De la lutherie à la photographie

Henri Deroche partage son parcours atypique, qui l’a mené de la fabrication de violons à la photographie de mariage. Il raconte avoir toujours pratiqué la photo en parallèle de son métier de luthier, qu’il exerçait près d’Orléans. C’est en accompagnant un ami disque-jockey sur des mariages qu’il s’entraîne et développe son œil. Le déclic se produit après un mois de septembre particulièrement intense, où les contrats photo s’enchaînent à un rythme effréné, de la Belgique à New York en passant par les Voiles de Saint-Tropez. Face à une charge de travail devenue ingérable, il prend la décision de fermer son atelier en 2015 pour se consacrer entièrement à la photographie, un choix qu’il ne regrette pas.

Pour lui, son premier métier reste « en pause », mais il trouve des parallèles entre les deux disciplines, notamment dans le travail des courbes, des formes et le souci du détail.

Un style forgé en solitaire

Longtemps, Henri Deroche a cultivé son approche photographique dans sa bulle, sans suivre de formation ni chercher à imiter ses pairs. Se décrivant comme un « ours », il a appris sur le tas, en se fiant à son instinct pour capturer des moments de manière documentaire. Son style s’est particulièrement affirmé grâce à un client en photographie de chasse qui, très tôt, lui a donné carte blanche. Cette liberté lui a permis de développer une écriture personnelle, basée sur l’idée de figer un instant pour qu’il soit ressenti de la même manière cinquante ans plus tard. « Il faut que dans ma photo, tu voies ton sujet, son environnement, pourquoi il est là », explique-t-il.

Cette quête d’intemporalité passe, selon lui, par la capacité d’une image à être comprise de tous, quelle que soit l’époque, et surtout par l’émotion qu’elle véhicule.

L’art de la connexion humaine

Au fil des années, et notamment depuis sa rencontre avec sa femme, son approche est devenue beaucoup plus sociable. Il insiste sur l’importance de créer un lien fort avec les mariés et leurs proches, bien avant le jour J. Le matin du mariage, il arrive en avance, sans son appareil, pour discuter et mettre tout le monde à l’aise. Cette immersion lui permet de faire partie du cercle familial et de capturer des émotions authentiques. « Si t’es pas dans le cercle, tu peux pas ressentir ça avec eux », confie-t-il. Cette évolution a été un tournant, tout comme sa participation à un workshop de William Lamblet qui a validé sa démarche et lui a donné un nouveau souffle.

Il raconte avec humour l’anecdote à l’origine du mème « C’est qui Henri de Roche ? », né d’un commentaire du photographe Franck Boutonnet, qui illustre parfaitement sa discrétion dans le milieu professionnel jusqu’à récemment.

L’autre visage du photographe

Henri Deroche révèle une facette moins connue de son travail : la photographie de chasse. Loin de l’univers du mariage, cette activité est pour lui un terrain d’entraînement exceptionnel. Il y développe une vitesse d’exécution et une attention de tous les instants, des compétences qu’il réinvestit ensuite dans ses reportages de mariage. Les scènes de chasse, fugaces et imprévisibles, l’obligent à avoir « l’œil partout, tout le temps ». Inversement, son sens de la composition, affiné sur les mariages, lui permet de créer des images de chasse puissantes, où le sujet est mis en valeur dans son environnement.

C’est une activité qui comporte sa part de risque et exige une discrétion absolue, mais qui le pousse constamment à se renouveler, notamment lorsqu’il retourne sur les mêmes lieux avec les mêmes personnes.

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • Personnes : William Lamblet, Patrick Lombert, Franck Boutonnet, Guy Degrenne
  • Lieux : Orléans, New York, Atlanta, Saint-Tropez, Belgique, Sologne
  • Marques et entreprises : Lego Star Wars, Sony, Nikon, Canon, Dreambooks
  • Événements et organisations : concours Regard d’auteur, WPGA, Rise Up

Au fil de l’épisode

  • Le point commun inattendu entre les mariages et les Lego Star Wars.
  • La découverte d’Henri Deroche lors du concours Regard d’auteur.
  • Son parcours de luthier, un métier de passion et de précision.
  • Ses débuts en photographie, en accompagnant un ami DJ sur des mariages.
  • Le mois surchargé qui l’a convaincu de changer de carrière en 2015.
  • Les parallèles entre la lutherie et la photographie : le travail des formes et le souci du détail.
  • Comment il a développé son style en solitaire, sans suivre de formations.
  • L’influence de la photographie de chasse, qui lui a donné une grande liberté créative.
  • L’impact de sa vie personnelle sur son approche, devenue plus ouverte et sociable.
  • Sa définition d’une photo intemporelle, au-delà des modes.
  • L’importance capitale de l’émotion, pour les mariés comme pour le photographe.
  • Son rythme de travail, entre 20 et 30 mariages par an.
  • Sa méthode pour créer une connexion forte avec les futurs mariés.
  • L’anecdote d’un mariage où tous les invités connaissaient son nom.
  • La transition vers une clientèle qui valorise réellement la photographie.
  • Le déclic provoqué par un workshop avec le photographe William Lamblet.
  • L’histoire amusante derrière la question : « C’est qui Henri de Roche ? ».
  • Son activité de photographe de chasse, son « dark side ».
  • Comment la chasse et le mariage sont deux activités qui s’enrichissent mutuellement.
  • Les défis de la photo de chasse : vitesse, danger et nécessité de se renouveler.
  • Son processus de vente, de la prise de contact téléphonique à la visioconférence.
  • Son matériel photo : le passage au Sony mirrorless et ses objectifs de prédilection.
  • Le débat sur l’obturateur silencieux et son impact sur la relation avec les sujets.
  • La gestion de l’équilibre entre une vie professionnelle intense et sa vie de famille.

FAQ

Qui est Henri Deroche ?

Henri Deroche est un photographe français au parcours original. Ancien luthier de profession, il s’est reconverti pour se consacrer entièrement à la photographie. Il est aujourd’hui reconnu pour son travail en photographie de mariage, qu’il aborde avec une approche de type reportage. Il mène en parallèle une activité plus confidentielle de photographe de chasse, où il documente des parties de chasse pour une clientèle privée.

Pourquoi Henri Deroche a-t-il arrêté son métier de luthier ?

Il a arrêté la lutherie en 2015 suite à une montée en puissance de son activité de photographe. Après un mois particulièrement intense où les reportages photo se sont enchaînés à travers l’Europe et les États-Unis, il a réalisé qu’il ne pouvait plus gérer ses deux métiers de front. La charge de travail étant devenue trop lourde, il a fait le choix de se consacrer exclusivement à la photographie, une passion devenue sa profession principale.

Quelle est l’approche d’Henri Deroche en photographie de mariage ?

Son approche est celle d’un photojournaliste qui cherche à créer des images intemporelles et chargées d’émotion. Il privilégie le naturel et la discrétion, tout en s’immergeant complètement dans l’événement. Pour lui, la clé est de créer une véritable connexion avec les mariés et leurs proches, en agissant presque comme un ami. Cette proximité lui permet de capturer des moments authentiques et de raconter l’histoire de la journée de l’intérieur.

En quoi consiste son activité de photographe de chasse ?

Henri Deroche réalise des reportages documentaires lors de parties de chasse. Il suit les chasseurs tout au long de leur journée pour capturer l’action, l’ambiance et les moments forts. Cette discipline exige une grande vitesse d’exécution, une vigilance constante pour des raisons de sécurité, et une capacité à se renouveler créativement. Il considère cette activité comme un excellent entraînement qui affine son œil et ses réflexes pour la photographie de mariage.

Comment a-t-il développé sa carrière sans stratégie marketing ?

Sa carrière s’est construite de manière organique, principalement grâce au bouche-à-oreille. Au début, les recommandations venaient des premiers mariés, mais aussi d’autres prestataires comme les DJ ou les lieux de réception. La qualité de son travail et sa capacité à créer un lien fort avec ses clients ont été ses meilleurs atouts. Il a ainsi réussi à remplir ses saisons et à monter en gamme sans avoir recours à une stratégie marketing formelle.


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