Portrait de la photographe de mariage Alison Bounce, invitée du podcast Le Guide du Photographe de Mariage

La photo de mariage « Rebel et Funky » avec Alison Bounce

Une vision à contre-courant

Alison Bounce cultive une approche singulière de la photographie de mariage, née d’un constat paradoxal : elle n’aime pas le mariage traditionnel. Ce qui l’anime, c’est de capturer tout ce qui sort du cadre, l’imprévu, l’authentique, le décalé. Elle cherche à créer des images qui ressemblent à ses mariés, souvent des couples qui souhaitent célébrer leur union sans changer leur nature. Cette vision l’a conduite à prendre une décision radicale il y a quelques années : ne plus accepter de réservations plus de six mois à l’avance. Un pari risqué, qui lui a permis de filtrer sa clientèle pour n’attirer que les couples en parfaite adéquation avec son univers. Selon elle, ce délai resserré intensifie la relation et la préparation, créant un lien de confiance beaucoup plus fort pour le jour J.

« Ce que je cherche à photographier, moi, c’est tout ce qui ne fait pas mariage. C’est ça qui m’amuse, en fait. »

Affirmer son style, être soi-même

Ce positionnement n’est pas venu par hasard. Alison Bounce raconte comment un workshop au Kenya avec les photographes Lani et Erika, du collectif « les Touman », a été un véritable déclic. Plus qu’une formation technique, cette expérience lui a permis de prendre conscience de sa propre identité et d’assumer pleinement son style. Elle a compris que pour s’épanouir dans ce métier, elle devait être elle-même à 100 % et arrêter de se conformer à des standards. Cette authenticité se retrouve dans son attitude le jour du mariage : elle ne dirige pas, se considère comme une « caméra embarquée » et établit une relation si solide avec ses clients qu’elle peut entrer dans leur sphère la plus intime, sans tabou. Elle arrive habillée comme elle est, sans chercher à jouer un rôle, ce qui la libère d’un stress inutile.

Le seul moment où elle intervient est pour une séance décalée avec les témoins, à qui elle fournit sa collection de masques d’animaux, devenue sa signature.

La technique au service de la créativité

Loin de se limiter à une posture, l’approche d’Alison Bounce s’appuie sur des choix techniques forts. Pour les photos de groupe, qu’elle juge indispensables mais qu’elle veut efficaces, elle utilise un 135mm pour se tenir à distance, évitant ainsi les interférences, et un mégaphone pour organiser les placements en un temps record. Mais c’est surtout pendant la soirée qu’elle exprime toute sa créativité. Longtemps réfractaire au flash, elle en est devenue une experte. Avec jusqu’à huit flashs déportés et des modificateurs MagMod, elle construit sa propre lumière, transformant la piste de danse en un véritable terrain de jeu. Elle n’hésite pas à rester jusqu’au bout de la nuit pour capturer l’énergie de la fête, considérant ce moment comme l’un des plus riches en émotions et en scènes inattendues.

Elle utilise également le flash en journée pour créer des images complexes et des effets de lumière, notamment pendant les préparatifs.

Plongée dans l’univers aquatique

En parallèle du mariage, Alison Bounce a développé une autre spécialité qui représente aujourd’hui la moitié de son activité : la photographie underwater. Née d’une révélation lors d’un voyage, cette pratique est aussi une victoire personnelle sur sa peur de l’eau. Elle propose des séances aquatiques, notamment pour les femmes enceintes, qui sont bien plus qu’une simple prise de vue. C’est une véritable expérience de dépassement de soi qu’elle offre à ses clientes, dans un cadre de sécurité très strict avec la présence d’assistants et de maîtres-nageurs. Pour elle, la photo est la « cerise sur le gâteau », le souvenir tangible d’une aventure personnelle forte. Cette activité l’amène à voyager là où l’eau est chaude, notamment en Polynésie, pour des shootings en piscine ou en milieu naturel.

Son passé de pompier volontaire lui a donné les réflexes indispensables pour assurer une sécurité maximale lors de ces séances exigeantes.

L’équilibre personnel comme moteur

Le parcours d’Alison Bounce montre à quel point son évolution professionnelle est intimement liée à son développement personnel. Pour perfectionner sa pratique de la photo sous l’eau, elle s’est mise à l’apnée, ce qui l’a conduite à adopter de nouvelles disciplines comme le yoga et la méditation. Ce cheminement a entraîné une prise de conscience plus large, l’amenant à revoir son alimentation pour devenir quasi-végane et à s’intéresser à un mode de vie plus écologique, tendant vers le zéro déchet. Ces changements profonds nourrissent sa vision du monde et son travail. Elle est convaincue que la photographie est à 80 % le reflet de soi. Pour créer des images justes, il est essentiel d’être en accord avec soi-même, de prendre du temps pour se recentrer et de ne pas laisser le travail envahir toute sa vie.

Cette philosophie de vie l’a amenée à réduire son nombre de mariages et à s’organiser pour voyager six mois par an.

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • Personnes : Sebastien Roignant, Lani et Erika (les Touman), Michael Ferrier, Annie Gozard, Stéphane Leludec, Yann et Catherine Fauché (Studio Fauché), Leila Gandhi, Joe Bissink.
  • Lieux : Nouvelle-Calédonie, Nouméa, Polynésie, Kenya, Portland, Porto, Antarctique, Lac d’Annecy, Lyon.
  • Événements et marques : Mystic Seminars, Canon, MagMod, Facebook, Instagram.

Au fil de l’épisode

  • Le style « rebelle et funky » d’Alison Bounce, qui photographie ce qui n’est pas conventionnel dans un mariage.
  • Son système de réservation unique : pas plus de six mois à l’avance.
  • Les raisons de ce choix : créer une relation plus intense et filtrer sa clientèle.
  • Comment elle gère les demandes qui arrivent plus d’un an avant la date.
  • La réduction volontaire de son nombre de mariages par saison pour préserver son énergie.
  • La prise de risque que représentait ce changement de modèle économique.
  • Son parcours, de ses débuts en 2011 à son passage à plein temps en 2014.
  • Le workshop au Kenya avec « les Touman » qui a changé sa vision et l’a aidée à affirmer son style.
  • L’importance de rester soi-même pour s’épanouir et se démarquer.
  • La relation de confiance qu’elle bâtit avec ses mariés avant le jour J.
  • Son attitude le jour du mariage : une « caméra embarquée » qui ne dirige pas.
  • Sa signature : les photos de groupe décalées avec des masques d’animaux.
  • Son matériel photographique, notamment son amour pour le 35mm et l’utilisation du 135mm.
  • Sa technique pour des photos de groupe rapides et efficaces, à distance et avec un mégaphone.
  • L’importance de faire des photos de famille, même quand les mariés n’en veulent pas.
  • Ses moments préférés de la journée : les préparatifs, le cocktail et surtout la soirée.
  • Sa méthode pour photographier les soirées : créer la lumière avec jusqu’à huit flashs déportés.
  • Comment elle a appris à maîtriser le flash, un outil qu’elle détestait au départ.
  • L’utilisation créative du flash en pleine journée pour des images complexes.
  • Sa deuxième activité : la photographie sous l’eau (underwater).
  • Comment elle a lancé cette offre, qui représente désormais 50% de son chiffre d’affaires.
  • La logistique des séances aquatiques, en piscine ou en milieu naturel, toute l’année.
  • Son rapport à l’eau : comment la photo l’a aidée à surmonter une ancienne phobie.
  • La dimension d’expérience et de dépassement de soi qu’elle propose à ses clientes.
  • Le cadre de sécurité drastique qu’elle met en place pour chaque séance.
  • Le lien entre son travail et son évolution personnelle : apnée, yoga, méditation, alimentation.
  • Sa conviction que le développement personnel est plus important que la technique en photographie.
  • Sa philosophie sur la formation et les workshops qu’elle anime.
  • L’inspiration que représente pour elle la journaliste et photographe Leila Gandhi.
  • Son projet de documentaire lors d’une expédition d’un mois en Antarctique.

FAQ

Qui est Alison Bounce ?

Alison Bounce est une photographe française spécialisée dans le mariage et la photographie sous-marine. Elle se distingue par un style qu’elle qualifie de « rebelle et funky », privilégiant l’authenticité, les moments décalés et les émotions brutes. Refusant les conventions, elle a bâti sa réputation sur une approche documentaire et une relation de confiance très forte avec ses clients, qu’elle ne réserve que six mois à l’avance.

Pourquoi ne peut-on la réserver que 6 mois à l’avance ?

Alison Bounce a choisi de n’ouvrir son agenda que six mois avant la date du mariage pour plusieurs raisons. D’abord, cela correspond à sa philosophie de vie, qui privilégie le présent à la planification à long terme. Ensuite, ce délai resserré lui permet de filtrer naturellement sa clientèle et de ne travailler qu’avec des couples qui désirent vraiment son approche. Enfin, elle estime que cela rend la préparation plus intense et la relation plus forte.

Comment Alison Bounce photographie-t-elle les soirées de mariage ?

La soirée est l’un de ses moments préférés, qu’elle aborde comme un terrain de jeu créatif. Elle utilise une technique complexe basée sur de multiples sources de lumière. Avec jusqu’à huit flashs déportés placés stratégiquement autour de la piste de danse et des modificateurs de lumière, elle sculpte l’ambiance et crée des images dynamiques et colorées. Elle reste généralement jusqu’à la fin de la fête pour ne rien manquer de l’énergie du moment.

Qu’est-ce que la photographie « underwater » d’Alison Bounce ?

La photographie underwater (sous-marine) est sa deuxième spécialité, représentant la moitié de son activité. Elle réalise des séances photo sous l’eau, principalement pour des femmes enceintes, en piscine ou en milieu naturel. Plus qu’une simple séance, elle conçoit cela comme une expérience de dépassement de soi pour ses clientes, encadrée par des mesures de sécurité très strictes. C’est une pratique qui allie esthétique et aventure personnelle.


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