir des clichés sincères. Elle oppose cette vision à celle des photographes qui « prennent » une image, parfois en mettant mal à l’aise leur sujet. Elle raconte avoir été marquée par les témoignages d’auteurs traumatisés par un photographe qui cherchait à voler un instant de gêne. « Je trouvais ça beaucoup plus intéressant de les accompagner et de les convaincre et de faire ça ensemble en confiance », explique-t-elle.

Cette philosophie du don et de l’accompagnement est devenue la pierre angulaire de sa pratique, que ce soit pour un portrait d’auteur ou un reportage de mariage.

De la timidité à l’affirmation

Photographe autodidacte, Chloé Vollmer-Lo a commencé très jeune, au lycée, en faisant des portraits de ses amies avec un simple appareil compact. Après une prépa littéraire et un master d’études théâtrales, elle se lance professionnellement en 2008, alors qu’elle gagne déjà sa vie avec la photographie. Très timide à ses débuts, elle a dû lutter pour construire sa légitimité, surtout en tant que jeune femme dans un milieu où elle n’était pas toujours prise au sérieux. « Au bout d’un moment, j’ai le droit d’arrêter de m’excuser », confie-t-elle. C’est en se considérant comme une professionnelle avec une expertise qu’elle a dépassé son inhibition, transformant ce qui aurait pu être une faiblesse en une force.

Ce cheminement l’a aidée à s’affirmer, même si elle se décrit toujours comme une introvertie que les conversations de surface épuisent. Un paradoxe qu’elle gère en considérant son rôle sur un mariage comme un métier à part entière, où elle peut prendre sa place sans s’excuser d’exister.

Un événement pour tout lancer

Alors qu’elle n’a presque jamais eu à démarcher de clients, Chloé Vollmer-Lo attribue le lancement de sa carrière à une initiative née de son enthousiasme. Passionnée de bande dessinée, elle se rend en 2007 au FestiBlog, un festival dédié aux blogs BD. Pour remercier les auteurs qui dessinent gratuitement pour le public, elle leur propose de réaliser leur portrait. L’opération est un succès : les auteurs sont ravis et partagent son travail, lui offrant une visibilité inespérée. « C’est comme ça que j’ai eu toutes mes premières commandes et même encore aujourd’hui j’ai des commandes qui me viennent de là alors que ça fait 13 ans », raconte-t-elle. Cet événement unique a été le catalyseur de sa carrière dans le milieu de l’édition et au-delà.

Son entrée dans la photographie de mariage fut plus chaotique, avec une première expérience cauchemardesque en 2009 qui l’a vaccinée pendant plusieurs années, avant que des demandes de couples plus en phase avec son univers ne la remettent sur les rails en 2012.

Trouver son rythme et son réseau

Chloé Vollmer-Lo avoue travailler énormément, avec des semaines oscillant entre 50 et 85 heures. Un rythme intense qu’elle ne pense pas pouvoir tenir toute sa vie, mais qui correspond à sa nature consciencieuse et à son enthousiasme pour son métier. Pour éviter l’épuisement, elle a appris à mieux séparer vie professionnelle et vie personnelle, notamment en s’aménageant un vrai bureau. Elle souligne l’importance de ne pas s’enfermer dans la solitude de l’indépendant. Elle s’est entourée d’un réseau solide de consœurs photographes, avec qui elle peut échanger, demander des conseils et partager des contrats. « On n’est plus seul en fait. On est confronté à une multitude de possibilités, une multitude d’expériences, une multitude de compétences », explique-t-elle.

Cette solidarité lui permet d’être plus sereine, de mieux gérer les galères et d’accepter sa propre vulnérabilité, une étape essentielle pour progresser et durer dans le métier.

Le pouvoir de l’émotion

Interrogée sur son moment le plus marquant en mariage, Chloé Vollmer-Lo raconte une histoire d’une intensité rare. Sur un mariage, le père du marié a lu le discours que la mère de ce dernier, décédée peu de temps avant, avait écrit pour l’occasion. Le texte, à la fois lucide sur son absence et rempli d’anecdotes et d’humour, a provoqué une vague d’émotion dans toute la salle. Le père pleurait en lisant, la traductrice pleurait en traduisant, et l’assemblée entière était en larmes. Un moment qu’elle a photographié avec parcimonie mais conviction. « C’était un des trucs les plus émouvants que j’ai vécu. C’était magnifique », se souvient-elle.

Cet épisode illustre parfaitement son approche de la photographie de mariage : être le témoin discret mais attentif de moments de vie d’une densité exceptionnelle, sans jamais tomber dans le pathos.

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • Personnes : Adèle Haenel, Abel Kéchiche, Spielberg, Pénélope Bagieux, Chloé Lapessoni, Gabriel Malevski, Marion Duniac, Caroline Dubois, Rebecca Von Koskierik, Capucine-Henri, Julien Pesternec, Cécile Crèche, Amandine Repars, Carole Morel.
  • Événements et lieux : le festival FestiBlog, le festival de Cannes, les Vosges.
  • Œuvres et médias : la bande dessinée « Ma vie est tout à fait fascinante », la série télévisée « Zone Blanche », le site mademoiselle.com, Golden Moustache.
  • Marques et outils : VSCO, Planoli, Canon 5D Mark III.

Au fil de l’épisode

  • Présentation de Chloé Vollmer-Lo, photographe aux multiples casquettes.
  • Son « elevator pitch » : photographier les gens qui ne sont pas à l’aise devant l’objectif.
  • Son obsession du moment : faire le portrait de l’actrice Adèle Haenel.
  • L’importance de la sincérité et de l’empathie comme base de son travail.
  • La distinction entre les photographes qui « prennent » et ceux qui « donnent ».
  • Son parcours d’autodidacte, de l’internat à ses premières commandes professionnelles en 2008.
  • L’importance des formations courtes pour maîtriser des points techniques comme le flash.
  • Comment elle a construit sa légitimité en tant que jeune femme photographe.
  • La gestion de sa timidité et de son introversion dans un métier de contact.
  • Le récit de son premier mariage, une expérience cauchemardesque qui l’a marquée.
  • Comment elle a renoué avec la photographie de mariage en 2012.
  • Le FestiBlog, l’événement qui a lancé sa carrière en lui donnant une grande visibilité.
  • Sa vision du mariage : un événement vivant, joyeux et dynamique.
  • Comment elle adapte sa présence sur un mariage, entre discrétion et animation.
  • L’anecdote derrière une photo d’une mariée courant de joie.
  • Son rituel de préparation avant chaque mariage pour garder le contrôle.
  • La gestion de son temps de travail, entre 50 et 85 heures par semaine.
  • L’impact du mentoring et la nécessité de séparer ses activités (mariage et corporate).
  • L’importance de rester soi-même et de ne plus jouer un rôle avec les clients.
  • Comment attirer des clients qui nous ressemblent en étant authentique.
  • L’aménagement de son espace de travail pour préserver son équilibre.
  • Sa vision de la « concurrence » : l’importance de s’entraider entre photographes.
  • Comment elle a construit son réseau de consœurs.
  • Les difficultés psychologiques du métier et les anecdotes de tournages compliqués.
  • Son approche du post-traitement, inspirée de l’argentique et des couleurs des Vosges.
  • Sa discipline sur Instagram, où elle publie quasi quotidiennement.
  • Son projet de vidéos quotidiennes pendant le confinement.
  • Son envie de créer un workshop destiné aux femmes photographes.
  • Son autre passion : l’écriture, avec une bande dessinée déjà publiée et un roman en cours.
  • Son matériel : deux Canon 5D Mark III et une préférence pour le 35 mm.
  • Le moment le plus émouvant de sa carrière : le discours posthume d’une mère à un mariage.
  • Ses appréhensions concernant la saison des mariages face à la crise sanitaire.

FAQ

Qui est Chloé Vollmer-Lo ?

Chloé Vollmer-Lo est une photographe professionnelle basée à Paris, spécialisée dans le portrait, le reportage d’entreprise et la photographie de mariage. Également scénariste, elle a co-créé une bande dessinée. Son approche photographique est centrée sur l’empathie et la sincérité, cherchant à mettre à l’aise les personnes peu habituées à être photographiées pour capturer des moments authentiques et vivants.

Comment Chloé Vollmer-Lo a-t-elle débuté dans la photographie ?

Chloé Vollmer-Lo est autodidacte. Elle a commencé la photo au lycée et a développé sa pratique en parallèle de ses études littéraires. Sa carrière a véritablement décollé grâce à une initiative personnelle lors du FestiBlog, un festival de bande dessinée. En proposant de faire le portrait des auteurs présents, elle a obtenu une grande visibilité qui lui a apporté ses premières commandes professionnelles majeures.

Quelle est la différence entre un photographe qui « prend » et un qui « donne » ?

Selon Chloé Vollmer-Lo, un photographe qui « prend » cherche à capturer une image, parfois au détriment du confort de son sujet, en le mettant dans une situation de gêne pour obtenir une réaction. À l’inverse, un photographe qui « donne » instaure une relation de confiance et d’empathie. Il accompagne son modèle pour que celui-ci lui offre un moment de sincérité, transformant la séance en une collaboration bienveillante.

Pourquoi est-il important pour un photographe d’avoir un réseau ?

Pour Chloé Vollmer-Lo, le réseau est essentiel pour rompre l’isolement du statut d’indépendant. S’entourer d’autres photographes permet de partager des expériences, d’obtenir des conseils techniques ou business, de se soutenir moralement face aux difficultés du métier et de se recommander des clients. C’est un cercle vertueux qui favorise l’entraide plutôt que la concurrence et permet de progresser plus rapidement.


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