Portrait de Sébastien Roignant, animateur du podcast Le Guide du Photographe de Mariage

Comment je suis devenu photographe de mariage ?

Du cinéma à la 3D

Sébastien Roignant commence par se présenter comme un passionné de cinéma et d’informatique, ce qui le conduit à intégrer une école de cinéma, l’ESRA à Rennes, non pas pour réaliser des films, mais pour se spécialiser en infographie 3D. Son rêve initial est de travailler sur les effets spéciaux de grosses productions comme Jurassic Park. Cependant, ses trois années d’études lui ouvrent les yeux sur la réalité du métier : un travail à la chaîne, précaire et peu valorisant, qui l’obligeait à s’installer à Paris ou à l’étranger. Ne souhaitant pas quitter Rennes, il se tourne vers l’architecture 3D et décroche un premier CDD d’un an chez un architecte qui crée un poste spécialement pour lui.

Cette première expérience du monde du travail, bien que dans une bonne ambiance, se révèle être une épreuve. Au bout de six mois, il développe une « boule au ventre » à l’idée d’aller travailler, réalisant qu’il n’est pas fait pour la vie d’employé. « C’était une évidence pour moi. Je n’étais pas fait pour la vie d’employé. »

L’entrepreneuriat par nécessité

Cette prise de conscience le pousse à refuser le CDI qu’on s’apprêtait à lui offrir, une décision qui lui semble alors une question de « vie ou de mort ». Le 2 janvier 2006, il se lance comme indépendant en infographie 3D. Avec l’aide de l’ACRE, il investit dans du matériel informatique et un premier appareil photo, pensant s’en servir uniquement pour intégrer ses créations 3D. Les débuts sont difficiles : timide et peu sûr de ses compétences, il peine à démarcher des clients. C’est une période qu’il décrit comme l’une des pires de sa vie, mais le fait de ne pas avoir le choix le force à trouver des ressources pour s’en sortir. « C’est souvent quand on est au fond du trou qu’on peut vraiment s’en sortir. On prend appui au fond et on remonte. »

C’est durant cette même année qu’il commence réellement à pratiquer la photographie, y trouvant un moyen d’expression inédit pour lui. En 2007, son meilleur ami lui demande de couvrir son mariage, en photo et en vidéo. Malgré son aversion pour l’univers du mariage, il accepte.

Premiers pas dans le mariage

Cette première expérience, bien que pour un mariage simple, se révèle positive. Il est même plutôt fier de certaines de ses photos. Pourtant, quand son ami l’encourage à se lancer, sa réponse est catégorique : « Jamais de la vie je serai photographe de mariage, jamais de la vie je serai vidéaste de mariage. Je déteste le mariage et ça ne m’intéresse pas. » La crise des subprimes de 2008 frappe durement le secteur du bâtiment, et son activité d’infographiste 3D s’effondre. Sans client pendant plus d’un an et croulant sous les dettes, il se tourne vers la photographie pour des raisons purement alimentaires. Il devient photographe professionnel en 2009, « uniquement pour l’argent ».

Il décroche son premier contrat de mariage professionnel en septembre 2009 pour une prestation en avril 2010, grâce à une annonce sur un forum. Le rendez-vous avec les futurs mariés, Julien et Christelle, est mouvementé, notamment avec l’arrivée de la mère de la mariée qui trouve son tarif de 550 euros déjà trop cher. Une connaissance commune sauve la situation et le contrat est signé.

La naissance d’une passion

Le jour J, il assure une prestation de 18 heures d’affilée, de 9h à 3h du matin. La journée est intense et stressante, marquée par des retards et la tension des mariés. Il découvre les défis du métier, comme la gestion du temps et des imprévus. Malgré la fatigue et un gain financier dérisoire – il calcule avoir gagné environ 3 euros de l’heure –, il rentre chez lui heureux. La plus grande surprise est qu’il a aimé l’expérience : le contact humain, le bonheur des gens, la reconnaissance immédiate. « J’ai commencé à aimer le fait de voir le retour instantané des mariés sourire, de me dire merci tout de suite, d’avoir une reconnaissance immédiate. »

Cette première saison en 2010 lui permet de réaliser une dizaine de mariages et de construire son book. Il augmente progressivement ses tarifs et, fin 2012, il décide d’arrêter complètement l’infographie 3D pour se consacrer entièrement à la photographie, une aventure qui, contre toute attente, est devenue une véritable passion.

Sébastien Roignant nous recommande…

  • « Total Recall : L’incroyable et véridique histoire de ma vie » — Arnold Schwarzenegger. Une biographie qu’il conseille à tous les entrepreneurs pour son pouvoir de motivation. Le parcours d’un homme parti de rien qui a réussi dans plusieurs domaines à force de travail et de détermination.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Arnold Schwarzenegger, Julien et Christelle.
  • Lieux : Rennes, Paris, Londres, Moselle, Laval, Rostrenen.
  • Entreprises et institutions : ESRA (École Supérieure de Réalisation Audiovisuelle), France Télécom.
  • Œuvres et médias : Jurassic Park 6, la chaîne YouTube F/1.4, le livre Soledad, le jeu vidéo Guild Wars, la chanson Bohemian Rhapsody de Queen, le film Last Action Hero.
  • Marques et outils : Photoshop, Maya, Sigma.

Au fil de l’épisode

  • Présentation du podcast et de son animateur, Sébastien Roignant.
  • Son parcours initial : des études de cinéma et d’infographie 3D à l’ESRA de Rennes.
  • La désillusion face au métier d’infographiste pour le cinéma.
  • Son premier emploi salarié chez un architecte et la prise de conscience qu’il n’est pas fait pour le salariat.
  • La décision de refuser un CDI pour se lancer à son compte en 2006.
  • Les débuts difficiles de l’entrepreneuriat : la timidité, le démarchage et le manque de confiance.
  • La découverte de la photographie comme moyen d’expression personnel.
  • Son tout premier mariage en 2007, pour un ami, en photo et vidéo.
  • Sa conviction à l’époque de ne jamais vouloir devenir photographe de mariage.
  • L’impact de la crise de 2008 sur son activité d’infographiste 3D.
  • La décision de se lancer dans la photo professionnelle par nécessité financière en 2009.
  • Comment il a décroché son premier contrat de mariage professionnel via un forum.
  • Le récit de son premier rendez-vous client, avec l’intervention de la mère de la mariée.
  • Le déroulé de sa première prestation professionnelle : une journée de 18 heures.
  • La surprise de découvrir qu’il aime finalement la photographie de mariage.
  • Le bilan de sa première saison en 2010 avec une dizaine de mariages.
  • L’arrêt définitif de l’infographie 3D en 2012 pour se consacrer à la photo.
  • L’anecdote de sa rencontre inattendue avec ses premiers mariés, neuf ans plus tard.
  • La fierté des mariés de voir leurs prestataires réussir.
  • Sa recommandation de lecture : la biographie d’Arnold Schwarzenegger.

FAQ

Qui est Sébastien Roignant ?

Sébastien Roignant est photographe de mariage et créateur de contenus. Il est l’animateur du podcast « Le Guide du Photographe de Mariage » et de la chaîne YouTube F/1.4. D’abord formé à l’infographie 3D, il s’est reconverti dans la photographie, un domaine qu’il a d’abord abordé par nécessité financière avant d’en faire une véritable passion et son métier à plein temps.

Quel a été le premier métier de Sébastien Roignant ?

Après des études en infographie 3D dans une école de cinéma, le premier métier de Sébastien Roignant a été infographiste 3D. Il a d’abord travaillé comme salarié pendant un an dans un cabinet d’architecte à Rennes, avant de se lancer comme indépendant dans le même domaine. Il a exercé cette activité pendant plusieurs années avant de se tourner vers la photographie.

Pourquoi a-t-il quitté son premier emploi salarié ?

Sébastien Roignant a quitté son premier et unique emploi salarié car il a réalisé qu’il n’était pas fait pour cette vie. Au bout de six mois, il ressentait une forte angoisse, une « boule au ventre », à l’idée d’aller travailler. Cette situation est devenue pour lui une évidence : il devait être indépendant. Il a donc décidé de refuser le CDI qu’on allait lui proposer pour créer sa propre activité.

Comment a-t-il commencé la photographie de mariage ?

Il a commencé par photographier le mariage d’un ami en 2007, alors qu’il n’aimait pas cet univers. C’est la crise financière de 2008, qui a anéanti son activité d’infographiste 3D, qui l’a poussé à devenir photographe de mariage professionnel en 2009. Il l’a fait au départ uniquement pour des raisons financières, cherchant une source de revenus pour payer ses factures.

Quelle est sa vision de l’entrepreneuriat ?

Selon son expérience, l’entrepreneuriat est souvent une voie que l’on emprunte par nécessité, lorsqu’on n’a pas d’autre choix. Il décrit les débuts comme une période très difficile, mais souligne que c’est dans l’adversité, « au fond du trou », que l’on trouve les ressources nécessaires pour réussir. Pour lui, un entrepreneur est quelqu’un qui, quoi qu’il arrive, a la conviction qu’il s’en sortira.


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