De la scène à l’écran
Jérémy Breut n’est pas photographe, mais comédien. Connu notamment pour ses apparitions sur la chaîne YouTube « Link the Sun » aux côtés de son frère, il est aussi le créateur du générique de ce podcast. Élève à l’école de théâtre Claude Mathieu à Paris, il raconte comment le confinement a brutalement interrompu la préparation de présentations de fin de semestre, notamment sur des pièces de Tchekhov. La pratique théâtrale, fondée sur le corps et l’espace, a dû se réinventer à travers des cours en ligne. Cette période a suivi une phase intense de préparation pour le conservatoire, une expérience qu’il décrit comme une quête de soi : « on est qui, on est quoi, pourquoi on fait ça, qu’est-ce qu’on a envie de montrer ? ».
Cette introspection l’amène à distinguer deux notions clés dans son art. Pour un comédien, l’essentiel n’est pas la sincérité, mais la crédibilité. « Un comédien, s’il est crédible, il a gagné. Il n’a pas besoin d’être sincère pour être crédible », explique-t-il. Le but est que le public croie à l’histoire, qu’il ne se pose pas de questions sur la véracité du jeu, un peu comme un photographe animalier qui parvient à capturer l’instant parfait après un long travail.
L’ennui, un luxe nécessaire
Le confinement, en imposant une pause forcée, a changé notre rapport au temps et à l’ennui. Jérémy Breut y voit une occasion fascinante de se poser des questions fondamentales, loin de la pression de la productivité. Pour lui, s’occuper de soi est peut-être « la plus grande chose que tu pourras faire de ta vie ». Cette période d’inactivité forcée peut faire remonter des questionnements profonds sur ses choix de vie, une expérience que connaissent bien les nombreux photographes de mariage issus d’une reconversion professionnelle. Le risque, mais aussi la beauté de cette introspection, est qu’elle peut mener à des changements de vie radicaux, une quête de liberté et d’alignement avec ses envies profondes.
La discussion aborde également la gestion du trac, un sentiment que partagent comédiens et photographes. Jérémy explique qu’il n’y a pas de recette unique : parfois, il a besoin de l’énergie du groupe, d’une « grosse solidarité presque corporelle » ; d’autres fois, il doit se concentrer seul. Il souligne l’importance de se confronter à ses peurs et de construire sa confiance, par exemple en identifiant les œuvres personnelles dont on est le plus fier. C’est cette maturité, cette capacité à prendre du recul, qui permet de cultiver sa liberté créatrice.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- La chaîne YouTube « Link the Sun »
- L’école de théâtre Claude Mathieu
- Les pièces de Tchekhov : Oncle Vania et La Mouette
- La pièce Cyrano de Bergerac
- Le film Avengers: Endgame
- Le film Pulp Fiction de Quentin Tarantino
- Le film Reservoir Dogs
- Le guitariste et youtubeur The Dooo
- Les plateformes Netflix et Disney+
Au fil de l’épisode
- Présentation de Jérémy Breut, comédien, proche de l’animateur et créateur du générique du podcast.
- Son rôle d’« Anglais » sur la chaîne YouTube « Link the Sun » de son frère.
- Ses études à l’école de théâtre Claude Mathieu et l’adaptation des cours pendant le confinement.
- La frustration liée à l’annulation du concours du conservatoire et la nécessité de se réinventer.
- La différence fondamentale entre la crédibilité, but de l’acteur, et la sincérité, attendue du photographe.
- Le concept de « suspension d’incrédulité » que l’artiste ne doit jamais rompre.
- Le confinement comme une pause dans une société qui valorise la productivité et la vitesse.
- L’ennui comme une opportunité de se poser des questions essentielles sur sa vie et ses envies.
- Le parallèle avec les photographes en reconversion, qui ont un jour décidé de changer de vie.
- Trouver sa liberté en identifiant et en suivant son envie profonde.
- La maturité comme une prise de recul nécessaire pour assumer ses choix de vie, notamment dans les métiers artistiques.
- Le manque de confiance en soi, un trait commun chez de nombreux artistes qui cherchent une forme de validation.
- Les différentes techniques pour gérer le trac avant une prestation.
- L’exercice suggéré : faire le top 10 de ses propres photos pour prendre conscience de son travail et en être fier.
- Son projet de mise en scène d’une adaptation de Reservoir Dogs avec une distribution entièrement féminine.
FAQ
Qui est Jérémy Breut ?
Jérémy Breut est un comédien français. Il est notamment connu pour ses participations à la chaîne YouTube « Link the Sun » et étudie le théâtre à l’école Claude Mathieu à Paris. Il est également un ami de l’animateur Sébastien Roignant et le compositeur du générique du podcast « Le Guide du Photographe de Mariage ».
Pourquoi un comédien est-il invité sur un podcast de photographes de mariage ?
L’animateur a invité son ami Jérémy Breut pour profiter de la période du confinement pour élargir les sujets de discussion. L’épisode propose une réflexion sur la création, l’ennui et le métier d’artiste en général, en créant des parallèles entre le monde du théâtre et celui de la photographie, notamment sur la gestion du trac ou le rapport à son propre travail.
Quelle est la différence entre crédibilité et sincérité selon Jérémy Breut ?
Pour Jérémy Breut, un comédien doit avant tout être crédible pour que le public adhère à l’histoire, même si son jeu n’est pas sincère au sens personnel du terme. L’important est que l’illusion fonctionne. Il oppose cette notion à celle de sincérité qui, dans la discussion, est présentée comme une qualité essentielle en photographie pour créer une œuvre cohérente et touchante.
Quel est le rôle de l’ennui pendant le confinement d’après la discussion ?
L’ennui est présenté non pas comme un vide à fuir, mais comme une chance. Dans une société qui pousse à l’activité constante, cette pause forcée offre le temps nécessaire à l’introspection. C’est un moment propice pour se confronter à soi-même, questionner ses choix de vie et, potentiellement, trouver le courage d’opérer des changements pour s’aligner avec ses désirs profonds.
Comment Jérémy Breut gère-t-il le trac avant de monter sur scène ?
Il explique que sa gestion du trac dépend des situations. Parfois, il a besoin de l’énergie collective et de la solidarité physique de sa troupe pour se rassurer. Pour des partitions plus complexes, il préfère s’isoler pour se concentrer, en utilisant des exercices de respiration. Il n’y a pas de méthode universelle, mais une adaptation au contexte et au besoin du moment.

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